Lecture commune Les dedicaces de Cyril massarotto

Mes petits Bookinautes chéris… S’il est des articles plus difficiles à rédiger, celui-ci en fait incontestablement partie… Pour autant c’est une fantastique expérience que je viens de vivre en compagnie de ma Communauté du Bouquin, une lecture dont je me dois de vous compter la genèse avant de vous embarquer avec nous au cœur de cette aventure !

L’histoire commence à la fin des vacances d’été… A l’heure où les rentrées scolaire et littéraire viennent à s’imbriquer, à l’heure où les cartables comme les librairies viennent à se remplir de livres à couvrir et découvrir… La précédente lecture n’était pas encore terminée, pour autant ma Communauté du Bouquin  piaffait d’enthousiasme et d’impatience à l’idée de repartir à l’aventure ! Et tandis que mon esprit errait sans bouquin en quête du Graal livresque susceptible de convaincre un maximum de mes acolytes, je suis tombée sur ce livre dont le titre résonnait étrangement en mon âme de lectrice passionnée… Bon sang mais c’est bien sûr ! C’est dans ce roman qu’il fallait nous plonger ! 

Ce roman ? Il est signé Cyril Massarotto, s’intitule « Les Dédicaces » et c’est à treize compagnons que nous nous sommes lancés dans sa lecture : M’ont donc suivie ma meilleure amie Laura, mon compagnon Franck, ma maman Roseline, mes adorables collègues Sarah, Sylvie, Céline O. et Françoise, ma très chère librairie Delphine et sa sœur Céline D. ainsi qu’Isabelle, mais aussi mes sympathiques copinautes Corinne et Laurent… Si cette lecture commune n’a malheureusement pas fait l’unanimité, elle n’en demeure pas moins une formidable expérience, intéressante, passionnante et enrichissante, qu’il me faut à présent vous conter…

Le livre dans ses moindres détails…
Titre : Les dédicaces
Auteur : Cyril Massarotto
Éditeur : Flammarion
Format : Disponible au format papier comme en version numérique
Nombre de pages : 263 pages
Prix : 20,00 € au format papier / 13,99 € en version numérique

Résumé : « De Claire, on ne sait pas grand-chose, sinon qu’elle vit à Paris et collectionne les livres dédicacés. Son plus grand plaisir est d’écumer les librairies à la recherche de ces trésors qui font de chaque livre un objet unique et précieux,  » parce que la dédicace ajoute une histoire à l’histoire « . Chez un bouquiniste, elle tombe sur un livre dont la dédicace lui laisse une désagréable impression de vulgarité. L’auteur, Frédéric Hermelage, laisse son numéro de téléphone à une certaine Salomé, assorti d’un compliment outrancier. Seulement, à la lecture, le roman est à l’opposé de la dédicace. Subtil, élégant. Comment expliquer un tel contraste ? De librairies en Salons du livre, Claire va alors se lancer sur les traces de cet écrivain discret, jusqu’à franchir les règles de la fiction. »

Incipit : « Je n’ai jamais compris que l’on puisse se séparer d’un livre dédicacé. Pour moi cela a toujours tenu de l’hérésie ; et cette fois c’est pire que tout. Comment un exemplaire de Si c’est un homme de Primo Levi, portant la dédicace « Pour Louis, j’espère que tu comprendras, Ton père », peut-il se retrouver sur les rayonnages bancals d’un bouquiniste des quais de Seine ? Comment et surtout, pourquoi ? Car je peux bien envisager, évidemment, l’existence d’une brouille entre un père et son fils, cette brouille je la sais fréquente et parfois même nécessaire ; mais le livre dédicacé, lui, n’est pour rien dans ces histoires de famille. »

Verdict de mes acolytes…
Et c’est là que les choses se compliquent… Tout avait pourtant démarré sous d’assez bons auspices… Hormis une lectrice qui avait déjà lu par deux fois cet auteur et souhaitait réitérer l’expérience malgré deux échecs, personne ne connaissait ce titre qui avait échappé à l’intégralité de ma livresque Communauté, malheureusement noyé comme beaucoup d’autres parmi les innombrables parutions de la rentrée littéraire… Un titre qui a bien davantage attiré le regard que la couverture elle-même, plus souvent décrite comme étant trop basique, mes lecteurs s’étant plutôt laissés convaincre par le résumé que beaucoup ont jugé intrigant, promesse d’une histoire pour le moins originale…
D’ailleurs quasiment toute la Communauté a trouvé le postulat original et atypique… Mais à mon plus grand regret ce roman n’a finalement plu qu’à cinq de mes acolytes, dont deux m’ont avoué être dans l’incapacité de m’expliquer pourquoi, ne relevant que des points négatifs. L’un d’entre nous a déclaré forfait, les autres ont tout de même poursuivi leur lecture, non sans une (furtive mais) sombre pensée à mon égard…
S’ils se sont globalement laissés embarquer par la structure du récit, la moitié d’entre eux n’étaient déjà plus convaincus au terme du premier chapitre… Quasiment tous mes lecteurs diront de l’intrigue qu’elle avait tout pour être originale et plaisante mais l’ont finalement trouvée décevante, voire même bâclée, inégale, peu plausible et surtout en parfait décalage avec ce qu’ils attendaient de cette lecture… Une lecture qui, fort heureusement, a tout de même su conquérir quelques-uns de mes lecteurs, dont deux ont su me dire que c’est justement parce qu’ils ne savaient pas où l’auteur les emmenait qu’ils l’ont appréciée, la décrivant alors comme grinçante et caustique… Et même si l’épilogue a, lui aussi, profondément divisé, considéré comme inattendu ou au contraire prévisible et malsain…
Véritable sujets de débats, les personnages ont clairement divisé les membres de ma petite Communauté. Certains s’y sont attachés pour leur épaisseur et leur complexité, d’autres ont justement adoré les détester… Mais beaucoup se sont justement contentés de les détester, les jugeant hautains et détestables, insipides et caricaturaux…
Si quelques-uns ont considéré les propos de ce récit comme délicieusement acerbes et cyniques à souhait, invitant même à une profonde réflexion sur nos lectures et leur qualité, la majeure partie d’entre eux les a trouvés malaisants, condescendants et dénigrants voire même profondément dérangeants, tant à l’égard des femmes qu’envers le monde littéraire…
Si la plus grande partie de ma Communauté a tout de même su relever la qualité de l’écriture, fluide et tranchante, mes lecteurs sont aussi nombreux à avoir mis longtemps, même très longtemps à lire ce livre, que certains ont parfois eu du mal à poursuivre… Trois l’ont tout de même lu d’une traite, un l’a même trouvé addictif et n’a pas pu le lâcher avant l’arrivée du point final ! 
Vous l’aurez compris mes Bookinautes chéris, cette lecture n’a franchement pas ravi l’ensemble de mes lecteurs, récoltant difficilement la note moyenne de 10/20 en résumé… Peu d’entre eux se tiennent près à conseiller ce livre que beaucoup ont acheté, la plupart au format papier, à un prix globalement considéré comme adapté… Mais la moitié de ma Communauté se dit tout de même prête à laisser sa chance à un autre titre de l’auteur : C’est toujours ça de gagné !

Et votre blogueuse dans tout ça ?
Et bien je me dois de  vous avouer que je rejoins malheureusement ceux qui n’ont pas su apprécier cette lecture… Pourtant je suis persuadée  de passer à côté de quelque chose : Un second degré ou un message voilé, comme le laisse à penser cette phrase inscrite en quatrième de couverture : « Le roman qui aime les livres et ceux qui les écrivent, quitte à les malmener parfois. » J’en suis tellement navrée…
J’avais pourtant bon espoir en démarrant ma lecture, intriguée par le résumé, embarquée par le premier chapitre… Seulement j’ai vite déchanté : Les personnages me sont rapidement devenus insupportables et je ne peux que déplorer le profond ennui qui m’a gagnée… Seuls trois chapitres m’ont finalement plu : Le premier, le dernier et celui dans lequel l’héroïne nous parle de son père… J’ai même alors cru que mon regard allait changer… Raté… 
C’est donc un rendez-vous manqué : C’est bien dommage et j’en suis vraiment navrée mais ça arrive… D’ailleurs je suis de ceux qui retenteront l’expérience bien volontiers car j’ai beaucoup apprécié la plume de l’auteur que je trouve de grande qualité ! 
Le mot de la fin…
Et bien le mot de la fin ne sera que regrets… Car je suis décidément mortifiée d’avoir dû rédiger un tel article… Seulement c’est le risque d’une lecture commune, je l’ai pris et je l’assume… 
A l’instar de bon nombre de mes acolytes, je ne m’attendais pas du tout à ce genre d’histoire en découvrant le résumé ni même en démarrant ma lecture… C’est sans doute le vrai nœud de ce littéraire problème, lequel nous a empêchés d’atteindre le vrai message de ce texte… J’espère donc vous revenir avec de meilleurs propos mais vous laisse à présent vous forger votre propre opinion… Belle soirée et belle lecture !

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