Le Département S reprend du service pour un thriller aux multiples facettes : “Les Remplacés” de Joseph Macé-Scaron, paru le 16 avril 2026 aux Presses de la Cité.
Le pitch : Des os humains découverts dans une poupée de chiffon. Des cadavres aux visages masqués retrouvés dans les entrailles de la ville. Une psychiatre atrocement mutilée, gisant dans son cabinet. À Lyon, la peur s’installe.
L’archiviste Paule Nirsen et le capitaine Guillaume Lassire, membres du Département S, sont chargés de l’enquête. Mais à mesure qu’ils progressent, leurs certitudes vacillent et la réalité se fissure.
Le danger prend un visage d’autant plus terrifiant qu’il est familier.
Qui n’a jamais rêvé de devenir quelqu’un d’autre ?
Souvenez-vous… Alors même que j’avais tous ses romans dans ma bibliothèque, je n’avais pas encore lu la moindre page de Joseph Macé-Scaron avant cet été… Une impardonnable omission que le salon de la Cigogne Noire m’a permis de rattraper en un temps record, puisque l’auteur figurait parmi les invités de mes tables rondes planifiées sur les deux jours de l’évènement. Après avoir gravi “La Falaise aux suicidés” puis m’être confrontée à “La Reine jaune” et découvert “La Croix des Ténèbres“, j’étais donc prête à rencontrer “Les Remplacés“…
C’est d’abord une macabre poupée de chiffon et le Juge Falzon qui donnent rendez-vous au Capitaine Guillaume Lassire et à l’archiviste Paule Nirsen dans la Capitale des Gaules où une enquête bigrement complexe les y attend. Une affaire à la fois aussi étrange et très différente des précédentes : Dès lors, et quand bien même je reste une fervente adepte de la lecture dans l’ordre de parution pour comprendre le fonctionnement et l’évolution des protagonistes, il n’est pas nécessaire d’avoir bouquiné les premiers opus pour l’entière compréhension de celui-ci… Qui va pourtant semer le trouble et la pagaille dans votre esprit !
En effet, Joseph Macé-Scaron nous entraîne au cœur d’une intrigue remarquablement sombre et glaçante, pleine de suspense et de rebondissements, remettant bien vite nos certitudes en question et distillant toujours plus de doutes au gré de nos investigations. Des investigations diverses et nombreuses, dans une ville particulièrement bien dépeinte, présentée comme un personnage à part entière, servant elle aussi la thématique du double, essentielle à ce récit. Mais à travers ce roman, la ville de Lyon et même ses principaux protagonistes, l’auteur va plus loin et interroge la notion même d’identité, donnant à son histoire sous tension constante une dimension psychologique particulièrement prégnante et puissante. Si je ne me suis attachée à personne en dehors de Paule Nirsen que je prends toujours plaisir à suivre, chacun des personnages s’avère étoffé en substance, doté d’une véritable personnalité, tient son rôle avec force et sensibilité, se révélant tout à fait digne d’intérêt.
Difficile de vous en dire davantage au risque de divulgâcher… Toujours est-il que l’aventure est d’autant plus prenante qu’elle est portée par une écriture fluide, nerveuse et incisive, un style vif qui sert à merveille l’atmosphère sinistre et oppressante, laquelle nous happe et nous attrape de la première à la dernière ligne sans nous laisser la moindre chance d’en réchapper.
En bref, méfiez-vous des apparences, elles sont souvent (et dangereusement) trompeuses… Joseph Macé-Scaron nous en fait une redoutable démonstration !