Le polar, dans sa folie, a installé Nadine en Normandie… “Diabolique” de Nadine Mousselet, paru le 31 août 2020 aux éditions Epona.
Le pitch : Le Mont-Saint-Michel, un lieu de recueillement pour les fidèles, mais aussi un lieu touristique accueillant près de deux millions de visiteurs par an. C’est là que le commissaire Martin Leblanc arrive avec sa femme pour une visite guidée et privée de l’abbaye. Il manque d’enthousiasme et n’a qu’un but se faire pardonner ses absences répétées, obnubilé qu’il est par son travail au 36 Rue du Bastion, à la prestigieuse Crim’. La foule le rebute et d’un commun accord, il laisse sa femme partir à l’assaut du Mont. Il l’attendra en bas, devant une bière fraîche.
Mais le temps passe et Corinne ne revient pas… Au comble de l’angoisse, il prévient les secours qui, dans un premier temps, ne trouvent rien. Martin Leblanc fait alors appel à sa propre équipe, menée par le commandant Moreau et la profiler Manon Durieux, pour mener l’enquête.
Le lendemain, un corps de femme est retrouvé dans les jardins Est…
Vous ne pouvez plus l’ignorer désormais, je suis devenue une fervente lectrice de Nadine Mousselet depuis l’an dernier, lorsque paraissait “Meurtres cousus main” qui m’a permis de découvrir la belle ville du Havre au gré d’une macabre visite. Depuis, j’ai longuement parcouru la Normandie en compagnie de cette autrice aussi charmante que machiavélique, tantôt au gré de ses parutions aux éditions XO ou de ses rééditions chez Pocket, parfois au hasard des salons, comme ce fut dernièrement le cas à la Cigogne Noire. La romancière disposait alors de quelques anciens titres, dont certains en dehors de la série consacrée à Laura Claes… Que je n’ai pas hésité à rafler, m’offrant ainsi la possibilité d’une lecture mensuelle, dans l’attente de nouveautés… Suivant les précieux conseils de ma très chère Nadine Mousselet, j’ai récemment lu “Bleu Pervers” afin de faire connaissance avec la jeune psycho-criminologue Manon Durieux… Pour ensuite la retrouver dans “Diabolique” que je m’apprête donc à vous présenter !
Parce qu’elle ne recule devant aucun défi, Nadine Mousselet vous offre le Mont Saint Michel comme vous ne l’avez jamais vu ni parcouru ! Véritable personnage à part entière de ce huis clos à ciel ouvert, l’endroit mythique se révèle en effet sous un aspect plus authentique, victime de son succès car un peu trop touristique pour pouvoir pleinement profiter de ses nombreux trésors cachés, disséminés ça et là au détour de ses ruelles pavées. Aussi est-ce dans ce lieu si bien retranscrit qu’on s’y croirait que l’autrice fait disparaître l’épouse d’un Commissaire du célèbre 36 ! Quand un corps de femme est rapidement retrouvé, l’époux éploré fait appel à son équipe pour venir en renfort des effectifs de la gendarmerie et faire toute la lumière sur cette sinistre affaire qui pourrait aussi ternir la grande image du célèbre monument.
Sans trop vous en dire au risque de divulgâcher, Nadine Mousselet nous entraîne dans une véritable course contre la montre dont elle a minutieusement calibré chaque élément. Très vite l’intrigue prend une tournure inattendue pour faire monter le suspense, grimper la tension, et ne plus jamais nous lâcher avant que la vérité ne nous soit enfin révélée.
Bien qu’il me tarde de retrouver ma très chère Laura Claes, pour qui je me suis prise d’une profonde affection, c’est avec un immense plaisir que j’ai rejoint de nouveau sa collègue Manon Durieux et ses équipiers, fin prête à investiguer à leurs côtés après l’avoir déjà fait une première fois entre les pages de “Bleu Pervers“. Et si l’autrice prend soin de toujours plus étoffer ses enquêteurs, elle n’en oublie pas pour autant les autres protagonistes qu’elle a soigneusement croqués, apportant à son récit une dimension psychologique redoutablement maîtrisée.
La plume est efficace, fluide et élégante, le style dynamique et attrayant pour une lecture rythmée par des chapitres courts qu’on lit presque en apnée, comme si une vie en dépendait… Ce qui n’est pas tout à fait faux, vous comprendrez !
En bref, Nadine Mousselet n’a décidément pas son pareil pour mettre nos nerfs (et sans doute le personnel des offices du tourisme normands) à rude épreuve… Et on adore… Et même qu’on en redemande !