Chroniques 2018 Le Miskarel de Patricia Le Sausse

Un roman aussi fascinant qu’enrichissant : “Le Miskarel” de Patricia Le Sausse, paru aux éditions L’Ivre Book.
 
Le pitch : Le voyage astral est un don rare que possède Margot… Un don qu’elle tait mais dont elle aime user pour s’évader, s’échapper de son corps le temps de vagabonder loin des ravages qu’a provoqués la peste en Provence en cette sombre année 1348. Si son quotidien n’est déjà pas facile, confrontée qu’elle est à la pauvreté, la famine et la maladie, un dramatique accident va la mettre en grande difficulté… Et tandis qu’elle veut prouver son innocence dans cette tragédie, c’est au tour de son esprit de faire des siennes, quittant son corps… Pour en intégrer un autre, celui d’une noble rescapée…
 
Qu’il est difficile de rédiger un résumé digne de ce nom quand on se refuse à trop en dévoiler pour éviter de gâcher l’entière découverte de ce superbe roman ! Un roman que je me suis procuré à l’occasion du Salon du Fantastique organisé à Paris… En novembre dernier déjà, le temps passe décidément trop vite ! Pourtant je me souviens encore de cette rencontre comme si elle datait d’hier… J’avais littéralement flashé sur la couverture des deux romans dont elle disposait alors… Tellement flashé que je n’ai pu me résoudre à choisir, au terme d’un sympathique échange avec cette auteure particulièrement charmante… Du coup j’ai pris les deux, vous vous en doutez… Un pour ma mère et un pour moi… Ma mère n’a pas tardé à s’y plonger et a adoré sa lecture… Alors à mon tour désormais de vous présenter mon exemplaire !
 
Après avoir admiré cette magnifique couverture et tiqué sur ce titre fort intriguant, le lecteur se laisse volontiers happer dès les premières lignes du récit tandis qu’il rencontre Margot, l’héroïne dont il s’apprête à suivre les pas comme l’esprit, conquis sans délai par cette intrigue très originale, particulièrement bien construite et maîtrisée de main de maître d’un bout à l’autre du récit par une auteure dont les nombreuses connaissances impressionnent, tant elle décrit à merveille l’époque comme la région dans laquelle elle situe son récit. Aussi l’immersion est totale et c’est avec plaisir et curiosité que le lecteur déambule au fil des pages où les rebondissements s’enchaînent et les émotions s’en mêlent, soumis à un suspense de tous les instants tandis qu’il récolte bon nombre d’enseignements.
L’auteur a pris soin d’agrémenter son histoire d’une formidable galerie de personnages particulièrement fouillés, étoffés avec autant de minutie que de finesse, des personnages que le lecteur suivra avec grand intérêt tout au long du récit, captivé qu’il est par le sort qui les attend. S’il retiendra bien évidemment nos deux héroïnes, il constatera sans difficulté que les personnages gravitant autour d’elles ne sont décidément pas en reste. Chacun a sa personnalité et son rôle à jouer, et jamais le lecteur ne pourra s’ennuyer en leur compagnie, dévoilant par la même occasion que, si l’argent a créé différentes classes sociales, cela n’enraye pas l’épidémie qui, elle, frappe au hasard et avec une redoutable égalité, emportant tout sur son passage, sans distinction aucune.  
La plume est particulièrement belle, élégante, le style fluide et soigné, ce qui contribue à faire de ce livre un captivant moment de lecture.
 
En bref, je ne remercierai jamais assez mon instinct de n’avoir pu choisir entre ces deux romans. Si ma mère a adoré “Le Jarwal“, j’ai pour ma part adoré “Le Miskarel“, un roman passionnant et palpitant, à découvrir sans tarder !

Laisser un commentaire