Chroniques 2026 \ More Majorum de Y.C. Le Roy

Un polar au cœur du réel : “More Majorum” de Y.C. Le Roy, paru le 31 mars 2025 aux éditions Héraclès.

Le pitch : Paris, 1994. Lieutenant à la 2e Division de Police Judiciaire, Pavel Sikorsky pensait avoir tout vu. Ancien légionnaire, marqué par la violence du désert djiboutien, il traîne son regard acéré sur une capitale en mutation, entre trafics, règlements de comptes et destins brisés. Quand un galeriste est retrouvé mort dans son appartement de Montmartre, la Crim’ s’empare de l’affaire. Meurtre crapuleux ou exécution ciblée ? Les bas-fonds parisiens recèlent leurs codes et leurs silences, mais Sikorsky a appris à écouter ceux que l’on n’entend pas. Dans ce monde où la violence dicte ses lois, l’amour semble un luxe inaccessible. Et pourtant, il y a Minh Thu, jeune Vietnamienne rencontrée dans un bistrot du XVIIIe. Elle lui rappelle une douceur oubliée, un passé qu’il croyait enterré. Mais peut-on aimer sans failles quand on a fait de la rue et du combat un mode de vie ?

C’est un heureux hasard qui a conduit les romans de Y.C. Le Roy dans ma bibliothèque de lectrice passionnée. L’auteur, que je ne connaissais pas avant cet été, figurait en effet parmi les invités des tables rondes dont les organisateurs du salon “La Cigogne Noire” m’ont confié la modération début septembre. Particulièrement investie dans ma mission, je décidais sans hésiter de me plonger dans la lecture de ses deux titres afin d’être la plus complète possible lors de notre échange. Je vous parlerai donc de “Memento Mori” prochainement mais, pour l’heure, arrêtons-nous sur ce premier roman…

Fort de son expérience professionnelle de Commandant à la Police Judiciaire, Y.C. Le Roy s’est servi de son vécu sur le terrain pour nous offrir une fiction particulièrement immersive, prenante et percutante, au plus près du réel à travers le personnage de Pavel Sikorsky.
Ancien légionnaire, fils d’un père polonais et d’une mère indochinoise, ce jeune lieutenant à la 2ème DPJ de Paris est appelé pour les premières constatations sur la scène d’un crime sordide avant d’être intégré en renfort à l’équipe du mythique 36 Quai des Orfèvres à qui l’affaire est immédiatement attribuée. Nous sommes à Paris dans les années 1990, et déjà la criminalité ne chôme pas, ce qui décrit admirablement l’auteur. 
Mais loin de s’arrêter à cet unique dossier, Y.C. Le Roy nous plonge bien davantage dans le quotidien d’un groupe de policiers pour qui les enquêtes s’enchaînent et s’accumulent sans discontinuer. Certaines sont rapidement élucidées tandis que d’autres leur donnent du fil à retordre : Bienvenue à la Crim’, dont l’ambiance est redoutablement retranscrite pour une lecture plus vraie que nature !
Mêlant habilement fiction et réalité (notamment à travers des drames et autres faits divers ayant tristement défrayé la chronique de l’époque), l’auteur n’en oublie pas la vie personnelle de son principal protagoniste, source de lumière d’une routine (comme d’un bouquin) bien sombre.
Mais ce qui rend ce polar aussi captivant et atypique, c’est la plume de l’auteur, qui fait la part belle à l’oralité et à l’argot policier, ses dialogues livrés à moitié, nous permettant avec une étonnante facilité de nous immiscer dans chaque audition, chaque conversation : Comme si nous étions !

En bref, avec “More Majorum“, Y.C. Le Roy nous offre un polar brut, qui va droit à l’essentiel aux côtés des policiers : Une belle surprise !

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