Un thriller psychologique aussi redoutable que malaisant : “La mort en miroir” de Pétronille Rostagnat, paru le 19 mars 2026 aux éditions Belladone.
Le pitch : Lucie est persuadée d’avoir coché toutes les cases d’une vie réussie. Mère au foyer, femme d’un médecin légiste renommé, propriétaire d’une maison confortable près de Paris, elle enchaîne dîners mondains et vacances à l’étranger. Mais le jour où son mari, Bertrand, perd la mémoire à la suite d’un accident de voiture, tout bascule. Si la thèse d’une tentative de suicide est privilégiée, Lucie n’en croit rien et décide de mener elle-même l’enquête. Jusqu’au moment où la découverte d’un cadavre vient remettre en question toutes ses certitudes. Car ce cadavre ressemble trait pour trait à Bertrand. Qui est cet homme ? Que s’est-il passé le soir de l’accident ?
C’est en 2020 que j’ai découvert la plume de Pétronille Rostagnat. Elle publiait alors “Un jour tu paieras” et me surprenait au plus haut point par l’aspect psychologique de son intrigue avec le personnage de Maître Pauline Carel. Devenue experte en la matière au fil de ses romans, c’est avec un immense plaisir que je la retrouve cette année aux éditions Belladone pour ce nouvel ouvrage… Que j’ai loupé fin mars à PolarLens mais qui ne m’a pas échappé quinze jours plus tard aux Quais du Polar…
Et une fois encore, Pétronille Rostagnat nous offre un thriller magistralement orchestré à la dimension psychologique incroyable. En effet, l’accent n’est pas tant mis sur l’action que sur la tension… Et l’attention ! En résulte une intrigue saisissante et prenante, cernée d’une ambiance assez oppressante… Parce que, si l’on comprend assez aisément là où l’autrice nous emmène, il n’en demeure pas moins que le malaise nous gagne et le doute s’installe… Savons-nous vraiment à qui nous avons à faire entre ces pages ?
Et c’est là que l’autrice déploie tout son talent, à travers des personnages dont elle a minutieusement soigné le portrait, la psychologie, la personnalité… Bertrand et Lucie, notamment : Parce qu’on ne les apprécie pas particulièrement, parce qu’on ne les déteste pas non plus pour autant… Tout est dans la nuance, l’ambivalence… Et l’importance des apparences.
A partir de là, on perçoit que ce n’est pas nécessairement la vérité qui compte, mais plutôt la façon dont elle se révèle et la manière dont on s’en accommode (ou pas). Et c’est encore là que l’autrice nous démontre son impressionnante capacité à fouiller l’âme humaine et ses ambiguïtés, confrontant les personnages entre eux mais aussi avec eux-mêmes, poussant dès lors le lecteur à cette même introspection… Difficile de vous en dire plus au risque de divulgâcher, tout est-il que le piège fonctionne à merveille et se referme volontiers sur nous dès les premières pages et jusqu’au dénouement… Un dénouement qui m’a laissée un tantinet frustrée pour deux raisons : Mais de cela, j’en parlerai avec l’autrice à l’occasion !
Un dernier mot pour cette plume toujours aussi fluide, efficace et enivrante, ce style dynamique et attrayant pour une histoire captivante, pas trop vive mais sans aucun temps mort, qu’on lit de bout en bout sans discontinuer.
En bref, la vérité n’est jamais aussi simple que l’on croit, Pétronille Rostagnat nous le prouve encore une fois au gré de ce thriller psychologique machiavéliquement maîtrisé !