Chroniques 2021 \ La peine du bourreau d’Estelle Tharreau

Belle surprise que ce thriller tout à fait saisissant : « La peine du bourreau » d’Estelle Tharreau, paru en octobre 2020 aux éditions Taurnada, lauréat du Prix du Roman Noir 2021 des Bibliothèques au Festival Polar de Cognac et en lice pour le Prix des Auteurs Inconnus dans la catégorie littérature noire. 
 
Le pitch : Alors que le Texas s’apprête à vivre une énième exécution, le sort du détenu qui se fait appeler Ed 0451 divise la population plus encore qu’à l’accoutumée. A quatre heures de l’injection létale, le Gouverneur Thompson rend visite à McCoy, Bourreau de son état/État afin de recueillir son expérience et ses confidences sur le couloir de la mort… 
 
Si je crois avoir pratiquement tous ses livres dans mes bibliothèques, je n’avais finalement lu qu’un seul titre d’Estelle Tharreau avant de découvrir celui-ci dans le cadre du Prix des Auteurs Inconnus en catégorie littérature noire, pour laquelle j’ai la chance de faire partie du jury. Avant d’aborder ce roman plus en détails, j’en profite ici pour remercier les organisateurs de cet excellent Prix pour leur confiance, leur disponibilité et leur efficacité, outre l’indéniable qualité de leur travail ! 
 
A travers un récit saisissant de réalisme, l’autrice nous entraîne avec elle dans le couloir de la mort d’un pénitencier texan, et aborde ainsi le système judiciaire américain à travers les yeux d’un bourreau pour une expérience à la fois originale et immersive, troublante et prenante.
Car à l’image de son décor, l’autrice nous propose ici un huis clos particulièrement oppressant aux côtés de trois personnages fort bien croqués et particulièrement intéressants. A l’instar du Gouverneur, dont nous ne voudrions toutefois pas la place, nous recueillons tantôt les confidences de l’exécuteur, tantôt les souvenirs du condamné, et c’est ainsi que l’autrice évoque la justice et ses injustices sans pour autant se permettre d’émettre le moindre jugement.
Pris au piège avec eux entre les opposants et les défenseurs de la peine capitale, il nous reste donc quatre heures et 250 pages pour statuer sur le sort d’un homme, ce qui rend ce court roman, déjà servi par une plume fluide et élégante avec un style direct et efficace, d’autant plus haletant tandis que la tension ne cesse de grimper. 
 
En bref, jolie prouesse que ce thriller psychologique, tout à la fois fort et audacieux, sombre mais non dénué d’humanité.

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