Chroniques 2017 Mon Gamin de Pascal Voisine

Un premier roman aussi atypique que touchant : “Mon gamin” de Pascal Voisine, aux éditions Calmann Levy.
 
Le pitch : A l’été 1977, Thierry Poivet et ses 14 ans entrent dans les affres de l’adolescence. S’il passe ses journées en compagnie de Francis, un handicapé mental interné au sein de l’hôpital psychiatrique que dirige son père et qui le surnomme affectueusement “mon gamin”, celui-ci ne sait pas encore que cet été fera basculer sa vie à jamais… 40 ans plus tard, Thierry est devenu Marc Alder, un chanteur à succès qui n’a pas remis les pieds dans son village natal depuis ce fameux été, pour assister aux funérailles de sa belle-mère… L’heure de se confronter au passé et faire toute la lumière sur les évènements qui ont bouleversé sa vie…
 
Qu’il m’est difficile de vous résumer ce roman sans trop vous en dévoiler… A l’heure où la rentrée littéraire bat son plein et voit se bousculer une multitude de livres sur les étals de nos petites et grandes librairies, il faut savoir se faire remarquer pour attirer l’œil aiguisé d’un lecteur passionné… C’est précisément ce qu’il s’est passé pour celui-ci, dont la couverture détonante ne m’a évidemment pas échappé avant d’éveiller ma curiosité par son intrigant résumé… Je m’en suis donc emparée pour l’emporter et m’y plonger bien vite durant mes congés…
 
L’auteur nous entraîne au coeur d’un village picard où les habitants côtoient les patients d’un hôpital psychiatrique situé sur les terres de la commune, et qui voit la vie d’un adolescent basculer en 1977. Et aujourd’hui, en 2017, il est grand temps de replonger dans le passé pour comprendre ce qui est arrivé. C’est donc précisément ce curieux voyage dans le temps auquel l’auteur nous invite en compagnie de Thierry/Marc, faisant de nous des témoins privilégiés de cette histoire profondément touchante. Sous couvert d’un passé simple, l’auteur nous livre une intrigue bien plus complexe et profonde qu’il n’y paraît, particulièrement bien construite, admirablement menée et mettant en exergue une magnifique amitié. Alternant judicieusement les points de vue comme les époques, l’auteur fait ainsi toute la lumière sur l’évènement (ou l’accumulation de petits évènements…?) qui a tout changé… Pour autant l’auteur ne dévoile pas son jeu aussi vite et, à la manière d’un brillant thriller, sait tenir son lecteur en haleine au fur et à mesure des chapitres, bien loin qu’il est d’imaginer le dénouement qui l’attend… Un dénouement surprenant, mais surtout émouvant…
Incontestablement les personnages constituent l’atout majeur de ce roman, au premier desquels figure bien sûr Thierry/Marc. Le lecteur découvre cet adolescent attachant, le voit grandir, mûrir, évoluer au fil du temps et des évènements avant de devenir l’homme plus réfléchi qu’il est aujourd’hui. Si l’on peut se questionner sur la relation malsaine qu’il entretenait avec sa trop jeune belle-mère Emelyne, on retiendra avant tout la profonde amitié qui l’a lié à Francis, handicapé mental abandonné à son triste sort au sein de l’hôpital psychiatrique par ses parents. Et on se prend bien vite d’affection pour ces deux-là, tant leur amitié est belle à voir, à lire, à vivre, faisant de ce livre un roman particulièrement touchant.
Porté par une plume fluide et efficace, un style aussi simple que soigné, l’histoire n’en est que plus belle et bouleversante, offrant pour l’occasion un moment de lecture aussi plaisant que mémorable.
 
En bref, un roman doux dingue bouleversant, à découvrir sans hésiter en cette rentrée littéraire…

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