Chroniques 2026 \ Pour 100 millions d’euros de Jean-François Pasques

Un polar à l’image du monde : “Pour 100 millions d’euros” de Jean-François Pasques, paru le 1er avril 2026 aux éditions Fayard.

Le pitch : Trois cadavres découverts dans un hangar de Saint-Ouen, dont l’un a été méticuleusement éviscéré. Un témoin qui a vu stationner une voiture diplomatique à proximité. Assez d’éléments pour que le commandant Delestran comprenne qu’il va devoir se lancer dans une enquête d’une complexité hors normes. Trafiquants de drogue, d’armes, services secrets, anciens agents passés du côté du crime organisé, telles sont les pièces du puzzle que ce flic et ses équipiers vont devoir reconstituer, reflet de l’instabilité et de la violence d’un monde qui semble avoir définitivement basculé.
Dans la blancheur aveuglante de la Sibérie va se résoudre cette enquête aux révélations terrifiantes.

C’est avec une joie franche et sincère que j’ai accepté la mission d’animer une table ronde avec Jean-François Pasques parmi mes invités au salon de la Cigogne Noire, le 12 septembre dernier. Une joie toutefois doublée d’un triste constat me concernant : Je ne vous ai que trop peu parlé de cet auteur que j’affectionne pourtant énormément, alors même que j’ai tous ses romans dans ma bibliothèque et que je suis son parcours depuis son très mérité Prix du Quai des Orfèvres, voilà bientôt quatre ans… Alors nous allons parler de ce dernier ouvrage, mais je compte bien me rattraper tout prochainement, avec une salve de chroniques sur ses titres précédents !

Pour 100 millions d’euros” (ou presque ^^), Jean-François Pasques n’a pas fait les choses à moitié et nous offre un polar assez différent du reste de sa bibliographie, en nous faisant voyager jusqu’en Sibérie pour une double enquête pour le moins retorse et complexe, mais bigrement prenante et rondement menée. A toutes fins utiles, je vous préciserai qu’on peut tout à fait lire ce bouquin de façon indépendante… Mais vous priver du plaisir de faire connaissance avec le Commandant Delestran (mais pas seulement) serait gâcher !
Tout commence par trois morts (dont un esquimau éviscéré… Oui, oui, je vous laisse vous rendre sur la scène de crime pour en apprendre davantage à ce sujet !) dans un hangar à Saint Ouen, tandis que trois morts sont aussi à déplorer à Yakutsk, glaciale petite ville nichée au fin fond de la Sibérie, cette fois-ci à bord d’un véhicule abandonné en plein milieu d’une route isolée, véhicule dont le chauffeur a vraisemblablement été enlevé… De part et d’autre, il s’avère particulièrement difficile d’investiguer pour nos enquêteurs – Julien Delestran d’un côté, Ruslan Mouratov de l’autre -, mais c’est mal connaître leur force de caractère et leur détermination à faire éclater la vérité, quoi qu’il en coûte et peu importe les embûches qu’on sèmera sur leur parcours…
Si je suis vraiment ravie d’avoir retrouvé le Commandant Deletran et son équipe pour cette nouvelle aventure, c’est avec beaucoup d’intérêt que j’ai fait connaissance avec ce policier russe, mais également avec le Colonel Grichkof… Mais que dire de mes retrouvailles surprises avec le Docteur Pierre Morland, protagoniste que j’avais beaucoup aimé dans les premiers écrits de Jean-François Pasques et qu’il vous faut absolument rencontrer !
Mais si ces personnages se révèlent fort bien croqués et intéressants à plus d’un titre, c’est aussi parce qu’ils supportent toute la dimension géopolitique du récit, et plus encore la différence entre les conceptions occidentale et orientale (russe) des notions d’Etat de droit et de justice… Mettant ainsi en lumière la profonde humanité qui se dégage aussi de cette lecture.
Ajoutez à cela des décors parfaitement retranscrits et une ambiance redoutablement immersive, une plume fluide, efficace et nerveuse, un style vif, énergique et attrayant ainsi qu’un rythme soutenu, et vous comprendrez que, de cette lecture, toute en tension et pleine de suspense, on ne fait qu’une bouchée !

En bref, que vous ayez déjà lu ou non Jean-François Pasques, je vous conseille vivement cet opus !

Laisser un commentaire