Un troisième opus irradiant : “Le cas Jack Spark – Saison 3 : Hiver nucléaire” de Victor Dixen, initialement paru le 24 février 2011 aux éditions Jean-Claude Gawsewitch puis le 15 janvier 2015 aux éditions Gallimard Jeunesse dans la collection Pôle Fiction.
Le pitch : La fin du monde est arrivée : le ciel n’est plus qu’un immense nuage de cendres, la planète un désert gelé. Alors que les envahisseurs ont résolu d’exterminer jusqu’au dernier survivant, Jack n’a qu’un but : unir la résistance. Pour y parvenir, devra-t-il sacrifier son amour pour Sinead et tout ce qui reste d’humain en lui ?
Si mon rythme de lecture s’est trouvé considérablement réduit cette année pour diverses difficultés rencontrées dans ma vie personnelle et professionnelle, c’est aussi volontairement que j’ai ralenti mon exploration du “cas” Victor Dixen… En effet mes Bookinautes adorés, j’ai littéralement englouti l’entière bibliographie de cet auteur (soit déjà 21 titres) depuis juillet dernier : Ne me restait plus que le dernier opus de Jack Spark et quelques BD à bouquiner en débutant l’ouvrage dont je m’apprête à vous parler… Oui, mais après ? Et bien après, précisément en avril et mai, “Les Mystères d’Eversand” m’attendent désormais, je l’ai appris cette semaine : Voilà de quoi me rebooster après avoir affronté la fin du monde et l’Hiver nucléaire !
S’il me semble vous l’avoir déjà signalé s’agissant de ce romancier, force est de constater que ce troisième tome nous offre la parfaite démonstration de son imaginaire sans limite et de son inspiration sans borne. Conjugués à son incroyable talent, nous voici ainsi plongés, non pas dans un simple bouquin mais bien plutôt dans une sorte de vaste fresque-monde littéraire, habile mélange des genres mais aussi des contes, légendes et mythologies qui nous fait vibrer de Miami jusqu’à l’Etna en passant par Paris et Tolède pour une récit oscillant habilement entre aventure et jeunesse, entre anticipation et science-fiction, avec un zeste d’horreur et beaucoup d’action, avec un soupçon d’amour et moult émotions, avec un pincée de mystère et un insoutenable suspense.
Sans trop en dire, la fin du monde est arrivée. Nous reprenons peu de temps après les évènements qui nous ont sidérés dans le tome 2 et dans le brouillard le plus complet : Déjà parce que c’est une nuit éternelle et glaciale qui nous sert de décor, peu importe où on se trouve sur la planète, mais aussi parce que nous ne savons pas qui est devenu quoi suite au cataclysme. C’est dans cette ambiance post-apocalyptique parfaitement retranscrite que Victor Dixen déroule son intrigue dont il maîtrise tous les angles, tous les contours, tous les aspects avec une redoutable efficacité. Alternant judicieusement les points de vue, nous retrouvons peu à peu nos personnages pour mieux trembler, frissonner, vibrer à leurs côtés tandis qu’on les voit évoluer. C’est évidemment le cas de Jack Spark qui, tout en restant sur le devant de la scène, fait également la part belle à ses acolytes, qu’ils soient amis ou ennemis. Dès lors beaucoup se révèlent et se découvrent, se dépassent et se surpassent, c’est d’autant plus fascinant et touchant de les accompagner. Mais à travers eux, et au gré de bien des rebondissements, l’auteur en profite pour évoquer le sens du sacrifice et la complexité des jeux de pouvoirs, pour rappeler que l’union fait la force, que seul on va plus vite mais ensemble, on va plus loin, mais aussi que les vrais monstres ne sont pas toujours ceux que l’on croit et qu’il n’est jamais trop tard pour changer : On n’est responsable que de ses choix. En résulte une intrigue particulièrement dense et intense, pensée et élaborée, mûrie et réfléchie, prenante et émouvante, vive et addictive.
Car nous voici face à un joli pavé… Qu’il est pourtant facile de dévorer. Les chapitres sont équilibrés, portés par une plume fluide, attrayante et distrayante, un style dynamique et entraînant, tant et si bien que c’est long sans qu’on n’éprouve la moindre longueur, qu’on enchaîne les chapitres tout en prenant le temps d’en intégrer chaque information, chaque élément. A l’arrivée du mot “FIN”, je me suis trouvée un tantinet frustrée… Moins parce que je n’avais pas la réponse à toutes mes questions, que parce qu’il me contraignait à quitter un univers dans lequel j’ai tant “vécu”… Mais ça tombe bien, il me reste encore le “Printemps Humain” pour faire le tour des quatre saisons !
En bref, Victor Dixen n’épargne rien ni personne… Pas même son lecteur avec ce troisième livre aussi saisissant que passionnant… Reste à voir ce qui nous attend à présent !