Livres et vous ? Livrez-vous… Avec Didier Fossey !

Non mes amis, ne croyez pas que Noël soit encore si loin : C’est au contraire la dernière ligne droite, et je ne suis pas encore prête pour vous gâter comme il se doit… Car j’ai en effet un édifice de trente pierres à vous construire pour une surprise qui, je l’espère, saura vous faire plaisir… Une surprise qui prendra toute sa forme le 26 novembre prochain… Alors si je n’ai qu’un conseil à vous donner, c’est d’être prêts le jour J ! D’ici là, j’ai encore quelques salons à écumer…
C’est d’ailleurs en direct live de la Foire du Livre de Brive que je publie ces quelques lignes ! Car si de folles idées comme celle-ci s’emparent de temps à autre de mon esprit, jamais cela ne doit remettre en cause le principe de mes petites interviews chéries ! Ces petits articles que je prends plaisir à rédiger chaque semaine et pour lesquels je pars à la rencontre d’auteurs et autres acteurs essentiels au monde du livre, ceci afin de vous dévoiler leurs lectures et le lecteur qui sommeille en chacun d’eux… Non seulement je n’entends absolument pas y renoncer, mais je dirais même plus que j’ai justement décidé de vous présenter quelques-uns de mes auteurs préférés, qui ont su marquer mon année…
Et l’auteur que je m’apprête à vous présenter en fait incontestablement partie… Je me souviens l’avoir rencontré une première fois à Polar’Osny, sans que je ne m’attarde plus avant sur sa bibliographie… Ce n’est qu’à la Foire du Livre de Bruxelles, à l’occasion de laquelle il participait à une table ronde avec ma très chère Armelle Carbonel et leur même éditrice, que ses propos me poussèrent à découvrir sa plume avec « Burn out« , son dernier livre alors sorti au format poche aux éditions Bragelonne… Depuis j’ai découvert les deux titres qui l’ont précédé mais aussi « ArtificeS » qui l’a suivi, sorti en juin dernier… A ma connaissance il ne me restait plus qu’un titre totalement différent à découvrir : « Na Zdrowie« , publié il y a déjà quelques années mais depuis reparu, cette année chez French Pulp, du moins au format numérique, et je l’ai depuis chroniqué…
Alors il est devenu évident pour moi de l’interviewer afin d’achever cette découverte en beauté : je l’ai donc contacté pour lui proposer de se soumettre au jeu de mes petites questions indiscrètes, une proposition qu’il a bien volontiers acceptée, me comblant dès lors de bonheur de pouvoir ainsi vous le présenter ! Je remercie donc très chaleureusement Didier Fossey – puisque c’est de lui dont il s’agit, mais vous l’aviez sans doute déjà deviné ! – d’avoir accepté de nous offrir ces quelques confidences littéraires !
Trêve de bavardages, je ne vous fais pas languir plus longtemps et vous laisse donc découvrir ses réponses… Bonne lecture !
 
 
Peux-tu te présenter en quelques mots ?
Je suis né en 1954 à Paris. Après des études laborieuses j’ai obtenu un CAP de garçon de restaurant. J’ai travaillé de nombreuses années dans la restauration, notamment à bord du paquebot France. Puis en 1984 j’ai intégré la police nationale, où j’ai passé 30 ans, dont 18 ans en BAC de nuit. Mes meilleures années. Je suis à la retraite depuis 2015, et je me consacre entièrement à l‘écriture que j’avais redécouverte en 2009. Lors d’un déménagement, des choses que j’avais écrites il y a fort fort longtemps m’ont donné l’envie de m’y remettre. Je suis aussi un grand-père comblé par quatre petits-enfants, deux filles et deux garçons qui me prennent beaucoup de mon temps, mais j’adore ça.
 
Petit ou grand lecteur ? Quelle place tient la lecture dans ta vie ? 
Je suis un grand lecteur de thrillers et polars, la lecture tient une très grande place dans ma vie, je ne peux pas passer une journée sans lire. J’ai toujours un, voire deux livres en cours de lecture.
 
Quel a été ton premier coup de coeur littéraire ? Et le dernier ? 
Mon premier coup de cœur littéraire remonte à l’age de neuf ans avec « L’île mystérieuse » de Jules Verne, offert par ma grand-mère. Depuis je n’ai cessé de lire. Le dernier ? C’est « Entre deux mondes » d’Olivier Norek, qui m’a fait pleurer
 
Y a-t-il un livre/auteur qui t’a poussé à écrire ? Quel a été ton déclic ? 
Je pense que, dès mon premier Jules Verne, l’envie d’écrire était là, présente, je couchais souvent sur le papier les histoires que je me racontais. A l’école hôtelière j’écrivais des histoires inspirées de Frédéric Dard en mettant en scène les profs, les pions, les copines et copains. Succès assuré auprès des camarades féminines, un peu moins auprès de la surveillante générale qui, un jour, est tombée sur un de mes recueils. 
Le déclic ? Je dirais les déclics. Retrouver, au fond d’une valise lors d’un déménagement, des écrits datant de cette époque. Émotion et fou rire au rendez-vous. Et puis la lecture d’un livre, « Le magicien » de Jean-Marc Souvira. Les encouragements de mes proches, on était en 2009.
 
Peux-tu nous présenter ta bibliographie, et notamment ton dernier roman paru en juin dernier ? 
Tr@que sur le web (2010, éditions Les 2 encres, réédité en 2017 par Flamant Noir Éditions) : Un tueur en série qui « recrute » ses victimes par le biais de sites de rencontres sur internet. La 1ére enquête du commandant Boris Le Guenn, qui apprendra qu’il ne faut pas se laisser piéger par les apparences…
– « Ad Unum » (2011, éditions Les 2 encres, réédité en 2016 par Flamant Noir Éditions) : Un tueur en série d’un genre particulier, qui se substitue à la justice, trop laxiste à son gout. Une seule peine, la mort. Un individu méthodique, retors et suprêmement intelligent qui va donner du fil à retordre à Boris. Mais tout rouage, aussi bien huilé soit-il, est susceptible de se gripper…
– « Na Zdrowié » (2014, éditions L’atelier Mosesu, repris par French Pulp en 2018, uniquement en numérique) : La série l’Embaumeur, avec un personnage récurent, Luc Mandoline, ancien légionnaire devenu thanatopracteur et qui a un talent fou pour se mettre dans les emmerdes. Il s’agit là plutôt d’un road-movie paramilitaire de Paris à Rostov sur le Don, la musique est de Mikhaïl Kalachnikov.
– « Burn Out » (2015, Flamant noir Éditions, et en version poche chez Bragelonne en 2017. Prix Polar du Lion’s club en 2015) : Un flic assassiné un soir de planque au père Lachaise, une enquête confiée au groupe de Boris Le Guenn, avec en parallèle, la descente aux enfers d’un des membres de l’équipe, parti à la poursuite de ses fantômes. Un livre d’une actualité brulante, mettant en avant les difficultés rencontrées par ces femmes et ces hommes chargés de nous protéger et de faire respecter la Loi. Le public ne s’y est pas trompé, plus de 25000 lecteurs…
– « ArtificeS » (2018, Flamant Noir Éditions) : La vengeance, les vengeances, celle d’une femme, abusée dans son enfance, qui retrouve ses bourreaux et utilise pour les éliminer ce qu’elle connaît le mieux, les feux d’artifices. Celle d’un homme, envers Boris, qui lui utilisera tous les artifices possibles pour arriver à ses fins. La pédophilie d’une part, sans complaisance ni voyeurisme, et la folie meurtrière d’un homme prêt à tout. Il est préférable d’avoir lu « Ad Unum » avant.
 
Quel livre aurais-tu rêvé d’écrire ? 
Deux. « Vertiges » de Franck Thilliez et « L’enfant aux yeux d’émeraude » de mon pote Jeckell (Jacques Saussey).
 
Si tu devais comparer ta vie à un roman, lequel serait-ce ? 
Je ne peux pas comparer ma vie à un seul roman. J’y mettrais bien sûr San Antonio pour l’ensemble de son œuvre, humour et dérision, je ris de tout. « Mako » de mon ami Laurent Guillaume, pour son personnage de la BAC qui me ressemble tellement. Une pincée de mon « Burn Out » qui correspond à une époque de ma vie (non, non je n’ai pas fait de burn out) et puis « Les voyages extraordinaires » de Jules Verne. C’est pas mal résumé.
 
Quel est ton livre de chevet ? Celui qui cale ta bibliothèque ? Ta lecture en cours ?
« Le Magicien » de Jean-Marc Souvira, je le reprends souvent, j’aime la façon dont il traite les passages « dans la tête du tueur ». La tension est palpable, insoutenable parfois.
« La vérité sur l’affaire Harry Quebert« . Ce livre m’est tombé des mains au bout de cinquante pages, j’ai souvent essayé de m’y replonger, rien à faire, quand ça veut pas ça veut pas. J’arrive pas à rentrer dedans.
En ce moment je lis « Signe de vie » de J.R. Dos Santos. Ce n’est ni un polar ni un thriller. Un roman d’anticipation, un observatoire astronomique capte une émission étrange venue de l’espace. Un objet se dirige vers la terre. L’ONU et la NASA préparent d’urgence une mission pour aller à la rencontre de ce vaisseau inconnu. Je ne suis pas un fan de science-fiction mais là il s’agit d’anticipation, une visite extraterrestre. Je suis un grand partisan du principe de médiocrité et persuadé que ce qui s’est produit sur Terre a très bien pu se produire ailleurs. Un jour peut-être, nos enfants ou petits-enfants auront la chance de vivre ça. En espérant que cette éventuelle civilisation soit moins belliqueuse que la nôtre.
 
As-tu déjà une idée pour ton prochain roman ? 
Oui, il est en cours d’écriture, mais je n’en dirai pas plus.
 
Un petit mot pour la fin ?
Lorsqu’à 15 ans j’ai annoncé fièrement à mon père que je voulais devenir écrivain, je n’imaginais pas, vu sa réaction, que ça se réaliserait. Un grand merci aux lectrices, lecteurs, blogueuses, blogueurs, à mon éditrice, et bien sûr à mes proches qui sont mon premier lectorat et mon plus grand soutien. Merci à toi chère Aurélie de m’avoir accordé cet interview.
 
Voilà donc le lecteur qui se cache derrière cet auteur de grand talent dont je suis particulièrement fière d’avoir enfin pu découvrir la plume… Oui je sais, il était temps ! Avant de clôturer cet article il me reste encore à remercier Didier Fossey… Déjà pour avoir accepté de répondre à ces quelques questions, nous permettant ainsi de le découvrir autrement, mais aussi pour ces passionnantes histoires qu’il nous fait vivre de sa plume, et également pour son éternelle bonne humeur et son incroyable gentillesse à chaque rencontre au détour d’un salon… C’est toujours un immense plaisir pour moi d’aller le saluer, et j’espère qu’une telle occasion se représentera bientôt de nouveau !
A votre tour désormais de vous plonger dans les polars de Didier Fossey si ce n’est pas déjà fait ! Ils vous attendent dans toutes les bonnes librairies ou au format numérique, notamment pour « Na Zdrowie« … Et pour plus d’informations, vous pouvez toujours consulter mes chroniques ICI ! Bon week-end et belles lectures à tous !

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