Il était un Indé… Et c’est Arnaud Lequertier !

Dans le cadre de cette petite rubrique consacrée à l’autoédition que je prends toujours plaisir à alimenter pour la DreamBookGazette tandis que ma chère Nora nous propose chaque mois la chronique d’un roman indé, c’est avec une joie immense que je vous présente aujourd’hui un auteur que j’ai eu la chance de rencontrer il y a maintenant quelques années lors de différents événements littéraires tels que Livre Paris. Si nous n’avons pas eu l’occasion de nous croiser de nouveau depuis un moment, notamment du fait de la crise sanitaire, je le suis toujours avec beaucoup d’intérêt sur les réseaux sociaux et, en attendant de pouvoir échanger de nouveau de vive voix avec lui, je profite de la parution de son dernier roman fin 2022 pour mettre en lumière Arnaud Lequertier : Belle lecture et bonne découverte !

Pourrais-tu te présenter en quelques mots ?
Adepte des efforts au long cours, qu’il s’agisse de l’écriture de romans ou des préparations marathon, j’articule mes journées entre les chiffres et les cellules des tableaux Excel le jour, les lettres et la page blanche de Word la nuit, sans négliger un instant la vie de famille autour de Charlie, ma puce d’amour âgée de cinq ans, qui m’offre chaque jour l’occasion de redécouvrir le monde à travers ses yeux et d’interroger mes certitudes d’adulte.

D’où t’est venue l’envie d’écrire ? Qu’est-ce qui t’a poussé à prendre la plume ?
D’une séance de coaching. A l’issue d’une nouvelle expérience dans les chiffres, j’ai décidé de faire un petit pas de côté avec quelques séances de coaching et, lors de l’une d’elles, la personne m’a demandé de lister sur dix post it les regrets que je pourrais avoir sur mon lit de mort. Après quelques (longs) instants d’hésitation, l’inspiration m’est venue, et sur l’un d’eux, j’ai écrit « Ne jamais avoir entrepris quelque chose d’artistique ». Cette idée a ensuite germé en moi avec l’envie de plus en plus irrépressible de tenter de raconter des histoires qui pourraient résonner chez d’autres comme certains livres ou films peuvent le faire en moi.

Quelles sont tes sources d’inspiration pour tes romans ? De quoi se nourrissent tes intrigues ?
Elles sont multiples. Pour mon tout premier roman, « Le bigorneau amoureux », je voulais mettre toutes les chances de mon côté de parvenir au point final et suis donc parti d’un contenu très autobiographique, avec comme point de départ un accident de ski m’ayant contraint à mettre mon quotidien rythmé entre parenthèses quelques temps.
Pour le second, « La tectonique de l’être », l’élément déclencheur, à savoir fixer une personne inconnue droit dans les yeux durant soixante secondes sans dire un mot, m’est venue lors d’un festival d’arts de rue en Belgique où, confronté à cet exercice hors du commun, j’ai ressenti plein de choses en moi durant cette « interminable » minute.
Pour le suivant, « Génération sens dessus dessous », c’est l’observation de proches et des impacts de l’arrivée d’un enfant au sein d’un groupe d’amis liés comme les dix doigts de la main au difficile carrefour de la trentaine.
Et pour le petit dernier, « L’apparent confort des bulles », le point de départ correspond à une pensée s’étant forgée ces dernières années avec la place toujours grandissante des algorithmes dans nos vies, nous enfermant dans de confortables bulles et nous confrontant de moins en moins à l’altérité chez l’autre et en nous.

Pourrais-tu nous présenter ta bibliographie, et notamment nous parler de ton dernier roman “L’apparent confort des bulles”, paru en décembre 2022 ?
Vous l’aurez compris, ma bibliographie s’inscrit profondément dans le quotidien et raconte des tranches de vie de personnes plus ou moins contraintes à abandonner un temps leur routinière zone de confort, l’occasion pour elles d’interroger les chemins pris par leurs vies.
Dans cette histoire, un mystérieux bug informatique planétaire va réunir, pour le meilleur ou pour le pire, les trois protagonistes qu’on aperçoit sur la couverture : Gaspard, un dynamique quadragénaire dirigeant d’une start-up, son plus brillant ingénieur informatique Valentin qui, en dépit de son prénom, se révèle très maladroit avec la gent féminine et les codes de l’amour, et Avril, une bretonne montée à la capitale pour tenter vainement d’échouer dans le monde de la musique, et dont le charme et la gaieté cachent des blessures encore mal refermées.

Tes livres portent toujours des titres qui interpellent et sont parés d’élégantes couvertures, pleines de couleurs, des plus vives aux teintes pastel. Comment travailles-tu ces éléments ?
Au-delà même du texte, il m’est vite apparu qu’en tant qu’auteur autoédité, le titre et la couverture constituaient des éléments essentiels pour attirer le regard de lecteurs et se démarquer des milliers d’autres minuscules vignettes des plateformes d’achat numériques.
Mes titres me viennent généralement alors que j’ai déjà bien avancé dans l’écriture des romans, à l’exception de mon second où le titre, « La tectonique de l’être », se trouve à l’origine de la structuration de l’histoire.
En ce qui concerne mes couvertures, je me suis très vite orienté vers des illustrations pour la plus grande sensibilité qui s’en dégagent et qui collent, je l’espère, à mon écriture. Aussi, à mesure de l’avancement de mon « bigorneau amoureux », je me disais que, si je venais au bout, je solliciterais Hanna Dora, une dessinatrice hongroise repérée sur internet des années en arrière à la recherche d’illustrations de mes films favoris pour personnaliser des t-shirts. Par bonheur, elle a accepté cette collaboration, poursuivie ensuite pour « La tectonique de l’être ». En revanche, pour mon troisième, « Génération sens dessus dessous », sa vie avait pris d’autres directions et, grâce à une amie runneuse, j’ai découvert Margot Firquet qui a transformé mon croquis d’enfant de trois ans en une magnifique couverture (oui, je ne suis pas très objectif 😉) avant de rempiler avec bonheur pour « L’apparent confort des bulles ».

Très ancrées dans notre monde actuel, tes intrigues semblent aussi riches et très variées. Quel livre conseillerais-tu à un lecteur souhaitant découvrir ta plume ?
J’avoue souvent sécher lorsque l’on me pose la question en salon, et ne pense pas avoir une réponse générique à offrir à un lecteur. Cela dépend de sa sensibilité par rapport au cœur de l’histoire, aux personnages ou à des mots du synopsis qui pourraient résonner en eux. Toutefois, très attaché à l’idée de voyage dans ma vie, je dirais peut-être de commencer par mon tout premier, « Le bigorneau amoureux », et suivre ensuite, si affinités, mon modeste parcours littéraire.

Pourquoi t’être lancé dans l’autoédition ?
J’avoue avoir peu réfléchi aux modalités d’édition jusque tardivement dans l’écriture de mon « bigorneau amoureux ». Une fois sûr que j’irai jusqu’au bout, l’autoédition s’est vite imposée à moi. Un roman ne prend tout son sens que lorsqu’il arrive entre les mains d’un lecteur et l’autoédition permet cela tout en vous offrant l’immense liberté des choix de couverture, de synopsis, etc. Après, je ne vous cache pas avoir tenté de nouer contact avec des éditeurs traditionnels pour mes deux premiers romans mais, malgré quelques retours encourageants, il leur manquait un petit quelque chose.

Aux lecteurs réfractaires à l’autoédition, que dirais-tu pour les convaincre de te lire ?
Tout d’abord je peux les comprendre, comme les libraires d’ailleurs : dans un monde d’abondance de romans édités traditionnellement sortant par centaines chaque année, il faut faire des choix et une maison d’édition constitue une garantie de sérieux. Mais je pense profondément qu’il ne faut pas se fermer de portes dans la vie et se fier à son instinct. Et au-delà de l’instinct, ces lecteurs « réfractaires » à l’autoédition peuvent toujours aller consulter les notes moyennes de mes romans sur la plateforme Kobo car, je vous promets, je n’ai pas autant d’amis que cela ! 😉

As-tu déjà d’autres projets en tête ?
Non, pas de cinquième roman pour le moment. A la fin de chaque roman (le dernier est paru mi-décembre 2022), je tente de prendre quelques temps pour lire d’autres auteurs, d’autres plumes et faire le tri dans les idées qui pourraient frapper à la porte. Et dans l’intervalle, je suis actuellement des masterclass d’auteurs reconnus tels que Eric-Emmanuel Schmitt ou Bernard Werber.

Un petit mot pour la fin ?
Un grand merci pour cette fenêtre que tu offres aux auteurs autoédités chaque mois, car le plus difficile dans l’autoédition, comme dans la vie d’ailleurs, c’est d’enclencher une dynamique positive pour faire découvrir nos romans à des lecteurs. Merci pour la mise en lumière et à bientôt j’espère sur de prochains évènements littéraires.

C’est moi qui remercie Arnaud Lequertier pour son extrême gentillesse et sa grande disponibilité en prenant le temps de répondre à mes petites questions indiscrètes, me permettant ainsi de vous le faire découvrir à mon tour ! Maintenant que vous avez fait plus ample connaissance avec cet auteur fort sympathique, il vous absolument vous pencher (de nouveau) sur sa bibliographie : Par quel titre allez-vous commencer/poursuivre ? Quel(s) livre(s) avez-vous déjà lus ?

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