Chroniques 2026 \ L’adolescence du perroquet d’Amélie Nothomb

Que la rentrée littéraire commence : “L’adolescence du perroquet” d’Amélie Nothomb, paru ce 19 août 2026 aux éditions Albin Michel.

Le pitch : « L’amour n’est pas un dû. »

C’est plus ou moins devenu une tradition : J’inaugure toujours la rentrée littéraire avec Amélie Nothomb… Et cette année ne fera pas exception, en compagnie d’un beau parleur puisque nous allons côtoyer un Gris du Gabon !

Il s’appelle Jo, c’est un tout jeune Perroquet jaco, et notre narrateur l’adopte presque à l’insu de son plein gré quand il vient se renseigner auprès de son voisin… Discret chroniqueur radio, au quotidien calme et solitaire pour ne pas dire fade et monotone, le voici confronté à une bête aussi caractérielle qu’intelligente, mais aussi hypersensible et nécessitant une attention de tous les instants… Exactement comme un enfant.
S’il ne s’agit là que de mon interprétation, il semblerait qu’Amélie Nothomb nous offre ici une métaphore de la parentalité, voire de la monoparentalité, voire du parent isolé. Célibataire endurci, notre narrateur voit sa vie totalement chamboulée avec l’arrivée de ce nouveau né, auquel il voue immédiatement un amour inconditionnel tout en lui sacrifiant sa totale liberté pour une durée indéterminée. Le voilà fier des réussites de son petit qui grandit bien vite… Sans échapper à la crise d’un adolescent tyrannique qui peut faire preuve d’une jalousie maladive et lui renvoyer son désamour en pleine face. Il y a donc des hauts et des bas, des envies d’exprimer son bonheur à la Terre entière ou d’abandonner quand on ne s’en sort pas… Avec une évidente nécessité de sang froid à toute épreuve, pour éviter de lui en coller une afin de lui clouer le bec quand il dépasse les bornes, sans oublier pour autant qu’il nous doit le respect et qu’on ne doit en aucun cas se laisser malmener, de quelque façon que ce soit. Chacun représente le monde de l’autre alors que tout le monde s’en fout parce que beaucoup en passent aussi par là.
Ce récit manque sans doute un peu de profondeur et pèche peut-être un tantinet par son dénouement, mais il n’en demeure pas moins prenant, porté par une plume fantasque et pétillante, un style unique, dynamique et attrayant… Pour une lecture brève mais plaisante.

En bref, si je constate au fil des ans que je ne la trouve jamais aussi passionnante que lorsqu’elle nous parle d’elle et se fait plus intimiste, j’ai encore passé un bon moment en la livresque compagnie d’Amélie !

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