Chroniques 2026 \ La Nuit de l’Ours d’Alexandra Julhiet

Bienvenue dans les Pyrénées… Ou pas : “La Nuit de l’Ours” d’Alexandra Julhiet, initialement paru le 07 mai 2025 aux éditions Calmann Levy et désormais disponible au Livre de Poche.

Le pitch : Quand Angèle, 39 ans, se réveille en sursaut après s’être endormie dans sa baignoire, elle découvre deux mots tracés dans la buée de son miroir : « Va crever ». Quelqu’un l’a attendue chez elle pour la menacer. Qui ? Et pourquoi ?
Terrifiée, perdue, Angèle accepte de partir quelque temps avec son père, ancien psychiatre affaibli par l’âge, dans le village des Pyrénées où elle a passé sa petite enfance. Là-bas, c’est bientôt la fête de l’Ours : une semaine de célébrations traditionnelles qui s’achève par une longue nuit où les jeunes hommes, enduits de suie et vêtus de peaux de bêtes, deviennent à la fois chasseurs et chassés…
Malgré le paysage grandiose de ces montagnes préservées, Angèle sent grandir autour d’elle une ambiance sourdement hostile. Comment est-il possible que personne ici ne se souvienne d’elle ? Que cache cette chambre fermée à clé dans la maison de son père ? Le vieil homme fait-il semblant d’avoir perdu la mémoire ? En cherchant à obtenir des réponses, Angèle va découvrir qu’il est parfois extrêmement dangereux de déchirer le voile du mensonge…

C’est un peu par hasard que je découvrais la plume d’Alexandra Julhiet, il y a maintenant deux ans. De mémoire, j’étais en congés et le titre de son roman m’avait intriguée : “Car un jour de vengeance“, voilà qui promet ! Le texte étant tout aussi prometteur, c’est donc sans hésiter que je me suis ensuite procurée ce deuxième ouvrage… Qui a toutefois traîné dans ma PAL, véritable puits sans fond de ma passion littéraire… Mais l’avantage avec les bouquins, c’est qu’ils n’ont pas de date limite de consommation : Dès lors, c’est avec retard, mais surtout avec plaisir et curiosité, que j’ai participé à “La Nuit de l’Ours“…

S’il semblerait que l’autrice ait des thèmes de prédilection, elle sait s’en emparer, se les approprier, pour mieux se renouveler au gré d’une intrigue très différente de la précédente, mais tout aussi prenante et palpitante.
Suscitant sans délai notre intérêt, Alexandra Julhiet nous entraîne ainsi à la rencontre d’Angèle qui, à l’aube de ses 40 ans et au lendemain d’un évènement pour le moins inquiétant (je n’ai pas envie de vous en dire autant que le résumé), retrouve son père, ancien psychiatre à la mémoire défaillante, pour souffler quelques jours dans un village au cœur des Pyrénées où elle a passé son enfance… Sauf que ses souvenirs ne la resituent pas, les habitants non plus… D’autres éléments pour le moins étranges viennent également bousculer ses certitudes… Et les nôtres avec !
Tout en nous cernant d’une atmosphère redoutablement lugubre et oppressante, pour ne pas dire hostile, l’autrice nous entraîne au cœur d’une intrigue plus complexe qu’il n’y paraît, judicieusement construite (notamment) autour de la mémoire et des souvenirs, des secrets et du poids du passé, distillant juste ce qu’il faut d’informations pour instiller le doute dans notre esprit, à l’égard de tout… Et de tous !
Si je n’ai pas vraiment su m’attacher aux personnages, force est de constater que ceux-ci ne manquent pas d’étoffe et de personnalité… A l’instar de ce village niché au cœur des montagnes et qui constitue bien plus qu’un décor, presque un personnage à part entière… Des plus fascinants d’ailleurs ! L’autrice se joue donc de nous comme de ses protagonistes, le tout à un rythme assez soutenu, mais sans aller trop vite non plus : Juste ce qu’il faut pour nous mettre sous tension, nous faire ressentir le danger qui rôde au détour de chaque page, nous tenant en haleine de la première à la dernière ligne de sa plume fluide, élégante et efficace.

En bref, Alexandra Julhiet persiste et signe avec ce captivant thriller psychologique : C’est une autrice qui n’a pas son pareil pour nous manipuler !

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