Chroniques 2026 \ La douceur de ses griffes de Rosalie Lowie

Coup de cœur par KO : “La douceur de ses griffes” de Rosalie Lowie, paru le 14 novembre 2025 aux éditions L’Oiseau noir.

Le pitch : Zoé Rousseau, journaliste sous couverture, infiltre L’Entre-Soi, un centre de formation ésotérique aux méthodes douteuses. Endoctrinement, isolement : un piège parfait pour les âmes brisées.
À quelques kilomètres de là, Marcus Kubiak, son compagnon, suit une piste sanglante : une jeune femme assassinée, un suspect en fuite, puis deux autres corps dévoilant une affaire plus sombre encore. À mesure qu’il approche de la vérité, Marcus comprend que Zoé n’est plus une infiltrée : elle est devenue une proie.
Bientôt, il ne sera plus question d’enquête. Seulement de survie.

Simple impression ou stricte réalité : Il me semble n’avoir pas lu Rosalie Lowie depuis une éternité ! Je m’étais pourtant procurée ce dernier opus des aventures du duo formé par Marcus Kubiak et Zoé Rousseau en mars dernier à l’occasion du salon PolarLens… Seulement le temps m’a filé entre les doigts, encore une fois ! Puis les choses se sont précipitées au début de l’été, lorsqu’on m’a demandé d’animer une table ronde consacrée au polar jeunesse lors du Polartifice, organisé au Touquet les 13 et 14 juillet, en compagnie notamment de cette charmante autrice… J’ai donc rencontré la jeune Joanne et ses cousins belges Victor et Loulou, ensemble nous avons vécu bien des péripéties… Dont nous parlerons plus tard : Parce que j’en ai profité pour me rattraper en littérature adulte, et aujourd’hui je vous parle de “La douceur de ses griffes“…

Et vous dire que cet ouvrage m’a terrassée relève de l’euphémisme, raison pour laquelle j’ai tant de mal à le chroniquer, intimement persuadée que mes mots ne seront pas à la hauteur de mon ressenti.
Rosalie Lowie nous offre en effet un excellent roman choral, dans lequel nous retrouvons Zoé Rousseau d’une part, journaliste investie qui se lance dans sa première infiltration afin de mettre à jour les exactions d’un centre de formation bien être à la réputation douteuse, et Marcus Kubiak d’autre part, enquêteur en charge d’une affaire de meurtre aussi sordide que complexe qui ne fait que commencer. A ces voix s’ajoute celle, plus mystérieuse, plus douloureuse d’une personne dont nous partageons le calvaire de sa séquestration…
Et c’est ainsi qu’on se retrouve pris au piège d’un véritable engrenage littéraire, un thriller psychologique terriblement immersif qui happe et qui frappe, au cœur et à l’âme, tant chaque émotion nous éprouve, nous ébranle avec une force incroyable. Certains passages sont effroyables et nous foudroient mais s’avèrent pourtant nécessaires au déroulement de cette intrigue machiavélique comme à l’appréciation de chaque protagoniste.
Parce que l’autrice n’épargne rien ni personne, pas même ses lecteurs, encore moins ses héros. Tout en tissant patiemment sa toile pleine de rebondissements pour nous tenir en haleine et nous maintenir sous tension d’un bout à l’autre du roman, Rosalie Lowie affute et affine la personnalité de ses êtres de papier, suscitant chez nous moult sentiments à leur égard, incapables que l’on est de rester indifférents à ce qu’on lit, à ce que l’on vit à leurs côtés. Une mention toute particulière pour Zoé, dont je salue le courage et la résilience, la capacité de résistance et la force de caractère (mais je n’en dirai pas plus à son sujet).
Ainsi l’autrice nous livre un polar diablement sombre mais résolument captivant, dans lequel elle aborde avec une sidérante justesse des thématiques particulièrement difficiles et tristement actuelles, d’une plume qui me semble plus mature qu’auparavant, en tout cas prenante et percutante, un style efficace, vif et incisif, pour un récit qui nous marque durablement.

En bref et au risque de me répéter, cette lecture m’a fait l’effet d’un uppercut par sa dimension émotionnelle qui m’a bouleversée… C’est sans aucun doute mon titre préféré de l’autrice et, chère Rosalie, il faudra que nous reparlions de Marcus, et plus encore de Zoé

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