Quand un roman porte redoutablement bien son nom : “Immersion” de Nicolas Druart, paru le 15 janvier 2026 aux éditions Belfond.
Le pitch : Dans l’Aude, gendarmes et médias sont sur le qui-vive : depuis quelques jours, des hommes et des femmes sont emportés par ce qui ressemble à une épidémie de morts subites. Seul lien entre les victimes : elles avaient toutes participé à l’exploration du gouffre de Gorre peu avant leur décès.
Tout juste rouvert après un terrible accident qui a nécessité sa fermeture pendant deux ans, l’endroit, qui offre des immersions terrifiantes réservées à un public averti, se trouve de nouveau au cœur d’un scandale.
Léo Masset, infirmier trentenaire, en sait quelque chose : lui et ses amis ont tenté l’aventure, et trois ne sont pas revenus, dont sa femme. Accablé de chagrin, seul avec son fils à charge, Léo est prêt à tout pour faire tomber les propriétaires du gouffre qui jouent à un jeu des plus dangereux…
Ce que j’aime avec Nicolas Druart, c’est qu’on le retrouve toujours là où on ne l’attend pas, qu’il parvient à nous surprendre à travers des intrigues toujours étourdissantes et captivantes, aborde de façon subtile et judicieuse des sujets inédits et nous met sous tension avec une déconcertante facilité : Autant de preuves d’un talent indiscutable et d’un esprit machiavélique, bien caché sous un air bien sage dont on ne se méfie pas… Aussi j’attendais avec impatience de revoir l’auteur pour m’offrir cette “Immersion” à l’occasion d’un salon, ce qui a fini par se produire à PolarLens en mars dernier… Et si cet ouvrage ne fait pas exception aux règles que je viens d’énoncer, le plus dur à présent reste de vous en parler !
Parce que trop vous en dire serait gâcher, et divulgâcher pareille lecture serait un crime que je ne saurais perpétrer. Bien plus qu’un simple roman, l’auteur nous propose une véritable expérience littéraire, à laquelle vous n’êtes absolument pas prêts. En véritable maître du jeu, Nicolas Druart nous balade là où il veut, et clairement pas là où on avait prévu. Parce qu’il mélange habilement les genres jusqu’aux frontières de l’épouvante pour mieux nous mettre sous pression et nous prendre au piège avec ses protagonistes. Très vite, l’ambiance se fait anxiogène et malaisante, très vite l’atmosphère devient horrifique et suffocante… Notre petit cœur palpite, nos tripes se nouent et nos nerfs vacillent…
Autrement dit, Nicolas Druart nous livre un thriller imprévisible, à la narration magistralement orchestrée, dont il a pensé chaque détail, soigné chaque élément pour nous entourlouper comme jamais et rendre cette lecture bigrement… Immersive, c’est vraiment le cas de le dire. Immersive au fin fond du Gouffre de Gorre, immersive au cœur de l’enquête qui le concerne… Mais pas seulement : Sauf que ce sera à vous de le découvrir (si vous osez) !
De retournements en rebondissements et autres révélations, l’auteur nous malmène allègrement, à l’instar de ses personnages qu’il a minutieusement croqués pour ajouter en empathie et accentuer la dimension psychologique, déjà puissante, du récit… Et nous pousse même à une certaine introspection au regard des thématiques abordées (mais je ne vous en raconterai pas davantage non plus à ce sujet).
En résulte une lecture prenante et palpitante, addictive et riche en émotions (fortes, mais pas que), portée par une plume fluide et nerveuse, un style vif et percutant : Tout le monde n’en ressort pas vivant !
En bref : Immersion. Perception. Manipulation. Illusion… Vous qui entrez ici, abandonnez toute espérance : Bienvenue dans l’Enfer de Druart !