Coup de cœur pour ce thriller glaçant à plus d’un titre : “Rien que le froid” de Florian Dennisson, paru le 08 décembre 2025 aux éditions de l’Oiseau Noir.
Le pitch : « Si vous regardez cette vidéo, c’est que je suis probablement morte… »
Un cri saturant un micro. Une main ensanglantée. Un collier d’oreilles humaines. Ce qui ressemble à un cauchemar filmé dans une grotte glaciale n’est que le début d’une série de meurtres d’une cruauté inédite.
À Paris, l’enquête est confiée au capitaine Janssen et au commandant Drezen. Leur première suspecte : Siana, journaliste déchue, hantée par la mort de sa sœur lors du tournage d’un jeu télévisé de l’extrême.
Lorsque les enquêteurs découvrent autour du cou d’une victime le médaillon que Siana avait offert à cette sœur disparue, l’affaire prend une tournure impossible. Comment un objet perdu à des milliers de kilomètres a-t-il pu réapparaître au cœur d’une mise en scène macabre ?
Entre manipulations, secrets de famille et plongée dans une nature hostile où chaque pas peut être le dernier, la vérité se dessine comme une ombre glacée : implacable, inhumaine, et plus proche que jamais.
Mes petits Bookinautes chéris, la vie nous réserve parfois, souvent, bien des surprises, et ce dans tous les domaines de notre existence : Pour ma part, cela vaut aussi s’agissant de ma passion livresque, et j’en détiens la preuve irréfutable à travers cette chronique. Parce que je connais Florian Dennisson depuis bientôt une décennie. Je l’ai rencontré à l’autre bout de la France, alors qu’il évoluait encore dans le monde de l’autoédition. Je m’étais alors procuré “Liberté conditionnelle“, l’un de ses premiers ouvrages. Et depuis ? Plus rien. Non pas qu’il n’ait rien publié, bien au contraire ! Non pas que je ne me sois pas intéressée à sa bibliographie, bien au contraire ! Non pas que je ne l’aie pas croisé à l’occasion d’évènements littéraires, bien au contraire ! Mais alors quoi ? Et bien tout simplement une succession d’actes manqués… Le plus souvent, j’apercevais non pas l’auteur mais l’éditeur, sans ses bouquins, il discutait à droite, je bavardais à gauche, chacun était pris dans son propre engrenage… Puis le salon de la Cigogne Noire a organisé son édition 2026 et m’a proposé d’y animer les tables rondes, Florian Dennisson figurait parmi les invités… Et c’est ainsi que j’ai retrouvé la plume de cet auteur en me plongeant son dernier titre, dont je m’apprête à vous parler… Parce que le verdict est sans appel : C’est un coup de cœur !
A peine franchissons-nous les premières pages que le ton est donné, la couleur annoncée, l’ambiance dévoilée : L’intrigue promet d’être brute et brutale, glaçante et glaciale, sombre et fatale, captivante et magistrale. Une vidéo qui nous saisit d’effroi et bientôt un cadavre atrocement mutilé, sur lequel on retrouve un médaillon… Avec un suspect, ou plutôt une suspecte à la clé, répondant au doux nom de Siana… A un détail près toutefois : C’est un bijou qu’elle avait offert à sa sœur, laquelle a disparu avec, à des milliers de kilomètres.
C’est ainsi qu’on se retrouve propulsé au cœur d’une intrigue à double temporalité, entre une enquête en plein Paris et un périple dans un ailleurs froid et hostile. Très vite le lecteur se prend au jeu et se laisse balader, au sens propre comme au sens figuré, parce qu’il veut absolument comprendre ce qu’il se passe (et s’est passé), peu importe le danger. C’est résolument palpitant et diablement bien construit.
Parce que le Capitaine Janssen et le Commandant Drezen enquêtent… Mais Siana investigue aussi, et nous avec eux tandis qu’on suit également quelqu’un d’autre dans un univers dont on se demande si on n’a pas basculé dans l’horreur d’une autre dimension. Ainsi le lecteur tremble et frémit, autant de froid que d’angoisse, pris au piège d’un véritable page turner qu’accentuent les chapitres courts, mais déterminé à connaître la vérité, à laquelle il n’est pourtant pas prêt et dont il ressort bouleversé et sidéré : L’auteur est décidément passé maître dans l’art de nous manipuler.
Les décors sont remarquablement décrits pour rendre l’atmosphère immersive, les personnages – et notamment Siana – sont suffisamment étoffés pour susciter notre empathie, l’écriture est fluide, dynamique et percutante, le style est vif, efficace et incisif, le rythme se révèle soutenu, même haletant… Alors qu’il y est question de vengeance et de culpabilité, de ce qu’on est prêt à faire ou subir pour survivre : Comment voulez-vous seulement en réchapper ?
Un dernier mot pour l’objet livre et sa couverture, vraiment magnifiques et représentant le roman à la perfection : Je me devais absolument de vous le signaler sans trop palabrer !
En bref, mon seul regret, c’est d’avoir tant tardé à retrouver la plume de Florian Dennisson. De ce fait, “La Liste“, “L’Oubliée” et “La Cérémonie” ont rejoint ma PAL, mais ne devraient pas trop y rester : Espérons que l’auteur et moi n’attendrons pas encore dix ans pour en discuter !