Chroniques 2026 \ L’autre moi de Franck Thilliez

Couverture rose pour roman noir et nuit blanche… Caleb Traskman a encore frappé : “L’autre moi” de Franck Thilliez, paru ce 28 avril 2026 aux éditions Fleuve Noir.

Le pitch : Ici, le cauchemar commence.
Longepin. Un endroit niché au cœur de la forêt de la Grande Chartreuse. Un site sur lequel militaires et civils travaillent à des projets classés secret-défense. Un cadre de vie d’exception, mais ultra-surveillé et régi par des règles étranges.
Sibylle vient d’arriver avec son compagnon, Erwann. Docteur en neurosciences, celui-ci a vu la possibilité d’intégrer cette communauté comme la chance de sa carrière. Comme un espoir, aussi, que là-bas des confrères parviennent à aider celle qu’il aime.
Car Sibylle, depuis l’accident qui a coûté la vie à son enfant et lui a valu une douloureuse reconstruction du visage, n’est plus la même. Elle souffre d’une amnésie post-traumatique et est sujette à des cauchemars aussi intenses que troublants, au point de ne plus toujours savoir distinguer le rêve de la réalité…

Fidèle à la plume de Franck Thilliez depuis de (très) nombreuses années pour avoir englouti la totalité ou presque de sa bibliographie, je ne loupe plus une seule de ses nouvelles parutions en librairie, et j’ai même la chance de pouvoir participer à ses soirées de lancement désormais : Ainsi “La Faille” m’a été présenté au Tribunal judiciaire d’Arras, puis “A retardement” au cœur de la Chapelle de l’hôpital de la Pitié Salpêtrière… Cette fois-ci, c’est au Grand Hôtel des Rêves que “L’autre moi” a démarré son aventure… “Ici, le cauchemar commence”, et il est dantesque quand il est signé Franck Thilliez, je peux vous l’assurer !

Bienvenue à Longepin, village scientifique ultra sécurité niché au cœur de la forêt de la Grande Chartreuse où les plus éminents spécialistes du pays travaillent sur des projets classés secret défense. Dès lors, l’ensemble du personnel y est soumis à une surveillance accrue et assidue… Un peu trop peut-être… C’est en tout cas ce que ressent Sybille, qui a suivi son compagnon Erwann, docteur en neurosciences. Amnésique et sujette à des crises de somnambulisme depuis un terrible accident de voiture qui a coûté la vie à son fils et lui a valu une lourde opération de reconstruction faciale, les rêves de Sybille ne cessent de l’alerter d’un danger si elle franchit les portes de ce petit coin de paradis aux allures de prison dorée… A moins que la réalité ne soit tout autre…
Ce qu’il y a de bien avec Franck Thilliez, c’est qu’on connaît ses thèmes de prédilection et son appétence certaine pour le domaine scientifique… Et pourtant, à chaque roman, il parvient à nous entourlouper comme jamais. C’est encore le cas avec “L’autre moi” qui s’inscrit directement dans la droite lignée de ses précédents titres, notamment “Rêver” ou “A retardement“, sans oublier la fameuse trilogie consacrée à Caleb Traskman… Tout en se révélant très différent.
En effet, s’il s’intéresse une nouvelle fois à la mémoire ainsi qu’à la frontière entre rêve et réalité, Franck Thilliez revisite ces thématiques pour le moins sensibles, sur lesquelles il s’est minutieusement documenté, au gré d’un huis clos à ciel ouvert dangereusement captivant pour nous offrir un thriller machiavélique et addictif, angoissant et palpitant, magistralement orchestré et d’une redoutable efficacité… Car nous-mêmes, on en vient à douter ! 
A travers deux histoires subtilement entremêlées, l’auteur nous présente Sybille Rostang, personnage abîmé auquel on a tôt fait de s’attacher, qui cherche à comprendre ce que son subconscient lui montre durant son sommeil, et un duo d’enquêteurs pas totalement inconnu pour peu qu’on ait connaisse également Caleb Traskman (pas d’inquiétude toutefois si tel n’est pas le cas, cet ouvrage se lit de façon tout à fait indépendante) : Vic et Vadim, qu’un quotidien de flic n’a pas non plus épargné. Autant de protagonistes fort bien croqués, mais aussi fort malmenés et manipulés par un auteur diabolique, à l’instar du lecteur qui suit leurs dangereuses péripéties.
Véritable personnage à part entière, le “village scientifique” de Longepin a de quoi faire flipper tant on s’y sent attiré et envoûté, happé et emporté… Pris au piège, à n’en point douter. Le tout est nimbé d’une atmosphère anxiogène, bigrement immersive, servi par une plume fluide, nerveuse et dynamique, un style vif, attrayant et trépidant, rythmé par des chapitres courts, qui accentuent une lecture déjà haletante… Pour une sorte de puzzle à double face dont on ne soupçonne pas le(s) dess(e)ins avant les dernières pages… Avant que Franck Thilliez, en implacable maître du jeu, ne daigne finalement mettre fin au suspense auquel il nous a soumis durant tout son roman pour nous expliquer l’effroyable vérité.

En bref, je vous laisse à présent entre les mains du Patron du polar français pour un thriller psychologique tout en tension et densité… Un one shot pour Vic et Vadim ? Peut-être pas… Faites de beaux rêves en tout cas !

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