Chroniques 2026 \ Les Enfants d’Izieu de Rolande Causse

Un texte tout à la fois nécessaire et profondément émouvant : “Les Enfants d’Izieu” de Rolande Causse, initialement paru le 07 avril 1994 aux éditions du Seuil.

Le pitch : Le 6 avril 1944, à Izieu (Ain), quarante-quatre enfants et sept adultes, tous juifs, furent arrêtés par les hommes de la Gestapo et des soldats allemands sur un ordre de Klaus Barbie. La plupart de ces jeunes avaient précédemment souffert dans les camps imposés par le régime de Vichy, en zone libre. Déportés, les quarante-quatre enfants furent gazés et brûlés à Auschwitz. Parmi les adultes seule l’éducatrice, Léa Felblum, survécut.
Avec des mots surgis du fond de la douleur, Rolande Causse écrit ce qu’on n’a pas le droit d’oublier : mots d’ombre et de révolte, extirpés de la trappe de l’Histoire, grande amnésique, machine à broyer l’horreur, à gommer la honte.
Phrases sans fin, sans point, litanie de pleurs, pour dire la mémoire des quarante-quatre enfants juifs qui vivaient cachés à Izieu et que les nazis sont venus chercher un matin de printemps 1944…
Ce livre comprend le long poème des enfants d’Izieu, le livre d’opéra dont la musique est composée par Nguyen-Thien-Dao ainsi qu’un témoignage de Sabine Zlatin, fondatrice de la maison d’Izieu.

Ne m’empêchant jamais d’élargir sans cesse mes horizons livresques, je me suis laissée emporter par la curiosité et me suis plongée dans ce petit livre que l’on m’avait très gentiment prêté suite à une passionnante discussion sur la Seconde Guerre Mondiale. J’en ai ressenti la même émotion, le même bouleversement qu’à la lecture de “La plus précieuse des marchandises” de Jean-Claude Grumbert, il y a déjà quelques années… A charge pour moi de vous la transmettre désormais…

Pour ne rien vous cacher, j’avais déjà entendu parler de ce terrible épisode de notre Histoire, sans toutefois en connaître les faits, comme on peut les apprendre dans les manuels scolaires s’agissant par exemple de la tragédie qui a frappé le village d’Oradour sur Glane.
L’évènement est d’autant plus déchirant que le drame d’Izieu concerne des enfants. 44 enfants et 7 adultes pour être précise. Réfugiés dans une maison après avoir déjà connu l’Enfer. Qui tentaient de réapprendre à vivre à défaut d’être heureux en pareilles circonstances, mais arrêtés et déportés à Auschwitz où seule leur institutrice survécut.
Déjà l’histoire au cœur de l’Histoire nous saisit d’effroi. Mais la plume de Rolande Causse, ses mots, sa syntaxe, sa poésie d’une tristesse sans nom, en traduisent toute l’horreur, en délivrent une vérité crue, sans voyeurisme ni complaisance, pour une lecture qui n’en est que plus éprouvante et nous laisse une question qui nous hante : Pourquoi ?
Ce récit fort émouvant est complété par un livre d’opéra qui reprend ce texte puis le témoignage de Sabine Zlatin, fondatrice de la Maison d’Izieu. Une nouvelle version, plus récemment publiée, est également illustrée. Autant d’artistes qui rendent ainsi un bel hommage à ses sacrifiés qui ne doivent en aucun cas être oubliés.

En bref, c’est un petit livre d’une grande beauté même s’il s’avère terriblement dur par les faits qu’il met en lumière. Un texte essentiel au devoir de mémoire, qui devrait être lu par tous.

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