Chroniques 2026 \ Chiens fous de Max Monnehay

Du thriller pénitentiaire au thriller judiciaire : “Chiens fous” de Max Monnehay, paru le 08 octobre 2025 aux éditions Harper Collins Noir.

Le pitch :« Sommes-nous des créatures plus bestiales que les bêtes elles-mêmes ? »
Dans le calme apparent de Malameria, un petit village andalou où Alano Garcia, célèbre avocat pénaliste, a choisi de se retirer, les jours s’écoulent sous le signe de la sérénité. Pourtant, ce havre de quiétude se voit bientôt troublé. Cela a-t-il un lien avec son dernier et retentissant procès, celui de Vincent Sauriol ? Surnommé le Chien fou, cet homme a précipité la ville de Bordeaux dans la terreur avec une série d’effroyables agressions. Malgré un faisceau de preuves accablantes et l’indignation publique, Alano est persuadé de l’innocence de son client. Et plonge corps et âme dans la défense du jeune homme.

Fidèle à sa plume depuis son arrivée en littérature noire, j’attendais le nouveau roman de Max Monnehay avec une certaine fébrilité : à la fois impatiente de découvrir dans quelle nouvelle aventure elle allait m’embarquer, à la fois hésitante car je savais tout de même l’intrigue pas si éloignée de mon quotidien… Dès lors, la greffière a tendance à se manifester lorsque la lectrice est contrariée… Pour autant, à la question “Max Monnehay est-elle coupable d’avoir produit un thriller absolument remarquable ?”, la Cour et le jury ont répondu OUI à la majorité des sept voix au moins !

Pour ma première lecture de l’année, j’ai vraiment eu l’impression d’aller bosser… Outre le fait que cela tombait bien puisque j’étais (encore et toujours) de permanence le 1er janvier, vous comprendrez que c’est, chez moi, un vrai gage de qualité. Alternant judicieusement les temporalités, Max Monnehay nous invite à la rencontre de Maître Alano Garcia, ténor du barreau bordelais qui a tiré sa révérence à la suite d’un retentissant procès, lequel a effectivement chamboulé son existence… Mais pas de la façon dont il l’espérait. De l’intimité de son couple à la grandiloquence du prétoire où il aura à défendre Vincent Sauriol, un homme que tout accuse des pires atrocités, nous nous glissons dans le sillage de cet avocat qui, sous ses airs arrogants et ambitieux, s’avère un être humain en quête de reconnaissance et d’intégration, contraint de surmonter ses failles et d’assumer ses choix.
A travers ces deux protagonistes qu’elle a minutieusement croqués, l’autrice nous offre un thriller sous haute tension, particulièrement intense et machiavélique, magistralement orchestré. De sa plume diablement nerveuse et efficace, tout à la fois percutante et captivante, Max Monnehay nous met au pas dès les premières lignes pour ne plus nous lâcher jusqu’à la dernière page tournée. Avec une saisissante justesse, la voilà qui nous confronte à la personnalité de chacun comme aux éléments du dossier. La voilà qui nous met face aux limites d’un système comme à la cruauté des hommes. Car derrière le monstre, il y a toujours un homme. Car c’est sans aucun doute au cœur de l’humanité qu’on trouve la plus grande bestialité. Pris au piège de nos doutes, nous voilà bien vite avides de vérité et de justice, dût-elle s’affranchir du Code pénal. En parallèle, et comme pour mieux mettre en exergue son propos, Max Monnehay se penche également sur la maltraitance animale en évoquant l’effroyable sort des galgos. En résulte ce thriller haletant, éprouvant, puissant et gorgé d’émotions, qui joue avec nos tripes et avec nos nerfs, nous tient en haleine sans discontinuer jusqu’à un final ahurissant, qui nous hantera bien longtemps après avoir franchi le point final.

En bref, Max Monnehay nous souffle avec cette fascinante immersion, tant dans les arcanes du monde judiciaire que dans les bas fonds de l’âme humaine : Coup de Maître !

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