Chroniques 2026 \ Les Fantômes de San Diego d’Alain Decker

Quand derrière les masques se cachent des revenants : “Les Fantômes de San Diego” d’Alain Decker, paru le 13 mai 2026 aux éditions Plon.

Le pitch : San Diego, Californie, au cœur de l’automne.
Un collectionneur de voitures anciennes est retrouvé mort dans son garage du quartier huppé de La Jolla, écrasé sous la Ford Mustang 1967 qu’il réparait. Tout pourrait laisser croire à un banal accident domestique… Si ce n’est le visage du cadavre, dissimulé sous le masque du Fantôme de l’Opéra, la mythique comédie musicale pour laquelle la victime avait travaillé par le passé.
Le dossier est confié au lieutenant Elvis Cochran, de la brigade criminelle de San Diego, récemment réintégré dans ses fonctions après un long purgatoire professionnel. Aidé de Sue Baker, sa compagne journaliste, le couple devra faire face à une malédiction vieille d’un siècle avec, en toile de fond, une série de meurtres aussi mystérieux que fascinants : des crimes qui semblent n’avoir qu’un seul et unique dénominateur commun, profondément enfoui dans les strates du temps.
De la Californie à Las Vegas en passant par Paris, Elvis Cochran et Sue Baker découvriront que, si certaines légendes ne meurent jamais, d’autres peuvent tuer…

Il y a trois ans, quasiment jour pour jour, je vous présentais “Jours de Ténèbres” après avoir fait la connaissance d’Alain Decker, mais aussi d’Elvis Cochran et Sue Baker par la même occasion. Lauréat du Grand Prix des Enquêteurs 2023, je m’étais procurée ce premier ouvrage, griffé d’une charmante dédicace, au salon du polar de Gujan Mestras… Depuis j’attendais le retour de l’auteur en librairie avec, je dois bien l’avouer, celui de ses acolytes de papier dont je souhaitais des nouvelles : Mon vœu a été exaucé cette année, j’ai même eu la chance et le plaisir d’en échanger avec l’auteur à l’occasion d’une table ronde au salon de la Cigogne Noire à Moult Chicheboville le mois dernier… Ne me reste plus qu’à vous en parler !

Ainsi, et après l’éprouvante traque de Fog, le Lieutenant Cochran reprend du service à la Brigade criminelle de San Diego. S’il n’est pas indispensable d’avoir lu le précédent titre pour mener à bien cette nouvelle enquête, il me paraît toujours plus pertinent de connaître l’histoire des personnages pour en comprendre l’évolution… Et de toute façon, les quelques allusions disséminées dans le roman vous donnerons forcément l’envie de remonter dans le temps !
Mais revenons-en à notre Lieutenant : Pour lui permettre de réintégrer ses fonctions tout en douceur, son supérieur lui confie une affaire vieille de deux ans, concernant un homme écrasé sous la voiture de collection qu’il était en train de réparer… Un triste sort qu’on aurait pu rapidement classer comme accident sans la présence du masque du Fantôme de l’Opéra sur le visage de la victime… Mais à peine notre policier se plonge-t-il dans le dossier que le cold case s’enflamme, que le Fantôme se réveille et que les cadavres s’empilent… Nous voici dès lors pris au piège d’une intrigue diablement prenante et remarquablement orchestrée, menée à un rythme soutenu dans un cadre redoutablement retranscrit, d’un tel réalisme qu’on s’y croirait, rendant notre lecture bigrement immersive.
Fort de son travail de recherche et de documentation, mais aussi de ses nombreux voyages, ce globe-trotter du polar nous balade ainsi dans le temps comme dans l’espace (mais pas seulement) dans les traces du Fantômes de l’Opéra et des légendes qui l’entourent. C’est tout à la fois prenant et trépidant, enrichissant, presque même envoûtant. Portée par des personnages toujours plus étoffés, qu’on est ravi de retrouver, mais aussi par une plume fluide et très visuelle, un style vif et efficace, la lecture n’en est que plus palpitante, dépaysante et divertissante.

En bref, force est de constater que l’auteur aime à manipuler et malmener ses protagonistes comme ses lecteurs… Mais voilà qui tombe bien, parce qu’on apprécie l’expérience, et on en redemande !

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