Quand la presse se livre… JournaLivre Novembre 2018

Les semaines se suivent mais ne se ressemblent pas… Ca tombe bien : Mes articles et leurs rubriques non plus, et c’est très bien comme ça ! Vous n’êtes pas sans savoir en effet que je suis une blogueuse un brin étrange et déjantée qui use de tous les stratagèmes possibles et imaginables pour vous parler lecture de 1001 façons possibles… J’ai même, pour ce faire, embrigadé mes plus proches acolytes que sont ma meilleure amie Laura, mon précieux compagnon Franck, ma super maman Roseline et ma chère collègue Françoise… Quatre mordus de lecture qui ont accepté de me suivre dans mes folles aventures, tout d’abord en alimentant le Bouquinist Park, rubrique qui leur est tout spécialement réservée, et plus récemment en mettant leurs propres passions à contribution pour parler bouquins autrement, chacun dans leur propre rubrique… Les voici donc à l’œuvre, à me communiquer leurs idées et autres ressentis, me permettant ainsi d’en faire naître un article afin de vous en faire profiter par ici…
Et c’est aujourd’hui Franck qui passe à l’action en nous présentant un petit condensé de ce qu’on pouvait récemment trouver entre les pages de la presse culturelle, sur une actualité littéraire d’autant plus riche et chargée à la suite de la rentrée littéraire qu’elle fait désormais la part belle aux prix qui en récompensent ses pépites ! Alors papier, stylo : Prenez note !
 
Des magazines, journaux et autres revues culturelles que Franck a dernièrement compulsé, il a pu relever que les mois de novembre et décembre sont primordiaux pour le monde littéraire puisqu’ils représentent désormais 44,6% des ventes annuelles de livres… Et les prix littéraires y contribuent largement !
 
Mais si la majeure partie de ces récompenses sont décernées durant le mois de novembre, il en est quelques-unes qui s’en détachent et s’en distinguent, à commencer par le très populaire Prix du Roman FNAC, lequel a dévoilé sa lauréate le 12 septembre dernier en la personne d’Adeline Dieudonné pour son premier roman « La vraie vie« , paru aux éditions L’Iconoclaste.

Lui a ensuite succédé le non moins important Grand Prix de l’Académie Française, récompensant d’ailleurs son lauréat à hauteur de 2000 euros. Et c’est le 25 octobre dernier qu’il a récompensé Camille Pascal pour son roman « L’été des quatre rois« , paru aux éditions Plon, le premier roman d’un historien conseiller d’Etat et plume de Nicolas Sarkozy, qui nous plonge au coeur des journées de 1830.

Se sont ensuite succédés les nombreux prix littéraires décernés ce mois de novembre, au premier rang desquels le Prix Femina (05 novembre) qui a consacré lauréat Philippe Lançon pour son roman « Le Lambeau« , paru aux éditions Gallimard, récit de la lente et douloureuse reconstruction physique et psychologique après l’attentat de Charlie Hebdo le 07 janvier 2015.

A noter que ce prix se décline, tout d’abord avec le Prix Femina Essai, lequel a couronné Elisabeth de Fontenay pour « Gaspard de la nuit« , paru chez Stock et dans lequel la philosophe livre un récit bouleversant sur son frère autiste ; mais également avec le Prix Femina Etranger qui a récompensé Alice Mc Dermott pour son roman « La neuvième heure » paru aux éditions La Table Ronde, un roman dont l’action se déroule parmi les nonnes à Brooklyn au début du XXème siècle.
 
Le lendemain c’était au tour du Prix Médicis (06 novembre) de couronner Pierre Guyotat pour son roman « Idiotie« , paru chez Grasset, le texte autobiographique d’une figure subversive du monde intellectuel des années 1960 et 1970, aujourd’hui âgé de 78 ans, qui raconte quatre années de sa jeunesse entre 1958 et 1962, et notamment « sa » guerre d’Algérie, qui se finira au cachot et dans une unité disciplinaire. A noter également que le jury a remis un prix spécial à l’auteur pour l’ensemble e son œuvre.

De la même manière que précédemment, le Prix Médicis connaît aussi ses déclinaisons, à commencer par le Prix Médicis étranger, lequel a été décerné à l’auteure américaine Rachel Kushner pour son roman « Le Mars Club » paru aux éditions Stock, dont l’intrigue se déroule dans une prison pour femmes de Californie ; pour enchaîner avec le Prix Médicis de l’Essai, lequel a récompensé l’italien Stefani Massini pour son livre « Les frères Lehman » chez Globe. Ce n’est pas un essai mais plutôt une saga sur l’histoire de Lehman Brothers de 1844 à 1970, où comment une boutique de vêtements ouverte en Alabama par trois immigrés juifs est devenue la banque super puissante qui s’est effondrée en 2008.
 
Pas de repos pour les braves, alors après le Femina et le Médicis, c’est au Prix Renaudot d’être remis à sa lauréate (07 novembre) Valérie Manteau pour son roman « Le sillon » aux éditons Le Tripode, un livre qui ne figurait pourtant plus sur la liste, qui mêle une histoire d’amour autobiographique et une enquête sur le journaliste arménien Hrant Dink, assassiné par un nationaliste en 2007.

Là encore on trouve deux petites déclinaisons de la récompense, avec en premier lieu le Prix Renaudot Essai, lequel a récompensé Olivia de Lamberterie pour son roman « Avec toutes mes sympathies » paru chez Stock, le premier roman d’une journaliste responsable de la rubrique « Livres » d’Elle, également chroniqueuse dans « Le Masque et la Plume » tous les dimanches sur France Inter, et dans lequel l’auteure nous narre le suicide de son frère, qui souffrait d’une profonde mélancolie depuis la fin de l’adolescence. Enfin le Prix Renaudot poche a été décerné à Salim Bachi pour son roman « Allah, moi et les autres » paru chez Folio. A noter enfin que le Renaudot a également décerné un prix spécial à Philippe Lançon pour son ouvrage.
 
Mais la journée du 07 novembre fut décidément riche puisqu’a également été décerné ce jour le Prix Goncourt, lequel a été remis à Nicolas Mathieu pour son second roman « Leurs enfants après eux« , paru chez Actes Sud… Oui, la maison d’édition réalise donc un doublé en deux ans puisque la récompense été décernée l’an dernier à Eric Vuillard pour son roman « L’ordre du jour » paru dans la même maison d’édition. Il s’agit là d’une fresque sociale et politique où l’on suit des ados en déshérence durant quatre étés (de 1992 à 1998) dans une vallée de l’Est de la France rongée par la désindustrialisation et la paupérisation, la France des lisières où le travail a fui été où l’on n’attend désormais plus rien de personne.

Et le lendemain (08 novembre) encore on retrouvait un autre prix, cette fois le Prix de Flore, lequel attribue à son lauréat la modique somme de 6100 euros… Et ce lauréat cette année, c’est Raphaël Rupert pour son roman « Anatomie de l’amant de ma femme » paru aux éditions L’Arbre Vengeur, à la fois journal désopilant d’un mari trompé et réflexion autour de la création littéraire… Mais aussi un premier roman.

Mais parce qu’un prix par jour n’était pas encore suffisant, ce même jour était dévoilé le Prix Décembre, lequel a récompensé Michaël Ferrier pour son roman « François, portrait d’un absent » paru aux éditions Gallimard, un récit hommage à son ami mort accidentellement par noyade avec sa fille.
 
Passons ensuite à un prix fraîchement décerné puisque c’est aujourd’hui qu’était connu le lauréat du Prix Interallié… Et c’est Thomas B. Reverdy qui remporte la récompense pour son roman « L’hiver du mécontentement » paru chez Flammarion.

Pour conclure, Franck déplore seulement que le grand oublié de ces prix soit David Diop et son roman « Frère d’âme » paru chez Seuil, qui figurait pourtant sur toutes les listes ou presque… Mais peut-être obtiendra-t-il le très attendu Prix Goncourt des lycéens, lequel clôture cette saison des récompenses et sera connu demain… En attendant la grande révélation, je vous souhaite à tous de belles lectures…

Laisser un commentaire