Chroniques 2018 Au petit bonheur la chance ! d’Aurélie Valognes

Une histoire foncièrement touchante : “Au petit bonheur la chance !” d’Aurélie Valognes, aux éditions Mazarine.
 
Le pitch : 1968, année de grands bouleversements. Les parents de Jean se séparent, sa mère décide de gagner la capitale pour trouver du travail et de quoi l’accueillir convenablement. En attendant, le garçon de six ans débarque en Normandie chez Mémé Lucette pour une durée pas si déterminée… Si sa maman lui manque, il faut faire contre mauvaise fortune bon coeur, et c’est ainsi que ces deux êtres apprennent à se connaître pour s’apprécier et cheminer ensemble sur le chemin de la vie…
 
Voilà longtemps que je souhaitais retrouver la plume de cette charmante auteure… Que je ne connais pourtant pas depuis si longtemps… C’était l’an dernier, j’avais alors eu la joie d’être sélectionnée par Babelio et les éditions Mazarine pour participer à la soirée de lancement de “Minute Papillon” et rencontrer l’auteure… Une heureuse nouvelle qui me poussait à faire plus ample connaissance avec sa bibliographie… En l’espace d’un mois j’en dévorais ainsi l’intégralité, avec toujours plus de plaisir au fil des chapitres. C’est donc en toute logique qu’il me fallait celui-ci aussi vite que possible, un vœu que j’ai pu exaucer à l’occasion du Salon Livre Paris le mois dernier… Et tandis que je la rencontre ce soir pour les 30 ans de la Griffe Noire, je dois avouer qu’Aurélie Valognes a su me bluffer une fois encore… Fallait-il seulement en douter ?
 
L’auteure nous invite ici à remonter le temps pour nous parler d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître… La lecture s’arrête sur 1968, une année symbolique, une année fatidique… Pour la société mais aussi pour Jean, ce petit garçon de six ans… Un rêveur, toujours le nez en l’air, dont les genoux cicatrisent bien. Il vient de quitter son domicile, dans les bras de sa maman qui quitte son père et l’emmène chez sa grand-mère. Mémé Lucette, direction Granville City. C’est là que tout commence…
Parce qu’il ne faut que quelques pages à l’auteure pour nous embarquer dans ce récit impressionnant de douceur et de sensibilité. Immédiatement le lecteur est séduit puis se met à sourire tandis que Jean et Lucette s’apprivoisent et s’apprécient pour bientôt se vouer une profonde affection qui transcendent les générations. L’un grandit et mûrit, apprend beaucoup de l’autre qui s’ébroue et se réveille à l’aube de sa vie.
Et c’est bien ces deux-là qui font toute la beauté du roman. Dépeint avec force soins et détails, on s’y attache sans délai tant ils sont bouleversants de sincérité, de réalisme et d’authenticité. On sent et ressent cet amour qui transpire de l’un à l’autre pour surmonter les difficultés et autres épreuves de la vie et s’en accommoder, bon gré mal gré pour vivre heureux et profiter de la vie. On s’y attache tant et si bien qu’on ne veut pas les quitter et c’est un véritable déchirement tandis que les chapitres défilent et parviennent au mot fin sans revirement possible…
Si le voyage est terminé, il faut avouer qu’il fut riche en émotions, empreint d’un humour tendre et léger, mais aussi révélateur sur l’évolution de notre société. Sous couvert de cette histoire magnifique, l’auteure est en effet parvenue à nous décrire la société de l’époque… Celle d’une autre époque, désormais révolue et pourtant pas si lointaine que ça. Le vent du changement et de la modernité avait alors soufflé sur la population, lui apportant la télévision et les supermarchés, bousculant profondément les mentalités pour permettre aux femmes de s’émanciper à l’instar de Marie, la mère de Jean. C’est ainsi que le roman gagne en profondeur et se fait d’autant plus intéressant qu’il est déjà bouleversant.
Mais si ce roman s’empare ainsi de différents thèmes particulièrement bien traités, il est aussi servi par une plume particulièrement fluide et soignée, un style simple et agréable, un rythme dynamique, cadencé par de courts chapitres qui poussent le lecteur à tourner les pages avec enthousiasme et ravissement.
 
En bref, un roman riche et touchant, offrant un merveilleux moment de lecture en compagnie d’un duo attendrissant qu’on n’aurait jamais voulu quitter… Ah mais non, pas de déprime, la vie est belle, il faut savoir en profiter, alors on sourit : Trois, deux, un… Pastiiiiiis ! (Vous comprendrez…!)

Cette publication a un commentaire

  1. Angélique

    Il a l'air sympa, je n'en ai lu aucune de cette auteure, mais j'avoue qu'ils me font tous de l'œil……. ^^
    @Leslecturesdangelique

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