Entrez dans la légende : “Le Garçon éternel” de Jérôme Loubry, paru le 02 janvier 2026 aux éditions Calmann Levy Noir.
Le pitch : Une forêt en pleine nuit recèle bien des mystères. Ces deux adolescents partis chercher le succès en filmant leur aventure vont y trouver l’inimaginable : un cadavre de femme, mains et pieds coupés…
Sur place, l’inspectrice Manon Rousseau comprend tout de suite que le tueur a mis en scène sa découverte comme un rituel. Bientôt, la rumeur du retour du « garçon éternel » – une légende locale – surgit, alimentée par les réseaux sociaux.
Parallèlement, Cédric, journaliste rongé par le départ de sa femme, accepte de retranscrire les mémoires d’un vieil homme. Au fil des enregistrements qui lui sont fournis, il plonge dans la vie d’une mère dévouée à son fils, à la fin des années 1950. Mais si ce qu’il entend est vrai, quel terrible secret est-il en train de mettre au jour ?
Cette année, j’étais déterminée à n’acheter aucun livre avant de rencontrer leurs auteurs à l’occasion d’un salon, ceci afin de faire baisser ma PAL qui flirte dangereusement avec le Burj Khalifa de Dubaï… Seulement je suis une faible lectrice passionnée… Aussi, lorsque mon mari m’a dit “Je vais faire un tour à Cultura, je te prends un livre ?”, je n’ai évidemment pas su résister à la tentation et j’ai craqué pour “Le Garçon éternel“, dernier roman de Jérôme Loubry que j’attendais tant…
Fidèle à son ADN littéraire, Jérôme Loubry nous surprend par son habileté à utiliser les mêmes outils pour nous proposer un thriller qui ne ressemble à aucun autre dans sa bibliographie. Entremêlant judicieusement les histoires et les époques sans oublier les points de vue, l’auteur nous entraîne sans délai au cœur d’une sombre enquête et d’un passé douloureux, au cœur d’une intrigue complexe, à la tension sourde et au suspense haletant.
Tandis que Manon et Salim sont appelés suite à la découverte du corps d’une femme atrocement mutilé dans une scierie abandonnée en pleine forêt, Cédric tente de surmonter la disparition de sa compagne Laura en acceptant la proposition d’un riche industriel de rédiger ses mémoires. Je n’irai pas plus loin au risque de trop en dire, toujours est-il que les thématiques abordées sont très intéressantes, explorent tantôt les dédales de l’esprit humain et les traumatismes de l’enfance, tantôt les ravages des réseaux sociaux et les fantasmes d’une légende, le tout avec finesse, cohérence, maîtrise et subtilité.
Si le terme d’inspecteur m’a fait saigner les yeux, j’ai beaucoup apprécié suivre ces différents protagonistes, étoffés en substance et croqués avec beaucoup d’humanité, à commencer par notre duo d’enquêteurs auquel je me suis rapidement attachée. A l’instar de ces derniers, on ne sait pas trop dans quoi on met les pieds quand on franchit les premières pages… Et puis le piège se referme, le récit nous happe, l’atmosphère nous enivre, le décor nous envoûte et la vérité fait froid dans le dos. Les chapitres sont courts, accentuent un rythme déjà soutenu par une plume fluide, vive et dynamique, un style nerveux et efficace pour une lecture redoutable et un titre diablement bien choisi.
En bref, je vous laisse seuls juges de savoir qui manipule qui entre ces lignes qui, en tout cas, ne peuvent décidément pas laisser insensibles : A vous désormais de rencontrer “Le Garçon éternel“!