Compte rendu sur la soirée du 29 mars 2018 avec Solène Bakowski à la Librairie de Paris…

 
Voilà longtemps, me semble-t-il, que je ne vous ai pas parlé d’une rencontre littéraire par écrit… Si en effet je me suis lancée dans la réalisation de quelques vidéos plus ou moins réussies pour vous raconter mes frasques littéraires au hasard des salons que je visite… Figurez-vous que je trouve aussi le temps de me rendre en librairie, notamment à l’occasion de rencontres littéraires qui sont toujours plaisantes à suivre… Si je ne vous en parle pas toujours par manque de temps, il me faut le prendre ici pour partager avec vous le plaisir que j’ai eu de retrouver Solène Bakowski pour la sortie de son roman “Une bonne intention” aux éditions Bragelonne, laquelle m’avait donné rendez-vous pour une rencontre littéraire au sein de la magnifique “librairie de Paris” !
La date était déjà réservée dans mon agenda de blogueuse passionnée, alors après avoir quitté mon travail vers 16h puis essuyé quelques propos fort disgracieux à mon égard avant de rejoindre la gare située à une quinzaine de minutes à pied, j’ai donc pris le train de 16h40 en direction de la Gare du Nord à 17h55… Ajoutez-y les dix minutes de retard réglementaires, s’il vous plaît… Qu’à cela ne tienne, un coup de ligne 5 puis de ligne 2 et me voilà sortie Place de Clichy… Du mauvais côté forcément, légèrement égarée évidemment, et contrainte de solliciter mon chemin fatalement, la librairie étant dissimulée derrière quelques travaux pour le moment…
Pas de panique cependant, c’est à 18h30 tapantes et sonnantes que je franchis la porte et rencontre aussitôt Solène, son éditrice Lilas Seewald et le libraire du tonnerre qui les accueille Michael Mathieu. Les lieux sont encore calmes, aussi discutons-nous bien volontiers, notamment sur l’importance des blogueurs et booktubeurs aujourd’hui, mais aussi du Salon du Livre de Paris, à l’occasion duquel Solène et moi-même avons eu le plaisir de rencontrer Cédrik Armen, formidable et sympathique booktubeur dont j’admire le talent et partage la passion !
Seulement le temps passe, alors Solène et Mathieu s’installent face à nous… L’auteur est prêt, le libraire et son micro aussi… L’interview peut commencer…
 
 
Abordant tout d’abord la genèse de ses écrits, Solène Bakowski a pu nous expliquer que, s’il s’agissait de deux romans bien distincts, elle travaillait toujours de la même façon, en prenant un cahier avant de laisser venir à elle un personnage… Le hasard voulut que ce fut une petite fille à chaque fois… S’ensuit alors un dialogue avec cette dernière. Entretenant un fort lien d’empathie avec ses personnages, elle vit avec pendant plusieurs mois et leur sert ainsi d’intermédiaire pour retranscrire sur papier leur histoire.
Pour autant jamais Solène ne s’enferme dans un carcan, qu’il s’agisse de l’histoire comme du genre, raison pour laquelle elle paraît d’ailleurs si difficile à rayonner en librairie. Pour autant elle ne s’interdit rien, elle écrit l’histoire qu’elle a envie d’écrire, sans avoir besoin d’y réfléchir…
Comme elle l’a toujours fait en réalité, puisqu’elle écrivait déjà petite, c’était alors des pièces de théâtre qu’elle faisait jouer à ses copines. S’en est suivie la rédaction d’un journal intime… Mais c’est plus tard, avec l’âge adulte et la maturité, que l’envie s’est fait plus pressante et l’écriture plus sérieuse mentionnant d’ailleurs qu’elle ne s’est jamais lancée dans l’écriture d’un récit inachevé…
 
 
Alors après “Un Sac“, Solène a écrit “Une bonne intention“… Après avoir adoré le premier, l’éditrice envoyait le second à Michael, notre libraire passionné, qui se souvient avoir fait une nuit blanche pour le dévorer, tant il fut incapable de le lâcher avant de l’avoir terminé… L’histoire d’une famille qui se délite après un drame… Au milieu de tout cela, une petite fille un peu perdue disparaît… S’en suit un effet papillon qui retiendra toute notre attention… Car selon Solène, on fait tous des choix qu’on pense les meilleurs possibles qui sont pourtant lourds de conséquences… On a ainsi tous fait du mal à quelqu’un en pensant pourtant faire du mieux qu’on pouvait… Si nous ne sommes pas tous des monstres, on est tous susceptibles de basculer un jour… Et ainsi Solène reste fascinée par ce que cachent les apparences… Et les rideaux de chez vous… Méfiez-vous !
Finalement Solène nous confiera que la disparition n’est ici qu’un prétexte pour aborder tout le reste… Il s’agit là d’un thème abordé des millions de fois mais elle voulait plutôt s’attacher à ce qi se passe après, à ce que cela implique pour ceux qui restent…
Aussi aborde-t-elle des thématiques parfois difficiles, comme par exemple l’autisme. Pour autant l’auteure n’a pas traité le sujet à la légère, elle s’est documentée pour élaborer le personnage de Rémi. Connaissant le sujet pour avoir été enseignante dans une autre vie, elle n’en savait toutefois pas suffisamment pour rendre le récit crédible… Alors elle a travaillé pour construire son personnage, avec beaucoup de soins et d’étoffe…
Car Solène vit avec ses personnages… Si elle sait qu’ils n’existent que sur papier, elle a tout de même du mal à le réaliser… Ils vivent avec elle, en elle, à travers elle… Au point qu’elle en rêve parfois la nuit… Mais une fois que le roman est terminé, l’histoire ne lui appartient plus, alors les personnages non plus, elle les lâche dans la nature pour qu’ils aillent hanter d’autres esprits, d’autres lecteurs…
 

Et elle les aime, ses lecteurs, Solène. Elle s’est d’abord autopubliée en ligne avec son premier roman “Un sac” et a eu la chance de rencontrer un lectorat assez large… C’est d’ailleurs ainsi qu’elle a rencontré son éditrice, laquelle lui a donné une chance d’être placée en librairie. Un texte qui n’avait pourtant pas retenu l’attention des maisons d’édition à qui elle l’avait envoyé… Pourquoi ? Parce qu’elle ne visait que les maisons d’édition de littérature générale… Et que ce roman avait plutôt “sa place dans le noir”.
S’il est indéniable que le fait d’arriver en librairie donne une certaine crédibilité à l’auteure qu’elle est, cela lui permet également d’être invitée à des salons et autres rencontres littéraires comme ce soir. L’édition classique lui permet ainsi de bénéficier du travail d’édition, ce qui n’est pas rien puisqu’il offre ainsi un véritable supplément d’âme à l’histoire. Le texte est alors retravaillé, corrigé, raccourci, ce qui n’est pas le cas avec l’autoédition dans laquelle l’auteur est seul à la manœuvre. Pour autant l’autoédition lui a permis de gagner un lectorat fidèle et soutenant, un lectorat qu’elle n’aura jamais rencontré sans l’autoédition, elle en est certaine. Car les gens semblent plus intimidés par les auteurs édités de manière traditionnelle et diffusé en librairie… Avec l’autoédition, les lecteurs se sentent plus proches, plus libres, plus aptes à discuter avec les auteurs, à leur écrire et leur faire part de leur point de vue, c’est ainsi…
Au regard de son parcours, Solène pense que son écriture a évolué puisqu’il s’agit là de quelque chose de mouvant, qui évolue au fil de la vie et au contact des gens, notamment celui de son éditrice. Elle pense progresser, espère avancer en fonction de quelques modèles dont elle affectionne la plume. Il en va ainsi de St-Exupéry, Erik Orsenna, Amin Maalouf, Mo Yan aussi, dont l’écriture lui semblait plus transgressive avant d’être récompensé d’un Prix Nobel de Littérature, ou encore Andréas Becker et son roman “L’Effrayable” dont elle fut l’une des rares lectrices et qui joue beaucoup sur la langue pour parler de folie…
Parce qu’il est encore trop tôt pour évoquer ses prochains romans encore au travail, l’interview touche à sa fin, et la parole est laissée à quelques lecteurs, le temps de quelques questions… Si l’on en retiendra notamment que l’édition permet de faire de son récit un objet livre destiné à conserver une place durable au sein de notre monde, le libraire nous incite une dernière fois à nous procurer ceux de Solène, car il est définitivement fan de cette plume magnifique. Je ne le contredirai certainement pas, et c’est avec plaisir que je m’approche en premier de la table où Solène se met à dédicacer… Un exemplaire qui s’apprête à partir vers l’un d’entre vous mes chers petits… Mais ceci est une autre histoire, pour l’instant je prends plaisir à échanger quelques mots, puis photographier Solène en compagnie de son éditrice dont je tiens à saluer le précieux flair pour dénicher de véritables pépites littéraires…. Avant de reprendre le métro puis le train, en route vers mon domicile…
Vous voyez, j’avais bien des choses à vous dire malgré mon retard qui ne cesse de s’accumuler… Je tenterai de le rattraper au cours du week-end… En attendant, je vous laisse découvrir Solène Bakowski et ses écrits, en retrouvant ci-dessous mes chroniques et son interview…
 

Cette publication a un commentaire

  1. francoisedale@gmail.com

    précieuse Aurélie ,tu me donnnes envie de lire son deuxième livre,même si je n'ai pas trop aimé le premier ,peut-être un peu trop "brut" d'écriture pour moi,mais ,à examiner plus sérieusement les choses et à distance ,je dois lire "une bonne intention"!!

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