Aux quatre coins du Nord qu’on va les retrouver, éparpillées, par petits bouts, façon puzzle. Moi, quand on m’en fait trop, je correctionne plus, je dynamite, je disperse, je ventile : “Puzzle macabre” de Nadine Mousselet, publié ce 07 mai 2026 aux éditions XO.
Le pitch : Dans un bois, près de Lille, un chasseur bute sur une jambe de femme portant un bas résille et un escarpin. Dans le même temps, un bras est découvert dans les poubelles d’une rue de la capitale du Nord. Puis une tête, ne “matchant” pas avec le bras et la jambe, est récupérée dans le canal de Furnes, à la frontière franco-belge.
Devant un tel carnage, les légistes font appel à la psycho-criminologue Laura Claes, dont le flair et le sens de l’observation impressionnent. Pour elle, pas de doute, des pièges sont tendus par un tueur froid et organisé.
Mais quelles sont ses motivations ? Là est la clé de l’enquête. Le temps est compté, le tueur s’emballe. Il n’hésite plus à provoquer Laura, qui a su le cerner. Qui sera le vainqueur de ce jeu macabre ?
Quel bonheur de retrouver enfin Nadine Mousselet en librairie cette année ! Souvenez-vous : C’est un peu par hasard que j’ai découvert la plume de cette adorable romancière l’an dernier. Elle publiait “Meurtres cousus main“, le dernier ouvrage d’une longue série dont je n’avais pas encore entendu parler… Je parcourais alors Le Havre, sur les traces d’un sinistre meurtrier, aux côtés de la psycho-criminologue Laura Claes et de ses acolytes gendarme et policier, Bricart et Jumet… Le coup de cœur fut entier, complet : Pour l’autrice, ses personnages, sa plume, son intrigue. Dès lors, j’ai voulu remonter le temps et reprendre le fil des aventures de ce trio de choc, ce que j’ai pu initier grâce aux éditions Pocket qui ont déjà réédité six précédents titres… Seulement voilà, même en me limitant à un bouquin par mois… Je suis en cale sèche depuis le début de l’année ! Et puis “Puzzle macabre” est arrivé, très gentiment dédicacé dans ma boîte aux lettres – j’en profite pour remercier chaleureusement Nadine Mousselet et les éditions XO pour cette bien jolie surprise ! – : Tout en sachant que “Tuer le mal à la racine” paraît dans le même temps aux éditions Pocket,, avant deux autres livres prévus en juillet, j’ai foncé rejoindre mes coéquipiers pour cette nouvelle affaire !
Une fois n’est pas coutume (pour l’instant), Nadine Mousselet s’est éloignée de sa Normandie d’adoption pour rallier le Nord de la France et sa Belgique natale afin d’y semer quelques morceaux de cadavres et nous lancer dans une intrigue plus sombre et retorse que jamais ! Une jambe, un bras, une tête pour commencer… Mais c’est une version sanglante de Madame Patate que nous propose l’autrice : Car nul doute que les victimes ont subi l’horreur avant leur trépas sous le joug de ce bourreau qui ne laisse que trop peu d’indices pour mener la traque… Mais c’est sans compter le talent de notre psycho-criminologue hors pair et d’une équipe élargie pour l’épauler !
Passée maîtresse dans l’art du roman policier, Nadine Mousselet n’en sort pas moins de sa zone de confort pour nous entraîner en dehors de son terrain de jeu habituel, de part et d’autre de la frontière franco-belge… Qu’elle a précisément cartographiée : parce qu’on ne change pas toues ses bonnes habitudes, faut pas déconner ! Ainsi l’autrice nous plonge au cœur d’une enquête si minutieusement construite qu’elle s’en révèle redoutablement immersive : A l’instar de nos protagonistes, nous nous joignons au groupe sans rechigner et menons les investigations sans ménager nos efforts pour mettre ce malfrat hors d’état de nuire le plus rapidement possible. Un groupement plus conséquent qu’à l’accoutumée, puisque franco-belge aussi… Et pour autant, on a tôt fait d’identifier les petits nouveaux tandis qu’on est ravi de retrouver nos vieilles connaissances qui ne cessent de s’étoffer.
En dépit peut-être de quelques petites longueurs et l’emploi parfois de termes un tantinet désuets, l’intrigue se révèle trop bien orchestrée, trop bien manigancée, pensée de bout en bout pour qu’on puisse s’arrêter à ces détails. Parce que l’autrice sait y faire pour nous embarquer sur le terrain et nous tenir en haleine, pour nous rendre addict à sa lecture, farouchement déterminés que nous sommes à résoudre cette affaire tandis qu’elle nous emporte de sa plume fluide, élégante et soignée, son style attrayant et dynamique, pour un dossier bien tordu mais bien ficelé. Et si les personnages étaient, cette fois-ci, trop nombreux pour véritablement occuper le devant le scène, ce n’est que pour mieux mettre en avant le travail d’équipe et rendre ainsi ce polar encore plus réaliste.
En bref, je persiste et signe : Je suis enchantée d’avoir retrouvé Nadine Mousselet… Et comme j’aime bien garder le rythme et faire durer le plaisir, je me garde “Tuer le mal à la racine” pour juin, en prévision des deux ouvrages qui combleront mon été !