Chroniques 2026 \ Les larmes noires des cigognes de Stéphane Schmucker

Du travail d’orfèvre pour un essai transformé : “Les larmes noires des cigognes” de Stéphane Schmucker, paru le 07 novembre 2024 aux éditions Prisma.

Le pitch : En 2003, une terrible affaire de meurtres avait secoué l’Alsace. L’enquête du capitaine Éric Breuil avait abouti à l’arrestation de l’assassin, mais le kidnapping de sa fille, Charlotte, ensuite retrouvée saine et sauve dans la forêt, avait bouleversé la vie de sa famille.
Vingt ans plus tard, alors qu’il avait réussi à surmonter ce traumatisme, les fantômes du passé refont surface. La découverte macabre de mains amputées au domicile de Charlotte le replonge dans l’affaire sanglante et bien trop similaire de la « tueuse des mutilées ».
Et quand Charlotte disparaît à nouveau, Breuil va devoir remettre en question tout ce qu’il savait, au risque de déterrer des secrets profondément enfouis…
À qui faire confiance quand chacun nous paraît coupable ?

Ce n’est pas la fréquence de publication qui compte, mais bien la qualité. Ce n’est pas non plus la rapidité de lecture qui compte, mais bien le plaisir qu’on y prend. En témoigne la relation littéraire que j’entretiens avec Stéphane Schmucker depuis son entrée dans le monde de l’édition. C’était en 2021, il publiait alors “L’ombre du funambule“, un premier roman que je me procurais peu ou prou dès sa sortie… Avant de traîner dans ma PAL jusqu’à un mail de son auteur, m’en proposant la lecture… Une très bonne lecture au demeurant, aussi je savais que je serais au rendez-vous pour le titre suivant : En retard, comme toujours, mais bien présente ! Paru en novembre 2024, je n’ai finalement recroisé l’auteur sur un salon qu’un an plus tard, en octobre dernier à Mulhouse, au Festival sans nom… Il m’aura encore fallu quelques mois de plus pour le bouquiner… Et ENFIN vous en parler !

Pour son retour en librairie, Stéphane Schmucker nous tisse une intrigue captivante à double temporalité, qui nous happe sans délai et retient toute notre attention jusqu’à la dernière page tournée. Et je n’ai pas employé le terme “tisser” au hasard puisque chaque détail de ce récit compte et semble avoir été minutieusement pensé et choisi, tous imbriqués les uns dans les autres avec la précision d’un horloger… Ou d’une araignée ! ^^
2022, une série de sinistres évènements fait remonter à la surface une enquête vieille de 20 ans, certes résolue mais qui avait considérablement ébranlé le Capitaine Eric Breuil et toute sa famille. Dès lors, l’auteur alterne judicieusement entre présent et passé, l’un faisant écho à l’autre pour mieux nous révéler la vérité… Une vérité absolument insoupçonnable et insoupçonnée avant le dénouement de ce roman, tant l’auteur s’avère bigrement retors et machiavélique, son récit, complexe et redoutablement bien ficelé, nous baladant de fausses pistes en révélations et autres rebondissements pour mieux nous manipuler et nous laisser pantois une fois une fois le point final arrivé.
Parce que Stéphane Schmucker sait y faire pour nous tenir en haleine sans nous laisser le moindre temps mort… Tout en prenant son temps, ayant trouvé le parfait équilibre au moyen d’une tension latente mais prégnante, qui grimpe sournoisement mais sûrement, indéniablement. La dimension psychologique est puissante, les personnages construits et étoffés en conséquence, suscitant autant d’empathie que de méfiance, aussi malmenés que leurs lecteurs : à la fois complices et témoins entre ces pages qu’on fait défiler sous le coup d’une écriture fluide et dynamique, attrayante et soignée.

En bref, il ne faut jamais sous-estimer le poids des secrets qui finissent toujours par remonter : Stéphane Schmucker nous en fait une remarquable démonstration à travers ce thriller psychologique haletant que j’ai dévoré !

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