Chroniques 2021 \ Te tenir la main pendant que tout brûle de Johana Gustawsson

Méfiez-vous des apparences ! Sous ses airs adorables, cette autrice est diabolique… Son nouveau roman aussi : « Te tenir la main pendant que tout brûle » de Johana Gustawsson, paru ce 06 octobre aux éditions Calmann Lévy.

Le pitch :
Lac-Clarence, 2002… Déjà en proie aux affres de la maternité, Maxine Grant est appelée sur une scène de crime dans le village de son enfance. Pauline Caron, son ancienne institutrice, vient d’asséner 31 coups de couteaux à son mari Philippe.
Paris, 1899… Un terrible incendie ravage l’hôtel particulier de Lucienne Lelanger dans lequel dormaient ses deux filles. Mais si leur mort semble irréfutable, l’absence de corps dans les décombres empêche Lucienne de s’y résoudre.
Lac-Clarence, 1949… Harcelée par ses camarades, Lina se retrouve contrainte et forcée de rejoindre sa mère sur son lieu de travail à la sortie de l’école, une maison de repos surnommée la « Mad House » pour avoir été un asile par le passé. Elle y rencontre une étrange patiente qui la prend sous son aile pour se défendre et s’affirmer.
Trois femmes. Trois époques. Trois destins qui pourraient bien se réunir de la plus sinistre des manières…

En seulement trois romans, Johana Gustawsson s’est imposée avec une telle facilité dans le paysage du polar français qu’il me semble la connaître depuis des temps immémoriaux. Mais si je ne suis plus en mesure de vous dire quand j’ai croisé sa plume pour la première fois dans ma vie de lectrice passionnée, je puis vous assurer que j’attendais son retour en librairie avec fébrilité : Car je ne sais jamais où elle m’emmène… Et pourtant je la suis toujours les yeux fermés !

Cette fois-ci l’autrice nous entraîne entre la France et le Québec à trois époques différentes pour aborder la maternité de manière redoutable et nous dérouler une intrigue absolument époustouflante de maîtrise et de subtilité. Tout y a été pensé dans les moindres détails pour se construire sans se dévoiler, à la manière d’un puzzle retors dont il faudra assembler toutes les pièces afin d’en découvrir le dess(e)in… Et quel dess(e)in s’il vous plaît : Bien après la dernière page tournée, j’en reste toujours aussi sidérée !
Parce qu’au fil des pages la tension monte, les révélations s’enchaînent… Et Johana Gustawsson s’avère être une sombre enchanteresse entremêlant notre destin à celui de ses personnages dont elle a particulièrement soigné la profondeur et la psychologie pour mieux nous embarquer avec elle(s) dans un tourbillon d’émotions aussi violentes que contradictoires.
L’histoire est d’autant plus prenante et captivante qu’elle est servie par une plume délicieusement fluide et agréable, teintée de mysticisme pour se faire plus hypnotisante encore, avec un style à la fois efficace et ciselé, donnant de la puissance aux mots, mais aussi beaucoup d’humanité.

En bref, un thriller psychologique saisissant, intensément noir et bigrement addictif… Johana Gustawsson est dangereuse, vous voilà avertis !

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