Lecture commune Octobre 2019 avec Françoise et Franck : En finir avec Eddy Bellegueule d’Edouard Louis

Mes amis : Au risque de me répéter, le temps passe décidément trop vite ! Hier encore c’était la rentrée… Et aujourd’hui les vacances de la Toussaint sont déjà bien entamées… Hier encore je déprimais d’être revenue de vacances… Et aujourd’hui je pense à cette valise que je devrai bientôt préparer pour partir : Toujours voir les choses du bon côté, surtout lorsqu’on est fatigué !
Et c’est toujours plus facile lorsqu’on est entouré de sa DreamBookTeam ! Une fine équipe composée de quatre membres de mon plus proche entourage, embrigadés à l’insu de leur plein gré pour m’accompagner dans mes tribulations de blogueuse aussi passionnée que déjantée ! S’ils ont la charge d’alimenter plusieurs rubriques par l’intermédiaire de ma plume, je craignais qu’ils ne s’ennuient, aussi les ai-je encore entraînés dans une nouvelle activité : La lecture commune pour un avis à trois têtes, une lecture à six mains… Et c’est aujourd’hui en compagnie de Françoise et Franck que je m’apprête à vous parler du roman “En finir avec Eddy Bellegueule” écrit par Edouard Louis, publié aux éditions du Seuil et désormais disponible au format poche chez Points

Le livre dans ses moindres détails…
Format lu : Poche – 216 pages
 
Résumé : “En vérité, l’insurrection contre mes parents, contre la pauvreté, contre ma classe sociale, son racisme, sa violence, ses habitudes, n’a été que seconde. Car avant de m’insurger contre le monde de mon enfance, c’est le monde de mon enfance qui s’est insurgé contre moi. Je n’ai pas eu d’autre choix que de prendre la fuite. Ce livre est une tentative pour comprendre.
Édouard Louis est écrivain. Ce premier roman, traduit dans une vingtaine de langues, a rencontré un succès critique exceptionnel à travers le monde.”
 
Incipit : “De mon enfance je n’ai aucun souvenir heureux. Je ne veux pas dire que jamais, durant ces années, je n’ai éprouvé de sentiment de bonheur ou de joie. Simplement la souffrance est totalitaire : tout ce qui n’entre pas dans son système, elle le fait disparaître.”
 
Verdict de mes acolytes…
Voilà un moment que je souhaite extraire ce petit livre des mes trop nombreuses piles… Aussi je suis ravie que celui-ci ait également retenu l’attention de mes chers acolytes, me permettant ainsi de lui offrir un triple avis par ici…
Chaque membre disposait de son exemplaire pour une lecture dans la plus totale tranquillité… C’est finalement Françoise qui, en premier, m’a rendu sa copie à son sujet. Confrontée ce personnage principal aux prises avec un monde hostile tant à l’intérieur qu’à l’extérieur pour n’être pas conforme à la “norme” mais tendra à se plier au modèle social qu’on lui impose pour se faire accepter avant de s’en libérer et se réparer par l’intermédiaire de l’art et de la culture, Françoise a rapidement adhéré à cette lecture dont elle a aimé le contraste entre la violence extrême décrite, la misère matérielle et morale subie avec la libération qui se noue, venue des mots et de la conscience. C’est un livre qui secoue selon Françoise, un livre qui ébranle par la violence qu’il recèle mais qui, malgré toute cette désespérance et cette noirceur liées à l’incompréhension et à l’intolérance, nous emmène et nous ramène vers la lumière de l’être, reconstitué, apaisé, assumé dans sa véritable identité.
 
Dans la même lignée, Franck a beaucoup aimé ce roman autobiographique pourtant dur, poignant et saisissant. Au-delà de l’histoire personnelle d’Eddy Bellegueule, Edouard Louis dresse un portrait très noir de sa région et de son milieu social où règnent la misère, l’alcoolisme, l’homophobie et le racisme… C’est finalement un roman sombre qui résonne avec son époque selon Franck. Rien ne nous sera épargné puisque l’auteur y décrit tout ce qu’il a enduré avec une douloureuse précision, une saisissante justesse de ton et une incroyable absence de jugement. Pour ce faire, Franck a apprécié cet entrelacement de deux langues, celle des “dominants” qu’il qualifie de durassienne et l’autre plus populaire pour sa famille. Au final c’est une invitation à devenir soi-même selon Franck, la possibilité de s’arracher à son milieu d’origine, à se réinventer, à devenir quelqu’un d’autre… Pour échapper au déterminisme. Edouard Louis cherche selon lui la provocation, la confrontation avec le lecteur pour ne jamais plus détourner le regard…
 
Et votre blogueuse dans tout ça ?
Et bien votre blogueuse rejoint bien volontiers l’avis de ses acolytes au sujet de ce bouquin, parfois dérangeant mais toujours bouleversant. Un premier roman écrit par un jeune auteur et a rapidement défrayé la chronique en décrivant l’enfance difficile qu’il a vécue… Ou plutôt subie au fin fond de la Picardie, région où j’ai moi-même grandi… C’est ainsi que je l’ai repéré… Mais j’ai préféré laisser passer le temps pour le lire avec davantage de sérénité… Seulement d’autres livres, d’autres envies, d’autres idées sont arrivées et il m’a pour un temps échappé… Pour un temps seulement comme vous pouvez présentement le constater…
Si l’auteur ne manque pas de régler quelques comptes, il le fait de la plus belle des manières, avec l’unique force de ses mots, de sa plume, de son talent sans jamais dispenser maux et jugements. Une catharsis à n’en point douter pour un beau pied de nez au déterminisme de Zola qui m’avait profondément marquée durant mes années de lycée… Certains passages sont particulièrement difficiles mais on n’est pas ici dans le voyeurisme, bien plutôt dans la transmission d’un message, et quel message ! Véritable ode au respect et à la tolérance, ce petit roman m’a profondément touchée et durablement marquée…
 
Le mot de la fin…

Et bien le mot de la fin sera unanime puisque nous avons tous trois grandement apprécié la lecture de ce bouquin, une lecture certes marquante mais incontestablement touchante et saisissante. Nous ne pouvons donc que vous conseiller de découvrir à votre tour ce roman qui, bien que poignant et difficile au détour de certaines pages, se lit très facilement… Et n’hésitez pas à revenir par ici pour nous dire ce que vous en avez pensé : C’est ainsi que les lectures se partagent et voyagent !  


 

La publication a un commentaire

  1. Clipping Path

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