Compte rendu sur la soirée de soutien à la librairie “L’oeil écoute” !

Si les temps sont durs pour tout le monde, ils le sont particulièrement pour nos petites librairies… Pourtant véritable paradis du lecteur, ces petits temples littéraires sont malheureusement désertés, délaissés pour Internet, qui ne souffre d’aucune fermeture ou rupture de stock…
 
Et l’épidémie littéraire ravage toute la France… Mais si elle a déjà touché Lille (la librairie “Humeurs Noires” ayant malheureusement fermé ses portes depuis…) ou encore Cogolin, c’es à la Capitale d’être frappée à son tour : Régalant pourtant les lecteurs de ses nombreux ouvrages à disposition depuis 44 ans, la librairie “L’Œil écoute“, située 77 Boulevard du Montparnasse dans le VIème arrondissement parisien, est aujourd’hui menacée de fermeture…
 
 
Seulement la petite communauté livresque, que forment les écrivains et leurs lecteurs, n’est décidément pas prête à se laisser abattre sans combattre ! Tel le village Gaulois qui résiste encore et toujours à l’envahisseur, c’est donc un collectif d’auteurs, autoproclamés “Les 13 Salopards du Vendredi 13” qui s”est mobilisé et a motivé les troupes de lecteurs à en faire de même !
 
Autour de René Manzor, à l’origine de ce projet, se sont donc réunis Guillaume Musso, Olivier Norek, Bernard Minier, Niko Tackian, Ian Manook, Samuel Delage, Laurent Scalese, Claire Favan, Cendrine Wolf et Anne Plichota, Jérôme Attal, Jacques Saussey et Nicolas Lebel (14 auteurs en réalité), ceci afin d’organiser une petite fiesta au sein des locaux de la librairie ce vendredi 13 octobre, de 18h00 à minuit…
 
 
Si Lille et Cogolin sont des villes trop éloignées de mon domicile pour faire le déplacement, ce n’est pas le cas de Paris où je me rends régulièrement ! Et comme je me sens toujours concernée quand il s’agit de secourir une librairie en détresse, mon petit pécule et moi-même avons bien sûr rejoint les troupes pour l’occasion !
 
N’écoutant plus que mon envie d’aider et mon insatiable besoin de livres, c’est donc avec une certaine fébrilité que j’ai guetté la pendule pour quitter mon boulot à 16h00 tapantes, enfiler mon costume de super lectrice pour voler au secours de “L’Œil écoute” en prenant le train de 16h40, en route pour Paris ! 1h20 de trajet plus tard, c’est la gare du Nord qui m’accueillait les bras ouverts avant de m’avaler en ligne 4 du métro parisien pour me rejeter 14 stations plus loin à la gare Montparnasse…
 
 
Je sors du métro, me demandant d’ores et déjà dans quelle direction m’orienter… Seulement voilà que je tombe nez à nez avec la librairie en question : A n’en point douter celle-ci a sûrement dû souffrir des travaux dont fait l’objet la ligne 4 et qui ont précisément causé la fermeture de cette station pendant plusieurs mois… Je le sais pour avoir moi-même été concernée, devant me farcir le trajet à pied depuis St Placide pour rejoindre la célèbre gare me conduisant notamment vers Poitiers…
 
En tout cas la fête du livre a déjà commencé si l’on en croit la foule et le brouhaha que l’on perçoit depuis l’entrée alors qu’il n’est que 18h20… Voilà qui promet d’être une soirée réussie ! Je me faufile donc dans l’une des allées bondées de lecteurs enthousiastes circulant avec difficulté entre les piles de livres sur le point d’être dévalisées : C’est bon signe mes amis, c’est très bon signe pour les affaires et la survie ! J’ai déjà la plupart des livres des auteurs présents… Pour autant je m’empare d’un roman de Niko Tackian dont je viens de découvrir le talent… Je m’empare aussi d’un roman de mon chouchou Olivier Norek
 
 
Puis je croise la route du roman “Un appartement à Paris” de Guillaume Musso… A l’instar de son éternel concurrent Marc Levy, je n’ai jamais eu envie de le lire… Trop gros vendeurs ces deux-là, aucune envie de les découvrir… Seulement me voilà face à ce livre et je me dis que de telles raisons sont finalement bien futiles et dérisoires quand on veut sauver une librairie… Une lectrice à mes côtés me trouve en pleine réflexion et me conseille de tenter l’expérience : Si elle n’a pas aimé tous les romans qu’elle a pu lire de sa plume et ne fait pas partie de ses plus ferventes lectrices, elle apprécie l’auteur et son style, a lu celui-ci et n’en dit que du bien : C’est assez pour me convaincre et m’emparer du précieux pour me diriger vers l’auteur ! Tant qu’on n’a pas essayé, on ne peut ien en dire et c’est aujourd’hui l’occasion rêvée de le découvrir et de le rencontrer !
 
Je continue mes pérégrinations puis finis par atterrir dans la file me conduisant vers une caisse débordée… C’est désormais officiel : Les auteurs sont parvenus à mobiliser les lecteurs, faire le buzz, vendre des livres et rentrer de l’argent : Pari réussi, pourvu seulement que cela suffise !
 
 
Je m’oriente ensuite vers le fond de la librairie où nous attendent des écrivains installés autour de deux petites tables de fortune et quelques chaises… Entre crêpes et rosé, l’apéro offert par les auteurs est déjà ouvert pour fêter ce bel élan de solidarité ! En digne chef de file, René Manzor grimpe régulièrement sur les tables, acclame les écrivains retardataires (tel Bernard Minier qui lui répondra d’un “Ta gueule” légendaire !) et harangue les foules pour que la librairie vive… Il fait chaud et nous sommes serrés comme des sardines mais ça fait plaisir à voir et à vivre !
 
Alors j’ai pu rencontrer de nombreux auteurs, parmi lesquels figurent bien sûr Olivier Norek, René Manzor ou Jacques Saussey… Pour autant la rencontre dont je me souviendrai est bien celle de Guillaume Musso… Difficile en effet de ne pas être frappée par tant de simplicité, d’humilité… De timidité même ! Comment s’imaginer alors qu’on est face à l’auteur qui vend le plus de livres en France ! Moi-même intimidée de me retrouver face à un tel personnage, je ne tardais pourtant pas à lui avouer ma parfaite ignorance de sa prose… Loin de s’en offusquer, celui-ci se montrait au contraire très heureux de compter une nouvelle lectrice pour une si belle cause, m’accordant même une photo pour l’occasion ! Et moi de quitter la file en lectrice agréablement surprise et doublement ravie !
 
 
La librairie ne désemplit pas, seulement l’heure tourne pour moi qui sais pertinemment que le train ne m’attendra pas… Je quitte donc la librairie, regrettant certes de n’avoir pu rencontrer Niko Tackian, mais ravie d’avoir pu contribuer à la hauteur de mes petits moyens… Le métro m’entraîne jusqu’à la Gare du Nord qui m’entraîne elle-même jusqu’à Beauvais… Le train me voit relire les petites dédicaces récoltées… Je suis fatiguée… Mais tellement ravie d’avoir pu participer…
 
Seulement le combat n’est pas terminé ! La librairie “L’Œil écoute” et sa gérante Armelle Lainé-Vairet ont encore besoin de vous : Une cagnotte Ullule est ouverte jusqu’au 21 octobre… Si elle affiche désormais 11000 euros au compteur, l’objectif des 25000 euros est encore loin d’être atteint… Plus que jamais nous avons besoin de vous pour obtenir la survie méritée ! Alors n’hésitez pas à participer, même quelques euros peuvent tout changer !
 

Je vous laisse l’adresse ici : https ://fr.ulule.com/librairie-loeil-ecoute Le temps nous est compté mes amis, alors on compte sur vous !

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