Chroniques 2026 \ La Fabrique du Mal d’Angélina Delcroix

Un polar choc terriblement actuel : “La Fabrique du Mal” d’Angélina Delcroix, paru le 13 mai 2026 aux éditions Michel Lafon.

Le pitch : À quinze ans, on devrait encore être un enfant. Pas un tueur.

Si je revendique être une fervente adepte de littérature noire, il est des auteurs qui ont su s’offrir une place à part dans mon petit cœur de lectrice passionnée, un panthéon livresque qui s’atteint par l’empreinte qu’ils y laissent, qu’ils y gravent de manière durable et mémorable… Angélina Delcroix est de ceux-là, notamment avec “Mémoires d’un expert psychiatre” qui m’a tant marquée et captivée. C’est donc sans hésiter que je me suis procurée “La Fabrique du Mal” lorsque je l’ai retrouvée en mai dernier au Printemps du Livre de Montaigu, et c’est uniquement par manque de temps que j’ai tardé à m’y plonger puis à vous en parler. Mais le moment est enfin arrivé, ne me reste plus que les mots à trouver…

Parce qu’une fois encore, Angélina Delcroix nous administre un véritable uppercut littéraire, une baffe magistrale qui nous met à terre dès les premières lignes sans nous laisser la moindre chance de nous relever, jusqu’au KO final, une fois la dernière page tournée.
Parce que l’autrice s’est livrée à un travail de recherche aussi considérable que d’une précision chirurgicale pour nous immerger au cœur d’une intrigue d’une véracité brutale, d’un réalisme terrifiant, d’une modernité effroyable.
Parce que c’est notre société actuelle qu’elle dépeint à travers des protagonistes inoubliables, des profils édifiants, des personnalités percutantes. C’est sur notre société qu’elle braque nos yeux après avoir arraché nos œillères pour mieux nous en révéler les failles, les brèches, les mécanismes d’embrigadement dont sont victimes les jeunes abandonnés à leur triste sort dans les quartiers défavorisés, l’impuissance du système à enrayer cette gangrène que constituent les réseaux et leurs trafics.
Certaines scènes sont terribles et éprouvantes, sans toutefois être gratuites : Elles démontrent justement toute l’horreur d’un tel engrenage et l’importance de ces âmes qui luttent encore et toujours, envers et contre tout, malgré le désespoir et le découragement. C’est là toute la puissance et la densité de ce roman, par l’humanité qu’il dégage dans la noirceur et l’adversité, par sa dimension psychologique et sociale absolument sidérante. Même au cœur des ténèbres, rien n’est tout noir ni tout blanc.
L’intrigue est redoutablement ficelée, le structure narrative judicieuse, les personnages étoffés en substance, la plume incisive et saisissante, le style vif et foudroyant, le sentiment de danger et d’urgence indéniable, la lecture glaçante et sidérante, la vérité révoltante… Le mieux, c’est encore de le lire pour comprendre.

En bref, vous vous souviendrez longtemps d’Oscan, d’Anders et de bien d’autres encore… Vous vous souviendrez longtemps de ce thriller social d’une intensité féroce dont il est impossible de sortir indemne…

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