Chroniques 2026 \ Ici de Johana Gustawsson et Thomas Enger

Tout commence… “Ici” de Johana Gustawsson et Thomas Enger, paru le 04 février 2026 aux éditions Calmann Levy noir.

Le pitch : Kari Voss, brillante comportementaliste spécialiste du langage corporel, travaille avec la police d’Oslo. Dévastée par la disparition de son fils sept ans plus tôt, elle s’est plongée dans sa vie professionnelle pour avancer.
Pourtant sa douleur est ravivée quand deux adolescentes sont assassinées dans une maison de vacances au bord d’un fjord. Eva et Hedda étaient les meilleures amies du fils de Kari. Le suspect, Jesper, à l’époque un petit garçon timide, était le quatrième de leur bande. Il a avoué.
Par son métier, par son instinct, Kari est celle qui voit ce que les autres ne voient pas. Dans cette affaire, les parents, les amis, les voisins, les victimes même semblent avoir quelque chose à cacher. Malgré les preuves accablantes, Kari est persuadée que l’histoire est bien différente de la version officielle, et, seule contre tous, elle va tenter de le prouver.
Car ici, tout le monde ment…

Si je lorgnais sur ce bouquin depuis sa sortie, j’ai préféré patienter jusqu’aux Quais du Polar pour rencontrer les deux auteurs en même temps… Je n’ai finalement pas pu saluer Thomas Enger, ce dernier ayant malheureusement dû annuler sa venue pour de tristes raisons personnelles, mais c’est avec bonheur que j’ai retrouvé Johana et son éclatant sourire pour échanger quelques mots et me faire dédicacer mon exemplaire pour ensuite le bouquiner… Et ce avec d’autant plus d’intérêt que j’ai la chance d’animer une table ronde en sa compagnie et celle de RJ Ellory au salon de l’Escargot Noir qui se tient ce week-end à Sens !

Conjuguant merveilleusement leurs talents comme leurs idées (noires ^^), Johana Gustawsson et Thomas Enger nous offrent un thriller psychologique original par bien des aspects, à commencer par son héroïne et son domaine d’expertise.
Bien que présente, l’enquête que nous suivons en priorité n’est pas tant celle de la police que celle de Kari Voss, surnommée le “détecteur de mensonges humain”, spécialiste du langage corporel et de la mémoire. C’est par ces biais atypiques que nous nous laissons entraîner au cœur d’une intrigue plus complexe qu’il n’y paraît, subtilement pensée et redoutablement orchestrée. Parce qu’elle analyse tout ce qui se montre sans se dire : les comportements, les regards, les silences… C’est quand même pas banal à travers une lecture !
Dès lors, Kari Voss ne croit pas à la thèse soutenue par la police et corroborée par les indices, parce que le corps ne la confirme pas. Dès lors, Kari Voss va investiguer contre vents et marées, dans le froideur ambiante que renforcent des décors à tomber. Dès lors, des secrets vont s’éventer, des mensonges aussi : Parce que tout le monde ment… Mais pas forcément volontairement. Parce que nos souvenirs, les miens comme les vôtres et ceux de nos protagonistes, ne sont pas infaillibles. Parce que la mémoire s’avère bien plus poreuse que vous ne le pensez…
C’est d’autant plus intéressant que notre personnage principal connaît elle-même sa fragilité, plus encore au cœur de cette affaire qui la touche personnellement, puisque les deux adolescentes assassinées étaient les amies de son fils, disparu sept ans plus tôt, et que le principal suspect de ce double crime complétait la petit bande de gamins insouciants, ce qui ajoute à l’empathie et aux émotions que procurent ce roman.
Ce ne sont pas tant les rebondissements que la tension constante qui nous happe et nous tient en haleine de la première à la dernière ligne jusqu’à un dénouement sidérant. Ce n’est presque pas tant le coupable qu’on veut connaître à tout prix, mais bien la vérité et la façon dont elle peut s’établir… Une vérité qui DOIT s’établir, se rétablir chez tout un chacun, ce qui donne par ailleurs une dimension sociologique à ce récit. Et si je déplore peut-être que la disparition de Vetle n’ait pas davantage été évoqué “ici”, c’est peut-être, sans doute, pour en savoir plus dans de prochaines aventures aux côtés de Kari Voss, car il y aura nécessairement d’autres opus !

En bref, j’aurais encore bien des choses à vous dire sur ce thriller psychologique très intelligent, mais j’ai déjà bien assez palabré : Lisez-le et, si vous êtes de passage à Sens, on en reparle tous ensemble ce dimanche !

Laisser un commentaire