Chroniques 2026 \ Ma fille de Mathilde Dondeyne

Un premier roman touchant par son authenticité : “Ma fille” de Mathilde Dondeyne, paru le 08 janvier 2025 aux éditions du Rouergue.

Le pitch : Irène, professeure de lettres, a accepté sa mutation dans un collège réputé difficile et appréhende la rentrée : elle enseignera désormais à des élèves de troisième. Un défi pour cette femme réservée et anxieuse.
Dès le premier jour, Irène remarque une élève, Louise. Une adolescente incandescente et rebelle. Difficile. A son corps défendant, une intimité secrète se noue avec la jeune fille. La mère de Louise est morte trois années plus tôt. Irène a perdu une première enfant, Solène, quelques jours après sa naissance. L’une comme l’autre rejouent ensemble un lien perdu. Peu à peu, Louise devient une obsession pour Irène. Peu à peu, leur complicité devient étouffante.
Dans ce premier roman, Mathilde Dondeyne met en scène avec subtilité une relation défendue où au désir de sauver l’autre se mêle une part d’ombre et de chagrin. Jusqu’au moment où cette conversation clandestine vole en éclats.

C’est totalement par hasard que j’ai découvert ce roman l’an dernier. En effet, j’étais alors au Touquet et une rencontre était organisée avec l’autrice à la Maison de la Presse. Incapable de résister à l’envie de découvrir une nouvelle plume, j’y suis donc allée et me suis laissée convaincre par les propos de l’autrice, qui m’a donc très gentiment dédicacé un exemplaire de son ouvrage à l’issue de l’entretien… Et s’il m’a fallu un an pour trouver le temps de m’y plonger avant de vous en parler, mieux vaut tard que jamais !

Professeure de son état, Mathilde Dondeyne nous livre une histoire vibrante de sincérité, pleine de sensibilité sans être exempte de tension, criante de réalisme tout en restant sobre et juste. L’autrice nous raconte ainsi la relation d’une enseignante à son élève, toutes deux éprouvées par la vie, qui vont chacune tenter de reconstruire ce qu’elles ont perdu par le passé… Brouillant leurs propres repères et franchissant certaines limites en espérant combler l’absence et le vide, apaiser la solitude et la douleur. Seulement ce lien en devient obsédant. Seulement cette complicité en devient oppressante. Seulement cette intimité en devient écrasante. Il faut alors revenir à l’essentiel et admettre qu’il restera toujours un manque que rien ni personne ne saurait effacer.
A travers ces protagonistes fort bien croquées, dotées d’une véritable personnalité, pour chacune faite de doutes, de failles et de faiblesses, l’autrice évoque de nombreux thèmes universels, parmi lesquels celui de la dépendance émotionnelle. Je n’en dirai pas davantage quant au fond de l’histoire pour en laisser toute la primeur, et préférant souligner la finesse de la plume, la fluidité du style, l’élégance du texte. En résulte un moment de lecture court mais émouvant.

En bref, ce fut une belle découverte que ce premier roman, et je suis désormais curieuse de retrouver la plume de Mathilde Dondeyne à l’occasion d’autres aventures littéraires : Le cas échéant, je n’attendrai plus un an ! ^^

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