Un thriller hors des sentiers battus : “Animal Lecter” de Vincent Villa, paru le 10 février 2026 aux éditions Le Scriptorium.
Le pitch : Dans les Yvelines, un coin maudit engloutit ses joggeuses une à une. Parmi elles, la femme d’Étienne. Depuis, le maître de chien en disponibilité de la gendarmerie vit hanté par cette absence, guidé par son Saint-Hubert et l’espoir de la retrouver. Lorsque Corinne, son amie commandante à la Section de recherches de Versailles, découvre un homme décapité et affublé d’une tête de chimpanzé, l’affaire prend une nouvelle ampleur : la fille d’Étienne était présente sur les lieux du crime, aux côtés de sa meilleure amie, lanceuse d’alerte en lutte contre la zoophilie. Dès lors, l’obsession intime se mue en une course contre la montre propulsant Étienne au cœur d’un complot aussi inattendu que périlleux. Des destins qui s’entrechoquent. Une énigme qui les dépasse tous. Et, au bout de la piste, une vérité suspendue entre pure folie et pires cauchemars…Et vous, jusqu’où iriez-vous pour retrouver l’amour de votre vie ?
Si je me rappelle avoir déjà croisé la route et la plume de Vincent Villa, cela faisait une éternité que je ne l’avais pas bouquiné. Allez savoir pourquoi, je ne saurais vous l’expliquer : Le hasard ne fait pas toujours bien les choses, sans doute une occasion manquée… Mais le hasard s’est rattrapé puisque les organisateurs du salon de la Cigogne Noire, qui s’est tenu les 12 et 13 septembre derniers à Moult Chicheboville, m’ont confié une table ronde avec Vincent Villa parmi mes invités ! Aussitôt “Animal Lecter” s’est retrouvé dans ma PAL et je m’y suis plongée cet été : La table ronde s’étant déroulée il y a presque un mois désormais, c’est maintenant le moment de le chroniquer !
Mes Bookinautes adorés, vous vous trouvez là devant un thriller aussi captivant qu’atypique. Au gré d’une intrigue redoutablement maîtrisée, l’auteur aborde certes des thématiques particulièrement difficiles, pouvant heurter la sensibilité de certains lecteurs, mais plus encore nous offre une véritable ode à la cause animale, tout en démontrant que le seul être vivant susceptible de se révéler inhumain en laissant libre cours à ses plus bas instincts, c’est justement l’être humain.
A travers cette histoire à entrées multiples, il sera donc question de sévices infligées aux animaux, notamment de zoophilie, sujet difficile s’il en est, mais tout à fait avéré, que l’auteur a le courage de traiter… Mais pas seulement. Parce qu’au fil des pages, on se glisse également dans les pas d’Etienne, maître chien en disponibilité depuis que sa femme a disparu lors de son footing, comme d’autres avant elle. Nombreux sont ceux qui ont renoncé à la chercher, persuadés que l’issue ne peut être que funeste. Mais pas Etienne, qui ne tient que par son seul espoir de la retrouver, aidé en cela par son fidèle compagnon Hydro.
Si l’auteur s’est incontestablement documenté pour apporter crédibilité et sincérité à son récit, il a également pris le soin d’étoffer la personnalité de chacun de ses personnages, au premier rang desquels Etienne, évidemment mais également sa fille Estelle, ainsi que Sandra, la meilleure amie de celle-ci… Sans oublier Ambre qui, elle aussi, a son lot de violences à dénoncer…
Si le style souffre peut-être d’une certaine lourdeur, la plume reste soignée et élégante, mais aussi vive et percutante, au service d’une atmosphère qui se fait de plus en plus oppressante, d’une tension qui se fait de plus en plus haletante, d’une lecture qui se fait de plus en plus prenante jusqu’à un dénouement toute à la fois stupéfiant et bouleversant.
En bref, Vincent Villa réussit l’audacieux pari de nous sortir de notre zone de confort avec ce thriller psychologique particulièrement sombre… D’où jaillit pourtant une certaine lumière et qui nous marque durablement. : A vous de le lire pour le découvrir !