Coup de maître pour un premier polar captivant : “Post Mortem” d’Olivier Tournut, paru le 06 novembre 2024 aux éditions Fayard, lauréat du Prix du Quai des Orfèvres 2025.
Le pitch : “Une œuvre pas belle à voir” : telle est la façon dont la scène de crime a été décrite à la capitaine Isabelle Le Peletier avant son arrivée sur les lieux. Mais rien n’aurait pu la préparer à une telle horreur. Dans un grand appartement parisien, vide de tout meuble, le corps d’un homme l’attend assis sur une chaise, nu et atrocement mutilé. Sur son avant-bras, un étrange tatouage. Le clou du spectacle : un tableau de Van Gogh disparu depuis la Seconde Guerre mondiale est posé à côté du cadavre.
Epaulée par l’imprévisible lieutenante Blanche Charon, Isabelle Le Peletier mène l’enquête sans se douter que ce meurtre va l’emmener sur les traces d’un des hommes les plus puissants du pays.
Honte à moi qui ai ce bouquin dans ma PAL peu ou prou depuis sa sortie, puisque j’ai rencontré Olivier Tournut pour la première fois à la Foire du Livre de Brive, il venait tout juste d’être récompensé du prestigieux Quai des Orfèvres, précisément pour ce roman, son tout premier. Et puis voilà, la machine s’emballe, les couloirs du temps rétrécissent… Dix-huit mois ont passé, je ne l’ai toujours pas bouquiné, et ce alors même que “Poker menteur“, le second titre de l’auteur, s’est lui aussi glissé dans ma bibliothèque… Fort heureusement, le salon de la Cigogne Noire m’a permis de mettre fin au suspense, plaçant l’auteur parmi les invités des tables rondes que j’ai eu la chance et le plaisir d’animer les 12 et 13 septembre derniers ! Je vous parlerai donc très prochainement de ce nouveau livre mais, pour l’heure, il est grand temps de rattraper mon retard !
Pour son premier polar, Olivier Tournut nous offre une incursion dans les allées feutrées du monde de l’art : Un univers qui me passionne malgré mes maigres connaissances en la matière, et dont l’auteur nous dévoile bien au contraire les aspects les plus obscurs, avec ses œuvres disparues, ses faussaires et son marché noir, pour une intrigue particulièrement riche… Sans oublier d’être pleine de suspense et bigrement trépidante !
Parce que l’auteur ne sacrifie en rien la tension et l’action à la documentation : Tout commence avec une toile introuvable depuis la Seconde Guerre mondiale, nonchalamment posée à côté d’un cadavre atrocement mutilé, assis nu sur une chaise dans un appartement vide. “Une œuvre pas belle à voir” selon la Lieutenante Blanche Charon, première de l’équipe du Capitaine Isabelle Le Peletier à débarquer sur cette effroyable scène de crime.
Sans éclipser le reste du groupe auquel on aura tôt fait de s’intégrer pour investiguer, ces deux-là forment un duo de choc au caractère bien trempé. Deux femmes à la personnalité étoffée en substance, dotées d’un véritable supplément d’âme, dépeintes avec nuance, sans gommer leurs failles et leurs faiblesses, ce qui rend les profondément entières et authentiques et donnent beaucoup d’humanité à ce récit. Une humanité renforcée par la structure narrative adoptée par l’auteur, mettant en parallèle l’enquête à proprement parler et les confidences du meurtrier.
Le tout est servi par une plume fluide, visuelle et immersive, qui ne manque d’ailleurs pas d’esthétisme, contrastant ainsi avec les horreurs décrites, un style efficace et dynamique qui donne du rythme et nous tient en haleine jusqu’à la dernière ligne : C’est du bel ouvrage !
En bref, le Prix du Quai des Orfèvres est une récompense bien méritée pour ce formidable coup de poker que représente ce formidable premier opus… Et de poker, il en sera question prochainement avec le Capitaine Le Peletier et son équipe, puisque “Poker menteur” nous attend !