Livres et vous ? Livrez-vous… Avec l’auteure Emmanuelle Favier !

Après l’été qui s’en est allé sur la pointe des pieds, c’est au tour de septembre de tirer sa révérence après nous avoir régalé de son habituelle rentrée littéraire, exception culturelle française apparemment, mais en tout cas l’évènement majeur de l’année dans le monde des livres incontestablement… Et quand on est une petite passionnée comme moi, c’est forcément une bonne nouvelle et un excellent moment à passer…
Pour autant et à n’importe quelle époque de l’année, je n’oublie jamais mes bonnes vieilles habitudes, notamment le samedi où je pars à la rencontre d’auteurs et autres personnes indispensables au monde littéraire, ceci afin de révéler leurs lectures mais surtout le lecteur qui sommeille en chacun d’eux…
Et si la rentrée littéraire est toujours synonyme pour moi de belles découvertes et autres délicieuses surprises, cette année n’a pas fait exception à la règle en m’offrant une nouvelle fois de savoureuses pépites… Pour des auteurs confirmés mais aussi des petits nouveaux venant de livrer leur premier fait de plume… Car c’est aussi ça, la magie de la rentrée littéraire…
Si l’auteure que je m’apprête à vous présenter a déjà écrit par le passé notamment “Confessions des genres“, un recueil de nouvelles paru aux éditions Luce Wilquin en 2012, celle-ci vient de publier son tout premier roman intitulé “Le courage qu’il faut aux rivières” aux éditions Albin Michel, un livre dont la couverture m’a séduite dès notre rencontre en librairie, dont le résumé a su m’intriguer dès que mes yeux l’ont croisé, dont la lecture m’a transportée et envoûtée dès les premières lignes et jusqu’à la dernière page… Aussi me semblait-il indispensable de pouvoir vous présenter cette talentueuse auteure : Un privilège qu’elle m’a généreusement accordé en se prêtant bien volontiers au jeu de mes petites questions indiscrètes, et je lui en suis extrêmement reconnaissante ! Il est grand temps de vous dévoiler son identité : Mes amis, laissez-moi donc vous présenter la charmante Emmanuelle Favier !

Trêve de bavardages, je ne vous fais pas languir plus longtemps et vous laisse donc découvrir ses réponses… Bonne lecture !


© Astrid di Crollalanza
Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
Je suis née il y a 37 ans et je viens de faire paraître mon premier roman, ce qui est une autre naissance. J’ai publié par le passé trois livres de poésie et un recueil de nouvelles, j’écris aussi du théâtre. J’ai fait du théâtre et de la musique pendant une quinzaine d’années, mais j’ai toujours écrit et j’y consacre aujourd’hui tout le temps que me laisse mon métier de correctrice. J’ajouterais bien que j’ai récemment découvert la joie profonde qu’il y avait à jardiner, qui est pour moi une pratique miroir de l’écriture.
Petite ou grosse lectrice ? Quelle place tient la lecture dans votre vie ?
Une place immense bien sûr. J’ai l’impression d’avoir toujours lu, j’ai su lire un peu avant d’aller à l’école et je me suis rapidement mise à arracher des mains de mon père le livre qu’il me lisait avant de dormir… J’ai toujours plusieurs livres en cours, qui correspondent à divers moments de la journée et à divers endroits (le lit, le métro ou la baignoire). La lecture est à la fois une évidence et quelque chose de très compliqué, qui a du mal à trouver son tempo juste entre dégustation et dévoration. Il est parfois difficile d’être vraiment présent à ce qu’on lit, et l’on est tiraillé entre le désir de dévorer l’inépuisable “pile à lire” et le désespoir, croissant avec l’âge, de voir disparaître les lectures dans le néant de la mémoire…
Quel a été votre premier coup de coeur littéraire ? Et le dernier ?
Le premier… J’imagine que cela devait avoir un rapport avec la collection Pomme d’Api… Ou bien la Comtesse de Ségur ! Mais le moment où j’ai senti ce qu’était vraiment la littérature, je crois que c’est ma découverte de “L’Éducation sentimentale” de Gustave Flaubert.
Quant au dernier “coup de cœur”… C’est difficile car, par chance, j’en ai eu beaucoup ces derniers mois… Mais je dirais “Bakhita” de Véronique Olmi, aux côtés de qui j’ai le plaisir de figurer dans cette rentrée littéraire.
Y a-t-il un livre/auteur qui vous a poussé à écrire ? Quel a été votre déclic ?
Je pense que c’est Baudelaire, à l’adolescence (même si mon premier poème officiel date de mes sept ans !). Je n’ai longtemps écrit que de la poésie, la prose est venue plus tard, et c’est sans doute en lisant “Les Fleurs du mal” que m’est venu le désir d’écrire. Michaux a transformé l’essai quelques années après, en me faisant comprendre qu’il y avait dans un texte un élan, une vision à déployer. C’est la lecture qui pousse à l’écriture, j’ai toujours très envie d’écrire quand je lis un texte qui me transporte. Les grands auteurs, contrairement à ce que l’on pense parfois, ne sont pas paralysants : ils sont stimulants.
Quel livre auriez-vous rêvé d’écrire ?
J’ai failli répondre “il y en a trop”, mais finalement je crois qu’il n’y en a aucun. Je veux me projeter uniquement dans ma propre écriture, dans ma propre vision. Car non seulement les grands auteurs donnent envie d’écrire, mais ils donnent envie d’être soi, de trouver sa propre voix et non de chercher à être “à leur hauteur”. C’est pour cela que la littérature est stimulante.
Si vous deviez comparer votre vie à un roman, lequel serait-ce ?
N’importe lequel de Virginia Woolf… Disons “Vers le phare“. Les romans de Woolf disent la vie dans sa complexité, son absurdité, son aléatoire, et son écriture me donne toujours l’impression qu’elle me parle. De là à avoir l’impression qu’elle parle de moi, il n’y a qu’un pas…
Quel est votre livre de chevet ? Et celui qui cale votre bibliothèque ?
J’ai longtemps eu comme livre de chevet le Dictionnaire des mots rares et précieux. Puis les poèmes de Rimbaud, et des journaux intimes (Pierre Bergounioux notamment). Il y a aussi, maintes fois relu, le “Rimbaud le fils” de Pierre Michon. Et j’aime trop les livres pour caler ma bibliothèque avec ! Ou alors, si un livre me met en colère, je le jette par la fenêtre… En fait ça ne m’est arrivé qu’une seule fois, mais je devrais recommencer car j’ai trouvé cela très libérateur…!
Que nous préparez-vous pour votre prochain roman ?
Je travaille à une biographie subjective de Virginia Woolf, le récit poétique et délibérément partial de ses vingt-deux premières années.

Un petit mot pour la fin ?
Les livres peuvent sauver, j’y crois profondément.
Voilà donc quelle lectrice se cache derrière cette passionnante auteure dont les réponses sont aussi captivantes que son roman, le premier d’une longue série je l’espère ! Je remercie le destin (et les éditions Albin Michel) d’avoir mis ce livre sur mon chemin à l’occasion de cette rentrée littéraire ! Mais surtout je remercie bien chaleureusement Emmanuelle Favier d’avoir pris le temps de m’accorder cette petite interview alors même que la rentrée littéraire bat son plein et que je n’ose imaginer à quel point son emploi du temps doit être chargé ! C’est un immense honneur pour moi que d’avoir pu vous la présenter d’un point de vue différent, celui de la lecture qui nous passionne et nous rassemble ici toujours plus nombreux chaque jour ! Je vous invite désormais à venir découvrir l’auteure et son univers en vous plongeant dès à présent dans la lecture de son tout premier roman “Le courage qu’il faut aux rivières“, disponible dans toutes les bonnes librairies ou encore ICI ! Il est époustouflant, alors n’attendez plus ! Et si d’aventure vous souhaitiez plus d’informations, vous pouvez également retrouver ma chronique ICI !

Laisser un commentaire