Chroniques 2021 \ La Consule assassinée de Pierre Pouchairet

Quand un écrivain nous entraîne avec lui sur le terrain pour mieux nous… Balader : « La Consule assassinée » de Pierre Pouchairet, paru ce 24 septembre 2021 aux éditions Filature(s).

Le pitch : C’est la stupeur au sommet de l’Etat lorsqu’on découvre le corps sans vie de Gwenola Fontaine, Consule Générale de France à Schimansky au Beyazstan, ancienne République de l’Union Soviétique. Très (trop ?) vite les soupçons des autorités locales se portent sur Baha Babaef, agent d’entretien ayant subtilisé des documents de la plus haute importance dans le bureau de la victime… Une victime qui ne manquait toutefois pas d’ennemis, raison pour laquelle la France décide d’ouvrir une enquête informelle confiée à un duo pour le moins atypique : l’ambassadeur à la retraite Bruno Delaroque et le Commandant divisionnaire Patrick Girard…

C’est grâce au Prix du Quai des Orfèvres, dont il fut le lauréat 2017 avec « Mortels Trafics » que je découvrais la plume de Pierre Pouchairet. Depuis je n’ai cessé de vouloir rattraper mon retard quant à la bibliographie de cet auteur fort prolifique, dès lors c’est toujours avec plaisir que je me plonge dans ses polars, les plus anciens comme les très récents… Et cette nouvelle affaire n’échappe pas à la livresque tradition !

Pour son second titre publié aux éditions Filature(s), Pierre Pouchairet s’appuie en effet sur son vécu, son expérience et ses connaissances afin de nous entraîner à ses côtés sur une enquête au cœur de l’Asie Centrale et ses Républiques encore profondément marquées par l’ère soviétique, déroulant une intrigue tout à la fois prenante et enrichissante, pleine de suspense et de rebondissements, dans laquelle chaque détail est redoutablement maîtrisé jusqu’à un dénouement tout simplement ahurissant.
Une enquête qui s’annonce d’autant plus délicate qu’elle est menée tambour battant par une poignée de personnages particulièrement bien croqués, d’une crédibilité à toute épreuve et d’une fascinante complexité. Parce que la victime n’était pas appréciée, parce que son entourage, tant personnel que professionnel, semble avoir des choses à dissimuler, parce que le KNB entend imposer sa propre vérité… Ainsi Pierre Pouchairet nous dévoile les arcanes de la diplomatie sans ciller ni sourciller avec une aisance qui ne manque pas de nous emballer… Sans oublier de faire un petit clin d’œil à ses personnages croisés au détour d’autres romans, d’autres pages, et notamment ses trois fameuses brestoises que je ne saurais trop vous conseiller de rencontrer !
Mais si l’intrigue s’avère aussi palpitante, c’est aussi parce qu’elle est servie par une plume, certes dure mais indéniablement fluide, élégante et attrayante, un style vif et efficace, pour un moment de lecture savoureusement intense.

En bref, un polar incroyable et instructif à souhait, redoutablement crédible et mené de main de maître de la première ligne jusqu’à une fin étourdissante !

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