Livres et vous ? Livrez-vous… Avec Jack Jakoli !

Livres & Vous“… Souvenez-vous : Le 24 janvier dernier j’avais la chance de pénétrer dans l’annexe de la bibliothèque du Sénat pour assister au tournage de cette émission qui annonçait sa reprise le soir même sur la chaîne Public Sénat… Sans doute là un signe du destin qui annonçait la mienne, car je ne suis pas peu fière de vous retrouver par ici aujourd’hui, enchantée et ravie de relancer ma rubrique éponyme !
Une rubrique qui m’a beaucoup manqué, moi qui aime tant partir à la rencontre – réelle ou virtuelle – des auteurs et plus largement de tous ces acteurs du monde littéraire, ceci afin de les aborder sous un autre angle en découvrant leurs lectures et le lecteur qui sommeille en chacun d’eux… En proie à mes propres difficultés, j’ai mis un temps mes interviews de côté… Mais cette intermède a assez duré : Il est temps de reprendre du clavier !
Il me fallait un auteur à la hauteur de cette reprise en ce 1er février : J’ai donc franchi la frontière belge pour solliciter un poli/roman-cier dont le talent n’est déjà plus à démontrer et qui n’hésite pourtant pas à se baisser sur chacune de nos photos afin de réduire la distance entre sa tête et la mienne… Preuve s’il en fallait d’une grande bienveillance qui n’a d’égale que son humilité…
Si son premier roman intitulé “La Catabase” a débarqué dans toutes les bonnes librairies sous la bannière des éditions IFS en décembre dernier pour nous régaler d’une intrigue toute en noirceur et en intensité, il s’était déjà fait remarquer au travers de 5000 mots pour une courte nouvelle qui prenait le nom de “Punition” aux éditions Lamiroy.
Peu habitué à répondre aux questions de par sa profession, Jack Jakoli s’est pourtant livré à l’exercice avec enthousiasme et sincérité, m’offrant même le privilège de réaliser ici sa toute première interview comme j’ai pu l’apprendre dans les réponses que vous allez bientôt lire ci-dessous : Qu’il en soit chaleureusement remercié, je suis extrêmement touchée !
Trêve de bavardages, je ne vous fais pas languir plus longtemps et vous laisse à présent découvrir ses réponses… Bonne lecture !

Peux-tu te présenter en quelques mots ?
Avant de commencer, je tiens juste à dire bonjour ou bonsoir à toutes et tous qui liront ton interview. C’est une première pour moi, et j’avoue ne pas être habitué à me retrouver de ce côté de la table. En général, c’est moi qui pose les questions 😉
Donc, pour répondre, mon pseudo est Jack Jakoli et j’ai 39 ans. Au vu de mon boulot, je ne peux pas écrire sous mon véritable nom. Je suis enquêteur à la police judiciaire fédérale belge dans la section criminelle de Mons. Un peu l’équivalent du 36 de Paris. Cela va faire presque 20 ans que je suis dans la police que j’ai vécue dans pratiquement tous ses aspects.
Petit ou grand lecteur : Quelle place tient la lecture dans ta vie ?
Et bien, cela dépend des moments. Le temps est devenu mon pire ennemi. J’aimerais avoir des journées de 38 heures pour pouvoir assouvir mes obligations, mes devoirs, mes envies et mes addictions mais je dois composer avec la vie réelle. Mon boulot me prend une grande partie de ma journée, ma vie sociale prend le relais, ce qui me laisse peu de temps pour le reste. Je parle bien évidemment de la lecture, ainsi que de l’écriture depuis deux ans maintenant. J’ai toujours un truc à lire sur moi et je me permets quelques minutes éparses pour avaler quelques lignes ou pages. Ce qui fait que je lis plusieurs livres en même temps.
Quel a été ton premier coup de cœur littéraire ? Et le dernier ?
Mon tout premier coup de cœur a été “La nuit des temps” de Barjavel. C’était l’une des lectures imposées à l’école. Malheureusement, je n’étais pas un grand fan de lecture durant ma période scolaire, trop de livres non adaptés et forcés pour ouvrir mon esprit et ma curiosité vers les bouquins. Heureusement que ce volume m’a lancé vers cette voie, vers ces mots qui peuvent nous emporter.
Le dernier est “Dynamique du chaos” de Ghislain Gilberti. Je sais qu’il date mais cette tranche de vie m’a rappelé mes premiers écrits (non publiés). Pas simple de se dévoiler dans un livre et encore moins lorsque le vécu est trouble et troublé. Mais Ghislain a cette force dans l’écriture, cette capacité de vous entraîner au plus profond des abysses. Raison pour laquelle ça a été un coup de cœur et raison pour laquelle je m’étonne encore et toujours de voir son nom sur le bandeau de “La Catabase“.
Y a-t-il un livre/auteur qui t’a poussé à prendre la plume ? Quel a été ton déclic ?
Il n’y a pas vraiment d’auteur qui m’a poussé à prendre la plume. J’ai toujours griffonné en fait. Vers 12 ou 13 ans, j’avais participé à un concours d’écriture qui devait faire tenir une histoire policière en cinq pages. Le titre balançait déjà l’intrigue, c’était “Meurtre à l’hôpital”. Malgré cela, j’ai fini troisième et j’ai gagné le stylo de bronze, que l’école a gardé d’ailleurs. Je pense que je me suis fait avoir sur ce coup. Sinon, mon déclic a été un crac. Une jambe brisée au boulot qui m’a cloué au lit plusieurs mois. C’est là que j’ai écrit sérieusement pour la première fois (l’écrit dont je parle plus haut). Cela a été un exutoire, une échappatoire. Par la suite, c’est devenu addictif, très addictif.
Ton premier roman intitulé “La Catabase” est récemment paru aux éditions IFS dans la collection Phénix Noir : Peux-tu nous en parler ?
Ce livre a une histoire atypique je trouve. Pour faire simple, il émane d’un concours de circonstances. Le manuscrit était déjà terminé lorsque j’ai pris contact avec Salvatore Minni qui était édité chez Nouvelles Plumes et, intéressé par le concept de cet éditeur, je venais me renseigner afin d’en savoir plus. Dans l’intervalle, j’ai fait la connaissance de Marc-Olivier Rinchart (alias Marco) qui est l’agent littéraire de Salvatore. Des échanges de messages ont eu lieu et, quelques mois plus tard, Salvatore a publié un Opuscule auprès des éditions Lamiroy. Attiré par le format, Salvatore m’a mis au défi d’écrire une histoire qui tienne la route en 5000 mots. Pas un de plus, pas un de moins. Je l’ai fait et je me souviens qu’il devait être 2 heures du matin lorsque je l’ai envoyé à Lamiroy sans grande conviction d’ailleurs. Deux mois plus tard, j’avais une réponse positive et la date de publication. Cette nouvelle a eu du succès et Marc-Olivier m’a proposé de venir la dédicacer à la Foire du Livre de Bruxelles. Après ce salon, Marco m’a dit ceci : “Bon, je t’ai fait venir ici. Maintenant, si tu as un manuscrit, priorité chez moi.” J’ai acquiescé et comme je suis un homme de parole, neuf mois plus tard, “La Catabase” était à l’ouverture du salon Iris Noir à Bruxelles auprès de leur maison d’édition.
D’où t’est venue l’idée d’un tel sujet ? Comment as-tu travaillé sur celui-ci ?
C’est un roman que j’ai écrit lors de ma seconde période post-opération de la jambe. Les mots filaient et le premier jet a été bouclé en moins de deux mois. Je savais comment l’histoire devait commencer et comme elle devait finir. Pour le reste, ça venait lorsque je me trouvais devant mon écran. J’ai adopté la méthode Stephen King : 2000 mots par jour quoi qu’il advienne. Sauf que les 2000 se transformaient généralement en 3000 voire 4000 parfois. Tout ce que j’ai fait pour m’aider, c’est une ligne du temps pour la cohérence. Pour ce qui est de l’idée, elle m’est venue naturellement. Je voulais simplement dénoncer une pratique tout en expulsant sur le papier ce que j’ai eu la malchance de voir en vidéo. Je parle des tortures, des massacres filmés que l’on revend sur le darkweb. Dans le cadre de mon boulot, j’avais eu un cours sur la face cachée du web et ce qu’il pouvait s’y passer. Il y a de tout. Comme l’éventail humain, du meilleur comme du pire.
Bien évidemment, le livre a demandé pas mal de relectures et des corrections. Je débute et je n’ai pas encore bien en mains toutes les techniques d’écriture. J’ai eu l’aide précieuse de Séverine Clément et de Damien Eleonori pour cela. J’en profite d’ailleurs pour les remercier à nouveau.

Ton livre vient tout juste de paraître… Mais as-tu déjà une idée pour ton prochain roman ? D’autres projets littéraires en préparation ?
Bien sûr, et j’ai intérêt d’ailleurs ! Les retours sur “La Catabase” sur les réseaux sociaux ont fait naître une espèce de secte, les #jakolistes. Les membres sont vraiment des gens sympas. D’un certain point de vue, ils ne veulent que mon bien. A l’exception du fait qu’ils rêvent de me péter les genoux pour que je puisse écrire la suite plus vite. Parce que, oui, “La Catabase” aura une suite. C’est devenu évident lors de l’écriture du premier, je ne pouvais pas laisser l’histoire se terminer comme cela.
J’ai d’autres écrits dans les bacs et d’autres au stade de projets. Je ne compte pas m’arrêter là, comme je l’ai dit, c’est devenu addictif et mon job m’apporte, malheureusement, de l’inspiration chaque jour.
Question mitraillette : Quel est…?
  • Ton livre de chevet ? Ce n’est pas un livre mais une PAL. Toutefois, en général, c’est mon pc portable pour écrire. Mais un que j’ouvre souvent, c’est “Ecriture” de Stephen King.
  • Le livre qui cale ta bibliothèque ? Alors, honte à moi, mais c’est “Les bienveillantes” de Jonathan Littell. Je sais que cela doit être un bon livre mais quand je l’ouvre, la mise en page m’inspire surtout de la lourdeur. Pas de paragraphe, pas d’espace, c’est un bloc. Je ne suis probablement pas encore prêt à le lire, voilà tout.
  • Le livre que tu aurais rêvé d’écrire ? Comme un roman” de Daniel Pennac. Les droits du lecteur ou comment faire lire, comment offrir la liberté de lire. J’ai eu la chance d’entendre ou de lire concernant l’un de mes écrits : “tu m’as réconcilié avec la lecture” ou “c’est la première fois que je termine un livre”. Je ne sais pas pour les autres mais je pense que, pour un écrivain, c’est le meilleur compliment que l’on puisse faire. “Comme un roman” donne simplement envie de lire. 
  • Ta lecture en cours ? Comme je l’ai dit, le temps est mon ennemi. Mais je lis actuellement “Anamnèse” de Salvatore Minni, “Matière Noire” de Ivan Zinberg, “Demande à la poussière” de John Fante et j’attends avec impatience le prochain Ghislain Gilberti. Oui, j’en lis plusieurs en même temps.
Si tu devais comparer ta vie à un roman, lequel serait-ce ?
J’espère ne pas la comparer prochainement à “Misery” de Stephen King au vu de la secte #jakoliste 😉.
Mais plus sérieusement, c’est une question difficile. De par les humbles messages délivrés par l’auteur, j’ai de plus en plus l’impression de me retrouver dans la peau du vieux dans “Le vieil homme et la mer” de Ernest Hemingway. Le travail comme existence. La souffrance offrant un certain salut, une reconnaissance. La lutte du bien contre le mal en toutes circonstances. La transmission du savoir aussi. Notre vie “civilisée” en fait. Attention, je ne me sens pas vieux mais j’espère le devenir. Certains ont beaucoup à enseigner pour le peu qu’on les écoute. On s’en rend compte parfois trop tard.
Un petit mot pour la fin ?

Oui, on me demande souvent si le premier chapitre est tiré de faits réels. Je ne peux que répondre par l’affirmative et que c’est même édulcoré par rapport à la réalité. Mais, comme le dit Pennac, le lecteur a le droit de sauter un chapitre. Il est construit de façon à ne pas entacher l’histoire si on le zappe.
Dans mes écrits, je ne peux pas promettre le meilleur. Uniquement la nature humaine telle que je la vois tous les jours.
Et vraiment le dernier mot : Merci !

Ainsi s’achève cette petite interview au travers de laquelle j’ai eu le plaisir de vous dévoiler le lecteur qui se cache derrière l’auteur qu’est Jack Jakoli ! Encore une fois je tiens à le remercier du fond du coeur pour s’être si volontiers  prêté au jeu de mes petites questions indiscrètes, me permettant ainsi d’en apprendre davantage à son sujet alors même que j’ai récemment eu la chance d’animer une table ronde à ses cotés !
Et maintenant place à la lecture : Si vous n’avez pas encore découvert la plume de Jack Jakoli, je vous invite à le faire à votre tour et sans détour en vous plongeant dans “La Catabase” ou dans “Punition“… Peu importe le choix que vous ferez, faites-moi confiance : Vous serez conquis sans délai ! N’hésitez pas à retrouver mes chroniques par ICI pour plus d’informations… Et partagez avec moi votre avis ! A très vite pour de nouvelles aventures littéraires mes amis !


Cette publication a un commentaire

  1. Unknown

    J'ai beaucoup aimé lire votre interview, je rejoins J Jakoli pour les bienveillantes de J Littell , je n'ai jamais fini ce livre pour(exactement) les mêmes raisons que lui.
    Merci pour ce court mais agréable moment de lecture, J Jakoli reste donc pour moi à découvrir , il est désormais prévu qu'il s'installe sur ma P A L !

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