Chroniques 2017 Syndrome de Stockholm de Philémon Le Bellegard

Un remarquable thriller psychologique… Mais aussi artistique : « Syndrome de Stockholm » de Philémon Le Bellegard, disponible sur Amazon et en lice pour les Indés Awards 2018 dans la catégorie Thrillers.
 
Le pitch : L’intrigant artiste suédois Stendriëk Börgen expose plus de 3000 œuvres à Los Angeles, le fruit de dix ans de travail produit grâce à son mécène, le richissime et redoutable homme d’affaires Enstenov Khalinek. Si la critique crie au génie, la relation entre les deux hommes interroge et la matière dont sont faites les œuvres du peintre questionne… Et la critique Anna James va payer sa curiosité à ce sujet en découvrant à ses dépens que l’art peut rendre fou et conduire à de sombres extrémités…
 
Je ne parviens absolument pas à me rappeler pourquoi ce livre me parle depuis si longtemps déjà… Peut-être à cause de son intrigante et inquiétante robe rouge sang… Ou alors en raison de son résumé dangereusement et artistiquement attirant… Quoi qu’il en soit je suis ravie d’avoir enfin pu me plonger dans sa lecture, certes en raison des Indés Awards auxquels il participe, mais aussi parce qu’il traîne dans ma PAL depuis le mois de mai, c’est inadmissible… D’autant plus inadmissible quand on voit à quel point ce thriller est aussi atypique… Qu’ahurissant !
 
L’auteur nous entraîne en effet au coeur d’une intrigue machiavélique particulièrement bien construite où l’art est omniprésent, tel un personnage à part entière, ce qui n’est pas sans danger… Un enlèvement plus tard en effet, le titre du livre prend tout son sens… Sauf à savoir qui développe vraiment ce syndrome, tant les relations entre chacun des personnages sont ambiguës alors que l’art règne désormais en maître absolu des sinistres extrémités, conduisant aux confins de la folie… Les âmes sensibles sont ainsi priées d’avoir le coeur bien accroché pour oser pénétrer entre ces pages et se confronter aux énergumènes qui rôdent au détour d’elles… Si on ne peut clairement pas parler d’attachement les concernant, il n’en demeurent pas moins qu’on suit les protagonistes avec beaucoup d’intérêt, presque soumis à cette même fascination malsaine dévorant chacun d’entre eux, curieux qu’on est de voir leur évolution d’un bout à l’autre du roman.
Et tandis qu’on atteint le paroxysme de l’horreur durant ce thriller des plus atypiques et haletants, l’auteure conserve son calme et sa plume d’une irréprochable qualité, particulièrement belle et soignée, un style élégant et travaillé, un vocabulaire riche et élaboré tout en demeurant accessible à tous, ce qui en fait une lecture d’une redoutable intensité.
 
En bref, une très belle découverte que ce thriller singulier où l’art nous est révélé dans ce qu’il y a de plus fou…

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