Chroniques 2026 \ La Croix des Ténèbres de Joseph Macé-Scaron

Un troisième opus à la croisée des genres : “La Croix des Ténèbres” de Joseph Macé-Scaron, initialement paru aux Presses de la Cité le 03 avril 2025 et désormais disponible aux éditions Pocket.

Le pitch : Déterrer le passé, c’est prendre le risque de réveiller l’horreur.
Depuis quelque temps, des événements inquiétants ont lieu à Baugé, petite cité angevine abritant un morceau de la Vraie Croix du Christ.
Tout bascule lorsque des meurtres spectaculaires sont commis. Sont-ils l’œuvre d’un psychopathe ? D’un esprit avide de vengeance ? Le coupable est-il seulement humain ?
Dépassées, les autorités font appel au capitaine Guillaume Lassire et à l’archiviste Paule Nirsen, membres du mystérieux Département S, un bureau non officiel chargé d’élucider des affaires étranges. Lancés dans une course effrénée sur les traces d’une autre croix, qui plongea l’Europe dans les ténèbres durant la Seconde Guerre mondiale, les deux enquêteurs vont remonter jusqu’aux racines du Mal.

Profitant de l’été (à défaut d’être en congés) pour faire baisser ma PAL de quelques bouquins, je poursuis sur ma lancée quant à la bibliographie de Joseph Macé-Scaron. Jamais deux sans trois : Après avoir lu ses deux premiers opus, dédicacés par l’auteur au Polartifice il y a (déjà?!) deux ans, le premier m’ayant beaucoup plu, le second m’ayant laissée plus mitigée, il me fallait absolument partir à l’assaut de “La Croix des Ténèbres“, dont je dispose depuis mai, suite au Printemps du Livre de Montaigu, pour me forger (peut-être) un avis plus tranché…

On prend les mêmes et on recommence… Autrement ! En effet, si l’auteur conserve le même duo, pour le moins atypique, composée d’un gendarme et d’une chartiste, son intrigue prend une tournure quelque peu différente, plus sombre et complexe encore que précédemment. Exit la gendarmerie et le travail en binôme, on oublie Etretat et Roquebrune sur Argens, on intègre le 36 Quai des Orfèvres sous le mystérieux nom de “Département S” pour composer un service, former une équipe… De deux personnes pour prendre la route vers l’Anjou. S’il n’est absolument pas nécessaire d’avoir lu les précédents titres pour mener à bien cette enquête, l’avoir fait reste un atout, pour comprendre comment on en est arrivé là.
Notre bureau des affaires bien étranges est donc sollicité pour mettre fin à une série de meurtres particulièrement effroyables, laissant penser qu’ils ont été perpétrés par une bête… Alors que l’aspect rituel n’est pas négligeable… S’ensuit une intrigue bigrement complexe, entre Histoire et ésotérisme, avec un soupçon d’humour et quelques réflexions sociales, dont on n’imagine pas l’ampleur ni la densité avant de voyager jusqu’en Bosnie. Si je ne suis pas persuadée d’en avoir obtenu toutes les réponses ni cerné toutes les subtilités, force est de constater que l’auteur maîtrise remarquablement son récit et sait nous tenir en haleine jusqu’à un dénouement… Qui nous laisse inquiets.
A défaut de les avoir vus évoluer à travers cet opus, j’ai apprécié de voir Guillaume Lassire et Paule Nirsen travailler enfin ensemble, et non plus seulement collaborer, ce qui nous donne aussi le sentiment d’intégrer leur groupe à notre tour, l’impression d’être davantage partie prenante à cette affaire, par aileurs servie par une plume toujours aussi fluide et élégante, efficace et un brin impertinente.

En bref, je pense m’être rabibochée avec Guillaume Lassire et je me plais assez au sein du Département S… Je pense que je vais rester pour une prochaine aventure (déjà prête dans ma PAL) !

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