Chroniques 2026 \ Déferlante de Céline Denjean

Au royaume des bouquins, Lecuret s’est fait avoir : “Déferlante” de Céline Denjean, paru le 12 février 2026 aux éditions Michel Lafon.

Le pitch : Finistère Nord.
Devant le cercueil d’Alessandro, le silence ne peut dissimuler la haine qui oppose les Chavez aux Delaroche. Albertina, la mère du défunt, est convaincue de la culpabilité de sa belle-fille, Cloé, ex-enfant star et actrice de renom.
​Le rapt de Cloé à la sortie du cimetière libère une violence incontrôlable : manipulation, menaces et chantage aspirent les deux clans dans une spirale dévastatrice.

Louve parmi les Louves du Polar, Céline Denjean est une autrice que j’affectionne tout particulièrement et dont je guette chaque parution avec plaisir et impatience. Cette année n’a pas fait exception et, si j’ai attendu de la retrouver sur un salon, je lui ai foncé dessus à PolarLens pour me procurer le Graal littéraire, et m’y plonger presque dans la foulée. Si je suis en retard, c’est surtout pour chroniquer car, à l’instar de Nicolas Druart et son “Immersion“, il est difficile de présenter la “Déferlante” de Céline Denjean sans divulgâcher… Mais le défi est relevé !

Pour son retour en librairie, Céline Denjean n’a pas fait les choses à moitié : Exit Louise Caumont comme Eloïse Bouquet, nous voici face à un one shot, déroutant et captivant à souhait !
Au moyen d’une construction narrative audacieuse et remarquablement maîtrisée, l’autrice nous saisit dès le prologue (auquel répondra l’épilogue) avant de nous entraîner au cœur d’un thriller familial particulièrement sombre et retors.
C’est ainsi qu’on se retrouve entre les Delaroche et les Chavez, deux familles unies par les liens du mariage entre Cloé et Alessandro, mariage qui a donné naissance à un garçon… Mais qui s’apprête à voler en éclat… Seulement Alessandro décède. Seulement sa mère ne croit pas à la thèse de l’accident. Promis, je ne vous dévoile rien mais je n’en dirai pas davantage, si ce n’est que c’est le début d’une spirale infernale d’une noirceur extrême pour une intrigue qui porte décidément bien son nom. Alternant judicieusement les points de vue comme les temporalités, Céline Denjean nous offre une véritable déferlante de tout ce qu’une famille recèle de plus toxique en son sein : Violence et rancœur, haine et jalousie, on passe des menaces au chantage, des petits secrets aux grosses révélations… Ce n’est pas tant l’action qui ne nous laisse aucun répit que l’atmosphère qui, très vite nous oppresse tandis que le suspense ne baisse jamais jusqu’à un dénouement… Disons surprenant. 
Mais si le récit s’avère aussi prenant, c’est parce que Céline Denjean y a installé toute une galerie de personnages dont elle a minutieusement soigné la psychologie. Si les secrets tombent, les masques aussi et l’on s’aperçoitrapidement que personne ici n’est tout noir ou tout blanc : Dès lors, à qui se fier… Quand même l’autrice se joue de nous !
Céline Denjean nous propose un roman assez différent de ses précédents ouvrages… Pour autant, on reconnaît son ADN littéraire grâce à sa plume, vive et percutante, son style d’une redoutable efficacité mais aussi des thématiques qui lui tiennent à cœur et son exploration pertinente des bas instincts de l’être humain… Pour une lecture saisissante !

En bref, préparez-vous à une “Déferlante“… De talent !

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