Même l’Enfer a ses bas fonds : “La Trilogie du Mal – Tome 2 : In Tenebris” de Maxime Chattam, initialement paru aux éditions Michel Lafon le 04 mars 2004, publié au format poche aux éditions Pocket et récemment réédité en version collector.
Le pitch : Chaque année, des dizaines de personnes disparaissent à New York dans des circonstances étranges.
La plupart d’entre elles ne sont jamais retrouvées. Julia, elle, est découverte vivante, scalpée, entre autres sévices, et prétend s’être enfuie de l’Enfer.
On pourrait croire à un acte isolé s’il n’y avait ces photos, toutes ces photos… Jeune détective à Brooklyn, Annabel O’Donnel prend l’enquête en main, aidée par Joshua Brolin, spécialiste des tueurs en série. Quel monstre se cache dans les rues enneigées de la ville ?
Et si Julia avait raison, si c’était le diable lui-même ? Ce mystère, ce rituel… Dans une atmosphère apocalyptique, Joshua et Annabel vont bientôt découvrir une porte, un passage… Dans les ténèbres.
Ce suspense qu’on ne peut lâcher va changer votre perception de la nuit…
C’est avec “La Trilogie du Mal” que j’ai découvert Maxime Chattam et son univers il y a de nombreuses années. Trois romans parmi les textes fondateurs de ma passion pour la littérature noire, à n’en point douter, tant leur lecture m’a marquée. C’est donc avec un immense plaisir que j’ai vu cette “Trilogie du Mal” revenir en librairie l’an dernier, dans une version collector de toute beauté. Un magnifique pavé qui m’a été offert à Noël, dans lequel je me suis replongée, pour le meilleur et pour le pire. Après avoir recroisé “L’âme du mal“, je me suis de nouveau laissée happer “In Tenebris“…
Sans être une suite directe et immédiate, ce deuxième ouvrage s’inscrit dans la droite lignée de son aîné, tout en allant bien plus loin, bien plus bas, bien plus fort dans la noirceur et l’atrocité.
Dès les premières pages, en effet, l’auteur nous montre que même l’Enfer a ses quartiers peu fréquentables, dans lesquels il nous entraîne pourtant sans délai, au gré d’une intrigue diablement orchestrée, machiavéliquement bien pensée et redoutablement maîtrisée. Une intrigue tortueuse et retorse, à la tension immédiate, envahissante et oppressante, anxiogène et palpable.
Si j’ai éprouvé moins d’empathie dans cet opus, Maxime Chattam n’a pas manqué de me faire frissonner, palpiter, n’a pas manqué de faire monter l’angoisse en même temps que le suspense au fil des chapitres. Certains passages sont d’autant plus éprouvants et ahurissants qu’ils sont portés par une plume nerveuse et dangereusement immersive.
A l’instar de cette histoire, on retrouve un Joshua Brolin plus sombre, plus froid, plus abîmé depuis “L’âme du mal“, mais aussi plus impitoyable et déterminé que jamais. Il fait bon côtoyer Annabel O’Donnel à ses côtés pour mener cette enquête, souvent glauque et malaisante, absolument intense et captivante.
En bref, Maxime Chattam n’a pas ménagé ses efforts pour nous mettre à l’épreuve et nous confronter aux pires instincts de l’être humain… Après avoir dévoré cet deuxième titre, je m’en vais désormais me frotter aux “Maléfices“…