Le maître de l’entourloupe littéraire a encore frappé : “Que la mort nous frôle” de Michel Bussi, paru le 16 avril 2026 aux Presses de la Cité.
Le pitch : Près de Lausanne, Jeanne, jeune psychiatre spécialisée dans les traumatismes, rejoint le manoir des Amarantes, qui, depuis 1945, abrite des pensionnaires brisés par la guerre. Parmi eux, Charly, adolescent imprévisible et paranoïaque, et Téréza, orpheline du ghetto de Varsovie, ont noué un lien très fort.
Mais ces dernières semaines, des événements inquiétants secouent les lieux : des pensionnaires disparaissent, de mort naturelle prétend-on ; des statues changent de place ; le docteur Gruber, directeur de l’établissement, mène des expériences mystérieuses.
Tandis que les ombres et les non-dits pèsent sur ce manoir hors du temps, le danger est partout.
Derrière un décor faussement paisible, entre les rives du Léman et les sommets alpins, le passé peut-il encore tuer ?
En découvrant la sortie d’un nouveau titre de Michel Bussi à la rentrée, je me suis d’abord dit que j’avais vraiment déconné : Comment diable n’avais-je pas trouvé le temps de lire le précédent ! Et puis j’ai percuté : C’est aux Quais du Polar que je me suis procurée “Que la mort nous frôle“, en avant-première d’ailleurs ! Ainsi, je ne suis pas (trop) en retard, c’est Michel Bussi qui est (très) en avance… Pour autant, une lectrice avertie en vaut deux : Aussi j’ai bouquiné les deux titres sans tarder ! Je vous parlerai donc prochainement de “Code Yesterday” mais, dans l’immédiat, c’est en Suisse que nous avons rendez-vous !
C’est en effet près de Lausanne que se trouve le Manoir des Amarantes, une maison de soins dirigée par le Docteur Gruber… Mais bientôt des phénomènes étranges se produisent et des pensionnaires disparaissent… Si la version officielle conclut à des morts naturelles, Charly et son petit groupe d’amis n’en sont pas convaincus… Et la psychiatre fraichement débarquée Jeanne Moineau nourrit également des doutes sur ce qui se trame entre ces murs : Les apparences sont parfois trompeuses, reste à savoir dans quel sens…
Fidèle à son ADN littéraire tout en parvenant sans cesse à se renouveler, Michel Bussi nous invite à découvrir un véritable havre de paix cerné d’ombres, au cœur d’un décor hors du temps pour un huis clos à ciel ouvert diablement orchestré. Très vite, la tension se fait palpable et l’ambiance se fait oppressante… Une mécanique angoissante se met en place mais il est déjà trop tard pour s’en échapper, pour les lecteurs comme pour les protagonistes.
Des protagonistes à la personnalité étoffée, croqués avec force détails et beaucoup de minutie, qui constituent indubitablement l’âme de ce récit, renforcent sa dimension émotionnelle et psychologique. A travers eux, l’auteur en profite pour évoquer les traumas des conflits, mais aussi mettre en lumière une triste réalité historique assez méconnue quant à l’implication des banques suisses dans le blanchiment de l’argent nazi. C’est donc à la fois prenant et palpitant, touchant et sidérant, immersif et instructif.
Le tout est porté par une plume fluide, élégante et agréable, un style dynamique et soigné, pour une lecture qui nous envoûte et dont le dénouement nous laisse pantois… Et on en profite pour saluer notre illustre voisin, Charlie Chaplin, pour entourer l’intrigue d’un peu de cinéma (muet)!
En bref, Michel Bussi n’a pas son pareil pour nous illusionner et nous offre une nouvelle démonstration de son talent à travers ce passionnant thriller psychologique nimbé d’éléments historiques… A bientôt pour “Code Yesterday“!