Un rendez-vous télévisé malheureusement manqué : “Je sais pas“, une série en quatre épisodes créée par Olivier Prieur et adaptée du roman éponyme de Barbara Abel, actuellement diffusée sur France 2 et disponible en streaming.
Le pitch : Une sortie de classe vire au cauchemar. Emma, une enfant de six ans, a disparu dans la forêt. Une battue se met aussitôt en place. C’est alors qu’Emma réapparait comme par miracle. Tout le monde semble rassuré, sauf que maintenant c’est sa maîtresse, Jade, partie à sa recherche qui manque à l’appel.
À la question : “où est Jade ?”, Emma, qui porte le bandana de sa maîtresse, répond simplement : je sais pas. Que s’est-il vraiment passé dans la forêt ? À six ans, on est innocent, dans tous les sens du terme. Pourtant, ne dit-on pas qu’une figure d’ange peut cacher un cœur de démon ?
Quelque peu échaudée après deux rencontres mitigées coup sur coup avec les adaptations de Michel Bussi sur TF1, j’ai finalement migré vers France Télévisions pour découvrir une nouvelle transposition de roman à l’écran, alors en cours de diffusion. Une fois n’est pas coutume, je n’ai pas encore lu ce titre de Barbara Abel, qui traîne pourtant dans ma PAL depuis des temps immémoriaux… Aucune raison d’être déçue en conséquence puisque je partais vide de toute comparaison possible… Et pourtant, je crois bien que ce programme va sonner le glas de ma tentative de renouer avec le petit écran…
Pourtant l’aventure démarrait plutôt bien… Une sortie en forêt, une enfant qui disparaît… Une disparition qui en entraîne une autre, avec beaucoup d’interrogations s’agissant de la fillette. Seulement voilà, de ce postulat de départ, il ne reste plus rien au final tandis qu’on s’interroge toujours sur nombre d’éléments ayant agrémenté notre visionnage, notamment le fantôme et le renard (Non, ce n’est pas un remake d’une Fable de la Fontaine ^^).
En dépit de quelques absurdités, j’avais tout de même accroché aux deux premiers épisodes. Si tous (je dis bien TOUS) les personnages m’ont paru antipathiques, et souvent peu concernés par leur rôle d’ailleurs, j’ai beaucoup apprécié le jeu d’actrice de la jeune Elodie Batard Gaultier qui interprète Emma, dont l’attitude nous met parfois mal à l’aise. En outre, je me suis volontiers laissée embarquer par l’ambiance immédiatement angoissante, mystérieuse et oppressante qu’ont su instaurer scénariste et réalisateur.
Mais mon attrait s’est arrêté là, vaincu par un trop grand manque de crédibilité de l’intrigue qui s’avère truffée d’incohérences, d’invraisemblances, gorgée de réactions incompréhensibles et d’évènements sans intérêt, piquées de longueurs qu’un téléfilm aurait réduit, conclue par un final qui nous laisse en plein dépit : Tout ça pour ça ?
En bref, on ne le dira jamais assez : Les romans sont toujours meilleurs que leurs adaptations et, si je ne l’ai pas encore lu en l’occurrence, cette série aura au moins eu le mérite de susciter chez moi une furieuse envie de me plonger dans le “Je sais pas” (le vrai !) de Barbara Abel : C’est toujours ça de pris !