Un émouvant rappel à soi : “Le jeu du bonheur a commencé comme ça” de Julien Aime, paru le 13 mars 2025 aux éditions Eyrolles.
Le pitch : Pour fêter le divorce de leur meilleure amie Sarah, Marie et Karine l’emmènent au Pays basque pour un week-end de folie et de lâcher-prise. À l’endroit même où elles ont fêté leur baccalauréat, il y a vingt ans. Au cours de leur séjour, elles décident de jouer à un jeu : être 100 % elles-mêmes, ne plus réfréner la moindre de leurs idées et envies. L’expérience est tellement libératrice qu’elles décident de la poursuivre une fois de retour chez elles : enfin, elles vont dire tout ce qu’elles pensent vraiment à leurs familles, collègues, maris, boss, amis… Un jeu de la vérité qui, entre non-dits, rancoeurs et révélations explosives, pourrait bien bouleverser leurs vies pour toujours.
Oserais-je vous avouer que je vous livre aujourd’hui une chronique qui affiche deux mois de retard ? En effet, mes Bookinautes adorés, j’ai lu ce roman en fin d’année… Mais alors qu’il m’avait réchauffé le cœur, consolé de bien des malheurs pour aborder 2026 sous les meilleurs auspices, tout a dérapé dès les 02 janvier : Oui, moi je ne traîne pas quand il s’agit de me gâcher la vie… Dès lors je n’arrivais plus à franchir le pas : Comment puis-je parler de bonheur tout en broyant du noir ? Je ne vous apprends rien en vous disant que tout est allé de mal en pis au fil des semaines… Mais ce 10 mars, quelque chose s’est débloqué : Serait-ce mon premier jour de télétravail, me ramenant vers plus de sérénité ? Peut-être, je ne saurais le confirmer. Toujours est-il que je suis enfin prête à vous parler de ce roman, petite pépite de bien être littéraire à consommer sans modération.
Tout en nous intégrant dans l’existence de ces trois amies à l’occasion d’un EVFM (Enterrement de Vie de Femme Mariée), l’auteur nous offre le vibrant portrait de la femme dans notre société. Peu importe son caractère ou sa personnalité, ses qualités ou ses faiblesses, ses victoires ou ses blessures, chacune doit gérer un quotidien très (trop ?) lourd à porter, qu’elle assume même lorsqu’elle vient à flancher. Trois nanas bien différentes auxquelles on peut forcément s’identifier, d’une manière ou d’une autre, ce qui rend l’aventure d’autant plus immersive, empathique et touchante, légère sans manquer de profondeur, porteuse d’espoir sans effacer les difficultés, pétillante tout en restant gorgée d’émotions, voilà de quoi nous inviter à notre propre introspection… Pour constater que, nous aussi, vous, moi, toutes, nous nous sommes sans doute oubliées en route, à un moment ou à un autre : Une bonne petite claque qui nous rappelle qu’on doit rester notre essentiel parce qu’on ne pourra rien faire sans penser un minimum à soi, qu’on n’aura aucun (bon) résultat si on s’exclut de l’équation de la vie.
A travers ces femmes, l’auteur en profite donc pour aborder des thématiques tout à fait sérieuses et nous y faire réfléchir, mais aussi nous parler d’amour et d’amitié, des doutes qui nous assaillent sans arrêt, des déceptions et désillusions qui jalonnent notre parcours, de l’importance d’être soutenue, entourée quand un genou à terre doit être posé. Le tout est servi par une plume fluide, lumineuse et sensible, porté par un style tout à la fois piquant et lumineux, pour un moment de lecture prenant et poignant qui, sans masquer nos erreurs, nous fait véritablement du bien. Au moral, au cœur et à l’âme.
En bref, je suis ravie d’avoir pu me plonger dans cette petite bulle d’oxygène dont je vous fais enfin profiter : Je regrette simplement de ne pas avoir su m’en montrer digne dans ma propre réalité… Alors en route pour un autre roman de Julien Aime !