Un premier roman très prometteur, dans l’ombre d’Arsène Lupin : “Nuit noire” de Michaël Guittard, paru le 12 juin 2025 aux éditions Les Livres de la Promenade.
Le pitch : Paris, 1908. Au cours d’une soirée mondaine, une séance de spiritisme vire au cauchemar. Un assassin ressurgit du siècle passé et sème la terreur. Les investigations piétinent, la peur s’installe dans une capitale en proie à la montée des extrémismes. Elena, jeune journaliste ambitieuse, féministe avant l’heure, mène l’enquête. Lors de ses recherches, sa route croise celle d’Hector Valand, libraire le jour, voleur de livres rares la nuit.
Nuit noire, thriller où se rencontrent aventure et littérature, est le premier tome d’une quadrilogie. Des toits de Paris à la campagne toscane, des allées du Louvre aux tranchées de la Grande Guerre, de l’Irlande aux îles anglo-normandes, Hector Valand poursuit sa quête de manuscrits perdus, dont la mythique Chasse spirituelle d’Arthur Rimbaud.
Les salons du livre et autres évènements littéraires sont toujours l’occasion pour moi de découvrir de nouvelles plumes au détour d’une allée, au hasard d’une rencontre. Ce fut encore le cas pour moi à la Cigogne Noire, festival du polar organisé à Moult Chicheboville en septembre dernier, où j’ai fait la connaissance de Michaël Guittard, libraire et romancier, auteur d’une intrigante série dans laquelle j’étais curieuse de me plonger… Aussi suis-je repartie ravie, munie d’un exemplaire dédicacé du premier tome de cette quadrilogie, que je m’apprête maintenant à vous présenter…
Pour son entrée en littérature noire, Michaël Guittard nous ramène au début d’un XIXème siècle qu’il retranscrit à merveille, à une époque où les soirées mondaines pouvaient se poursuivre sur une séance de spiritisme… Mais celle qui va nous occuper va virer au drame, faire ressurgir un meurtrier du passé et voir les victimes s’accumuler…
C’est dans ce cadre tout à la fois sombre et captivant qu’on fait la connaissance d’un duo aussi atypique que magnétique, composé d’Hector et Elena. Il est libraire le jour et voleur de livres rares la nuit, elle est journaliste d’investigation, moderne et tenace, féministe avant l’heure. C’est en compagnie de ces deux-là, fort bien croqués et bigrement attachants au demeurant, qu’on se laisse volontiers entraîner au cœur de ce roman d’aventure remarquablement ancré dans l’Histoire et subtilement teinté d’ésotérisme.
Ainsi l’auteur bouscule les codes pour mieux se les approprier au gré de ce thriller psychologique et historique redoutablement ficelé, agrémenté d’une savoureuse dimension bibliophile, pour une intrigue tout à la fois intelligente, trépidante et captivante, pleine de suspense et soumise à une tension constante, portée par une fluide et élégante, un style dynamique et attrayant, construite comme un piège dans lequel on tombe sans hésiter… En attendant le prochain !
En bref, je persiste et signe : Les salons du livre sont toujours l’occasion pour moi de découvrir de nouvelles plumes, et Michaël Guittard en constitue la démonstration parfaite en rejoignant avec panache ma bibliothèque !