Mes petits Bookinautes adorés, c’est une chronique un peu particulière que je m’apprête à vous livrer… Pas tant parce qu’il y sera question d’une série de mangas car ce n’est pas la première fois, mais plutôt pour son “écho sentimental”, si je puis m’exprimer ainsi. C’est en effet un collègue et ami qui m’a fait découvrir la saga “Demon Slayer“. La lecture était, semble-t-il, un de nos points communs, mon blog nous avait permis d’en discuter, d’abord de romans puis de tout ce qui peut se bouquiner. Il avait été surpris d’apprendre que je lisais aussi des mangas, de temps à autre. Je lui avais parlé de “Death Note“, il m’avait parlé de “Demon Slayer“. Depuis l’ami n’est plus : Je vous rassure, il est toujours en vie, seulement voilà qu’il s’est mis à me pourrir la mienne (de vie). J’ai depuis appris qu’il m’avait beaucoup menti, et notamment qu’il n’avait jamais été lecteur… Pas même de “Demon Slayer” puisqu’il n’en a vu que la série et les films (dont j’ignore tout moi-même). Fallait-il alors condamner ce manga sur l’autel de l’amitié sacrifiée par un être sans cœur ni principes ? Je ne vois pas les choses ainsi et j’ai vraiment beaucoup aimé me plonger dans cette folle aventure. Alors à défaut d’avoir trouvé un véritable ami, fiable et sincère, j’ai au moins lu une belle histoire : Pour ça, au moins pour ça, je reste fidèle à ma loyauté comme à mes valeurs et je l’en remercie. Et un peu comme une catharsis, c’est avec un plaisir teinté de mélancolie que je souhaite aujourd’hui vous en parler…
Avec ses 23 tomes, “Demon Slayer” de Koyoharu Gotouge est, à ce jour, la plus longue série de mangas dans laquelle je me suis plongée… Et assez rapidement, avec une étonnante facilité, je dois bien vous l’avouer. J’y ai rencontré Tanjiro Kamado, fils d’un défunt père adoré, unique représentant masculin au sein d’une famille modeste, mais heureuse malgré tout, se contentant du bonheur de vivre ensemble. Il vend du charbon de bois dans les villages alentours, mais il ne fait pas bon traîner dehors à la nuit tombée : Car les démons rôdent et pourraient bien vous massacrer. C’est le drame qui frappe ainsi le jeune Tanjiro au retour d’une tournée. A cette odieuse attaque, n’a “survécu” que sa sœur Nezuko. La malheureuse a elle-même été transformée en démon, pourtant subsistent en elle d’infimes émotions humaines l’empêchant de s’en prendre à ceux qui furent ses semblables. Prêt à tout pour extirper sa sœur de cette affreuse malédiction, Tanjiro Kamado va intégrer le cercle des Pourfendeurs de démons pour annihiler leur père et plus puissant d’entre eux : Muzan Kibutsuji.
Si j’ai d’abord craint de m’ennuyer, force est de constater qu’il n’en a jamais été question. On pourrait assimiler cette grande histoire à une vaste fresque composée de plusieurs tableaux, eux-mêmes divisés en plusieurs pièces : Nos tomes ! Une scène peut donc se dérouler sur plusieurs ouvrages, sans pour autant nous faire éprouver la moindre longueur, la moindre langueur, la moindre lenteur. Bien au contraire : L’action y est omniprésente et se conjugue remarquablement à l’émotion qui se dégage des personnages, qu’il soient pourfendeurs ou démons, puisqu’on apprend le passé de chacun au fil des combats qui les opposent.
Je ne vais pas vous mentir, les personnages sont nombreux, aussi ai-je d’abord galéré à les identifier… Pour finalement me fondre parmi eux. Tous ne m’ont pas forcément touchée, toutefois j’ai pu m’émouvoir de ce qui les a conduits à devenir ce qu’ils nous montrent au fil des pages. Parce que les démons n’en ont pas toujours été, que la vie ne les a pas épargnés et que Muzan a su les asservir en exploitant leurs faiblesses. Parce que les pourfendeurs ne sont que des femmes et des hommes, qu’ils ont également des failles et des blessures mais qu’ils ont su s’en accommoder, s’en servir pour revenir plus valeureux, prêts à se sacrifier pour ce qu’ils estiment juste.
Ainsi ai-je trouvé que ce manga portait de nobles messages. Il n’y est pas seulement question de combats, il est aussi question de respect et de tolérance, d’entraide et de solidarité, de pardon et de résilience, de justice et d’humanité. S’il est impossible de vous parler de tous les protagonistes, je mentionnerai ceux auxquels je me suis profondément attachée au fil des pages : Tanjiro et Nezuko, bien évidemment, mais aussi les pourfendeurs Genya et Inosuke, sans oublier les piliers Kyojuro Rengoku, Giyu Tomioka et Muichiro Tokito.
23 tomes peuvent vous paraître une montagne à gravir… Pourtant je vous assure que ce n’est pas tant dans l’univers manga, et que quelques ouvrages supplémentaires ne m’auraient d’ailleurs pas dérangée, bien au contraire. En effet, il ne me semble pas avoir eu la réponse à toutes mes questions, ou alors elles m’ont échappée (ce qui n’est pas impossible, puisque ce n’est pas le genre auquel je suis le plus habituée). En outre, et aussi surprenant que cela puisse paraître, l’auteur est parvenu à me tenir en haleine sur plusieurs bouquins pour une même scène, au point de me mettre sous tension et d’éprouver le furieux besoin de continuer, d’enchaîner, les dessins, les pages, les chapitres et les livres afin de savoir qui allait remporter cette bataille et ce qui allait advenir de “mes” protégés. Vous n’avez pas idée à quel point j’ai vibré, tremblé, trépigné durant la “scène finale”.
Les textes ne sont pas si nombreux… Mais davantage n’était pas nécessaire. Si je ne suis pas franchement la mieux placée pour en parler, c’est incontestablement aux illustrations qu’il faut s’intéresser. Parce qu’elles suffisent parfois à elles-mêmes. Parce qu’on n’en perçoit pas toujours tous les détails au regard de leur complexité, mais que cette complexité traduit parfaitement le propos suggéré. Parce qu’elles sont belles, parce qu’elles transcendent, parce qu’elles expriment à elles seules ce qu’a voulu nous raconter l’auteur. Parce qu’elles touchent, parce qu’elles soufflent, parce qu’on en garde certaines en mémoire, sans savoir l’expliquer.
En bref, c’est avec une certaine tristesse que j’ai tourné la dernière page du tome 23. Je me suis sentie abandonnée, orpheline, navrée de quitter tous ces protagonistes qui m’ont accompagnée sur environ une année. Parce qu’à l’instar de l’amitié peut-être, il m’a été difficile de rompre le lien… Surtout qu’il semblerait que d’autres “séries dérivées” soient nées de cet univers. J’ai d’autres mangas, d’autres lectures dans lesquelles m’embarquer, mais il est fort probable que j’y retournerai, parce que la compagnie de ces petits êtres de papier me manque déjà… Je ne pense pas non plus avoir su en appréhender tous les tenants et aboutissants, alors si vous en savez plus sur la série “Demon Slayer“, n’hésitez pas à venir m’en parler, je serai ravie d’en apprendre toujours plus à son sujet !