Forever Young : “Il faudrait leur dire” de Carène Ponte, paru le 02 avril 2026 chez Fleuve éditions.
Le pitch : Six amis viennent d’avoir leur bac. Lors de leur dernière soirée ensemble, ils se font la promesse de se revoir, quoiqu’il arrive, tous les cinq ans. Ils vont tenir cette promesse, mais rien ne sera simple, parce que la vie ne l’est pas… Une histoire d’amitié à l’épreuve du temps et de la vie.
En magicienne des mots, Carène Ponte possède le pouvoir de toujours trouver les bon mots pour écrire le roman qu’il me faut, pile au moment où j’en ai le plus besoin. Sans citer son entière bibliographie, ce fut tout particulièrement le cas avec “D’ici là, porte-toi bien” il y a quelques années, mais la situation se répète aujourd’hui avec ce nouvel ouvrage, tout récemment débarqué en librairie… Un livre auquel je vouais déjà une certaine affection, et ce avant même de l’avoir lu, puisque j’avais apporté mon gravillon à l’édifice littéraire… Mais si j’étais déjà ravie de l’avoir fait, j’en ai été d’autant plus émue en découvrant mon nom, tant dans le livre lui-même que dans les remerciements : Carène, sache que c’est moi qui te suis reconnaissante pour ta confiance… Et tes mots, encore et toujours ! A présent, c’est à moi de me montrer à la hauteur avec ma chronique… Et c’est là que l’exercice se complique : Parce que ce roman est une pépite !
A travers cette intrigue foncièrement sensible et d’une profonde sincérité, Carène Ponte nous raconte une bande d’amis sur trois décennies. En effet nous rencontrons Florence, Ludivine, Julie, Anthony, Alexandre et Adrien alors qu’ils sont fraichement bacheliers. Ils sont jeunes, innocents et insouciants, débordent d’envies, de rêves et de projets… Ils ont la vie devant eux et leur avenir tout entier à tracer… Ils savent que leurs chemins vont se séparer mais ne veulent pas renoncer à cette solide amitié qui les lie : Aussi se font-ils la promesse de se retrouver à l’Annexe tous les cinq, au nom de Patrick Bruel !
A part de là, Carène Ponte nous déroule une vaste fresque d’une bouleversante justesse. Parce que ça pourrait être vous, moi, nous… Parce qu’on peut véritablement s’identifier en chacun de ces personnages si bien croqués, dotés d’un vrai supplément d’âme, auxquels on a tôt fait de s’attacher. Parce qu’ils sortent à peine de l’adolescence, sont pleins d’entrain et de naïveté, parce qu’avec l’âge adulte viennent les choix, les aléas de la vie et les épreuves du temps qui passe… Les études, la carrière… La vie de couple, les enfants… Les joies et les peines, les réussites et les désillusions… Et l’amitié dans tout ça ?
Et bien c’est un bel hommage que rend l’autrice à l’amitié. Au gré d’une histoire faussement légère, elle en éprouve la solidité, la fiabilité, la solidarité. Au gré d’une histoire faussement légère, elle en profite aussi pour aborder des thématiques douloureuses, difficiles, terriblement d’actualité… Pour une lecture d’autant plus touchante qu’elle s’avère bigrement réaliste et ne pourra que résonner en chacun de nous… Nous invitant même à une certaine introspection sur notre propre existence, nous poussant même à un élan de nostalgie sur nos jeunes (et moins jeunes) années et les amis qui les ont accompagnées… Moi-même, qui m’identifie beaucoup à Julie et Ludivine sur certains aspects, j’aurais bien aimé pouvoir compter sur cette même bande que je n’ai jamais eue… Et que j’ai quittée avec beaucoup de regrets…
C’est une lecture d’autant plus vivante, vibrante et pleine d’émotions qu’elle est servie par une plume fluide, douce et délicate, un style sans doute moins drôle qu’à l’accoutumée, mais toujours aussi attrayant, distrayant et gorgé de bienveillance… Parce que la vie n’est pas un long fleuve tranquille, elle est parfois moche, injuste, triste, cruelle… Mais elle vaut la peine d’être vécue.
En bref et encore une fois, l’autrice nous offre un roman résolument beau et lumineux, qui rappelle qu’on n’est riches que de ses amis… Et de Carène Ponte : C’est dit !