Duo duel : “Le Piège” d’Olivier Bal, paru le 23 avril 2026 aux éditions XO.
Le pitch : Depuis dix ans, Harry Miller traque Frank Lombardo à travers les États-Unis.
Il le laisse disparaître. Changer de ville. Recommencer une vie.
Et puis, quand Frank croit enfin être libre, le piège se referme. Une nouvelle fois.
Pourquoi cet acharnement ?
Dans la guerre que se livrent ces deux hommes, une enquêtrice, Leah, est rongée par le doute.
Qui est le chasseur… Qui est la proie ?
Et si le véritable piège n’était pas celui que l’on croit ?
Adepte de sa plume depuis ses débuts dans l’autoédition, je suis toujours ravie de retrouver Olivier Bal en librairie, et ne manque jamais une nouvelle parution de ce joyeux luron à la si sombre imagination. Je l’ai donc croisé aux Quais du Polar en avril dernier… J’avoue avoir ardemment espéré une avant-première à Lyon, mais mon vœu ne s’est pas réalisé… Tant pis, me suis-je dit, ce sera pour un prochain salon… Et puis le Festival du Livre de Paris est arrivé… Je n’y allais que le dimanche tandis qu’Olivier Bal y dédicaçait le samedi… Je ne l’ai donc pas revu… Mais “Le Piège“, si. Il m’attendait, sagement et innocemment, en avant-première sur le stand des éditions XO… J’aurais pu attendre… Oui, j’aurais pu. Oui mais non. Parce que “Le Piège” s’est inévitablement refermé sur moi…
Sans crier gare, Olivier Bal nous plonge au cœur d’une traque sans merci, nous mettant sous tension dès les premières lignes, nous mettant la pression dès les premières pages pour une lecture qui, très vite, se fait prenante, haletante et saisissante.
Harry Miller et Frank Lombardo. Deux hommes qu’une mort oppose. Deux cœurs à vif que l’amour confronte. Deux âmes brisées que la haine reflète. Car c’est bien de cela dont il s’agit : Une histoire d’amour, de rage et de désespoir. Que nous reste-t-il quand on estime avoir tout perdu, à commencer par sa raison de vivre ? Faut-il un coupable pour nous maintenir à flot ? La vengeance est-elle seulement une clé de reconstruction ou de destruction ?
C’est dans cette dimension psychologique d’une sensibilité extrême que ce thriller machiavélique nous traîne et nous entraîne. C’est dans cette spirale folle et infernale que l’auteur nous emporte… Sans pour autant forcer le rythme, pour mieux accentuer cette sensation d’être chassé, cette impression d’être surveillé, ce sentiment d’être oppressé. C’est finalement cela qui rend notre lecture si palpitante et addictive… Car ceci est un piège, et il fonctionne à merveille… Mais sur qui, exactement ?
Car l’auteur a minutieusement pensé sa structure narrative pour mieux malmener ses lecteurs comme ses personnages… Des personnages pour lesquels on n’éprouve pas vraiment d’attachement mais une certaine empathie… Que vous comprendrez nécessairement en les côtoyant tout au long de cette décennie diabolique.
Et c’est là toute la maestria de l’auteur qui nous offre un face à face bien plus redoutable et complexe qu’il n’y paraît. Vous qui entrez ici, abandonnez toutes vos certitudes : Elles ne sont pas bonnes ! Surtout quand l’intrigue est portée par une plume aussi fluide, percutante et efficace, un style vif et implacable pour un bouquin qui porte bien son nom puisqu’on s’avère incapable de le lâcher sitôt qu’on l’a commencé…
En bref, Olivier Bal nous offre ici un thriller qu’on sent viscéral pour un “Piège” qu’on n’a pas su déceler avant d’y plonger tête la première : La chasse est ouverte !