Un thriller psychologique aussi prenant qu’inoubliable : “Nina” de Naëlle Charles, paru le 20 août 2026 aux éditions de L’Archipel.
Le pitch : Nina Klein a dix-huit ans quand sa mère disparaît au retour d’une nuit de garde à l’hôpital. Lorsque son corps est retrouvé, l’enquête conclut à un suicide malgré de nombreuses zones d’ombre.
Nina ne peut y croire. Elle n’aura désormais qu’un seul objectif : faire la lumière sur la mort de Rose. Mais elle ne dispose que de dix ans pour obtenir la réouverture du dossier.
Contre toute attente, ce drame agit comme un catalyseur et la révèle à elle-même. Avec une détermination qui surprend ses proches, elle s’inscrit en droit afin de devenir avocate. Une course s’engage durant laquelle la jeune femme va reprendre pas à pas l’intégralité de l’enquête.
Mais la vérité ne risque-t-elle pas de tout faire vaciller, y compris Nina ?
Si Naëlle Charles est une adorable autrice dont j’affectionne la série “Bigoudis et petites enquêtes“, je restais intimement persuadée que la Reine du Cosy mystery pouvait aller plus loin en littérature noire. Un vœu que j’ai vu exaucé cette année avec la parution de “Nina” à la rentrée. Il m’a fallu patienter jusqu’au salon de la Cigogne Noire pour me procurer ce nouveau titre, griffé d’une charmante dédicace… Ne me restait plus qu’à trouver le temps de vous en parler comme il se doit… Et tout vient à point pour qui sait attendre, ce moment est ENFIN arrivé : Car force est de constater que je ne me suis décidément pas trompée !
A travers le parcours de cette jeune femme en quête de justice, Naëlle Charles nous fait une remarquable démonstration de son talent d’autrice alliant avec brio le roman noir et le thriller psychologique. Tout commence le 31 décembre 1998. Rose Klein, sage-femme enthousiaste et pleine de vie, laisse sa famille pour prendre sa garde à l’hôpital pour la Nuit de la Saint-Sylvestre… Mais n’en reviendra jamais. Son corps est retrouvé au pied de la Citadelle de Bitche et, malgré de nombreuses zones d’ombres, l’enquête conclura très rapidement à un suicide, une thèse à laquelle Nina, sa fille cadette à peine sortie d’une profonde dépression, ne peut en aucun cas souscrire. Loin de l’abattre une nouvelle fois, ce drame va lui insuffler la force de se battre pour obtenir la vérité, en reprenant ses études afin de devenir avocate et faire rouvrir l’enquête.
C’est à travers cette grande fresque littéraire qui durera plus d’une décennie que l’autrice nous dresse le saisissant portrait d’une évolution multiple : Celle d’une brillante jeune femme, d’abord vulnérable et brisée, qu’on voit presque renaître de ses cendres, se relever, redresser la tête et avancer, plus courageuse et déterminée que jamais, dont la force de caractère inspire indubitablement le respect, tant et si bien qu’on la suit avec émotion et assiduité pour la soutenir dans ses efforts, l’encourager quand elle doute, l’applaudir quand elle trouve. Mais nous assistons aussi à l’évolution de la justice qu’elle dépeint avec un redoutable réalisme, dans ses réformes comme dans ses méthodes d’investigation qui bénéficient des progrès de la science.
Le décor est admirablement retranscrit, l’atmosphère enivrante, le suspense bigrement maîtrisé, la tension subtilement installée, la plume fluide, élégante et captivante, le style efficace et incisif pour un bouquin qui se veut à la fois une course contre la montre et un travail de longue haleine, une lecture qui nous passionne autant qu’elle nous touche.
En bref, elle n’a pas abandonné et elle a bien fait. Nina est une héroïne émouvante et mémorable, Naëlle Charles une figure montante de la littérature noire et ce roman une vraie réussite.